La Belgique et la Suisse ne sont pas des petits pays voués à jouer les seconds rôles selon Simon Kuper et Stefan Szymanski, auteurs de Soccernomics. Selon les deux hommes, les deux pays partagent d'ailleurs des points communs: des petits pays riches d'Europe occidentale (même si la Suisse l'est sans doute un peu plus), un climat tempéré, un système politique social-démocratique, une forte densité de population, beaucoup de mixité, des échanges fréquents avec les pays voisins et une ouverture sur les autres.
...

La Belgique et la Suisse ne sont pas des petits pays voués à jouer les seconds rôles selon Simon Kuper et Stefan Szymanski, auteurs de Soccernomics. Selon les deux hommes, les deux pays partagent d'ailleurs des points communs: des petits pays riches d'Europe occidentale (même si la Suisse l'est sans doute un peu plus), un climat tempéré, un système politique social-démocratique, une forte densité de population, beaucoup de mixité, des échanges fréquents avec les pays voisins et une ouverture sur les autres.Sur le plan footballistique, la culture est plus importante dans notre Royaume que dans une Confédération où le ski et le hockey sur glace possèdent aussi une place importante auprès des suiveurs de sport. La dernière Coupe d'Europe Belge (Coupe des vainqueurs de Coupes) remonte à 1988 avec le FC Malines. Anderlecht a garni son armoire à trophées de trois Coupes d'Europe (Deux Coupes des vainqueurs de Coupes en 1976 et 1978) et une Coupe de l'UEFA en 1983). On peut aussi mentionner 7 finales disputées par nos représentants: Anderlecht (4), le FC Bruges (2) et le Standard (1). A ce petit jeu, la Suisse ne rivalise absolument pas puisque ces clubs n'ont jamais été plus loin que le stade des demi-finales. Coupe des clubs champions pour le FC Zurich (1976/1977), C3 pour les Grasshoppers (1977/1978). Six clubs suisses ont atteint les quarts de finale européens dans les années 1980. Et Neuchâtel Xamax s'est même offert des victoires de prestige contre le Real Madrid (1986) et le Bayern Munich (1987). La Belgique et la Suisse possèdent en revanche un point commun bien moins glorieux. Les deux pays ont complètement raté l'Euro qu'elles ont coorganisé, en 2000 pour la Belgique (avec les Pays-Bas), en 2008 pour la Suisse (avec l'Autriche), en étant sortis dès le premier tour de la compétition. Intéressons nous maintenant aux liens entre les Helvètes et notre championnat. En fouillant dans les archives, nous n'avons pas trouvé beaucoup de traces de Suisses emblématiques. Le nom qui revient le plus rapidement en bouche est naturellement celui de Danijel Milicevic. L'actuel assisant d'Hein Vanhaezebrouck n'a jamais porté la liquette de la Nati en équipe nationale, mais celle de la Bosnie de son père. Mais c'est bien à Bellinzone qu'il a vu le jour voici 35 ans. Il vivra ses plus belles heures à La Gantoise et permettra aux Buffalos de remporter leur premier titre de champion de Belgique en 2015. Quelques belles soirées européennes au coeur de l'automne suivant grâce à un pied droit toujours redoutable sur coup-franc lui vaudront bien l'un ou l'autre intérêt, mais il jurera fidélité aux Gantois à l'exception d'un prêt à Metz alors qu'il ne faisait plus vraiment partie des plans principaux de l'entraîneur de l'époque. Mais avant cette belle aventure gantoise qu'il perpétue aujourd'hui sur le banc aux côtés de son mentor de l'époque, Milicevic avait connu deux autres clubs. Eupen, tout d'abord, où il a débarqué en 2008 en provenance d'Yverdon. Il y restera trois saisons (81 matches, 16 buts) avant de rejoindre Charleroi où pendant le même laps de temps, il jouera 78 rencontres avec 10 buts à la clé. La "connection Bayat" facilitera ensuite son déménagement à Gand. Après cette belle histoire, il revient à Eupen entre 2018 et 2020, joue 45 duels et marque encore 5 goals. La saison dernière, il s'offre une dernière expérience dans l'antichambre de l'élite à Seraing avec une promotion à la clé avant de ranger ses crampons (11 matches-0 buts).Du côté du Standard, on se souvient