Si le résultat final n'est pas de nature à laisser de bons souvenirs, le déplacement des Mauves à Eupen, au bout du mois de juillet, est la dernière occurrence d'un onze lancé sur la pelouse par Vincent Kompany avec trois enfants de Neerpede au coup d'envoi. Ce jour-là, Francis Amuzu, Yari Verschaeren (remplacé en fin de match par Anouar Ait El Hadj) et Hannes Delcroix ne peuvent obtenir mieux qu'un partage face aux Pandas. Depuis, notamment à cause de la blessure de Delcroix, il n'y a jamais eu plus de deux jeunes du club dans le onze de base, parfois même un seul. De quoi s'interroger sur les slogans vantant le process et le In Youth We Trust? La question gagne en tout cas les tribunes, aussi bien que les débats télévisés et les pages des journaux.
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Si le résultat final n'est