plus du passage de Michel Renquin en Suisse que de la brève expérience rouche de René Botteron lors de la saison 1981-82 où les Rouches disputeront une finale européenne où il est cependant titulaire lors de la finale perdue contre le Barça au Camp Nou. Le milieu de terrain ne jouera que 20 matches pour un but marqué et un titre de champion de Belgique (le fameux avec le match truqué contre Waterschei). Celle d'Alessandro Iandoli sera encore moins concluante. Arrivé à Eupen en même temps que Milicevic, l'arrière gauche débarque d'Avellino en Italie après avoir évolué au Concordia Bâle dans son pays natal. Il joue 64 matches pour les Pandas avant de filer à Saint-Trond où il en disputera 88 pour 4 buts. Profitant des bons rapports avec le Standard racheté depuis peu par Roland Duchâtelet, il s'offre un bref passage de 11 matches à Sclessin qui n'est pas resté gravé dans les mémoires des supporters rouches même les plus fanatiques. Dans la Venise du Nord, c'est Saulo Decarli qui fut l'expérience suisse la plus récente. Il commence sa carrière à Locarno puis à Chiasso avant de tenter sa chance sans succès dans des modestes équipes italiennes et allemandes. Le FC Bruges l'engage alors et il disputera 24 matches pendant les deux saisons (entre 2017 et 2019) où il portera la vareuse Blauw en Zwart. Chez le rival d'Anderlecht, la Suisse n'a pas marqué les esprits sur les terrains. On ne recense qu'un joueur de ce pays dans toute la longue histoire mauve: un certain Pirmin Stierli qui a joué deux matches en 1969. Mais les Bruxellois se rappeleront surtout que leur dernier titre de champion a été gagné sous la direction d'un technicien de la Confédération, René Weiler. Inconnu du public belge lors de son arrivée au Parc Astrid en 2016, le technicien venu de Nuremberg en D2 allemande est chargé de faire le ménage dans le vestiaire mauve, et n'hésite pas à s'enguirlander avec Sébastien De Maio, onéreuse recrue défensive de l'été qui partira rapidement suite à cela. Le style défensif et en contre-attaque du natif de Winterthur n'a pas vraiment non plus les faveurs du public mauve qui se plaint du spectacle malgré les résultats les plus probants de la décennie (et même du siècle) au Parc Astrid : un titre de champion et un quart de finale de Ligue Europa perdu contre Manchester United après une belle résistance. Les mauvais résultats en championnat la saison suivante et son choix d'aligner Sven Kums dans une position inédite de libéro lors d'un match de Champions League au Bayern Munich mettront un terme à son aventure à Bruxelles. S'il fut bien cité à La Gantoise voici deux saisons, il n'est pas revenu dans notre pays malgré son CV qu'il a continué d'étoffer à Al Ahly en remportant une Supercoupe d'Egypte.Au début du siècle, le Genevois Jean-Pierre La Placa débarquait à Mons en droite ligne d'Aarau (un club avec lequel Weiler sera champion de D2 suisse pour la petite histoire). En 4 ans, l'ailier de poche fait trembler les filets à 27 reprises en 111 duels disputés avec les Dragons. En 2004, il file à Waasland-Beveren, joue 13 matches puis revient à Mons où il n'en disputera que 6. Le charme est rompu, mais c'est surtout une autre facette de la personnalité du joueur est révélée. Son nom est cité dans un dossier de corruption en 2005 "l'Affaire Geel-Waasland". La Placa est accusé d'avoir servi d'intermédiaire lors d'une tentative de corruption qui aurait été initiée par Geel pendant le tour final de D2. C'est à la même époque que le nom de Zheyeun Yé fait les gros titres de la presse sportive belge. On retrouvera l'ailier genevois quelques mois plus tard en Finlande au AC Alliansi où de nouveaux soupçons de matches arrangés fleuriront après une défaite 8-0 dans un match de la compétition locale. Pour ces différentes affaires, La Placa a été suspendu pendant trois ans, même s'il avait été blanchi en appel. Il est ensuite revenu en Belgique pour terminer sa carrière dans les divisions inférieures avec des passages aux Francs Borains, à Couillet, à l'US Centre et à Pâturages.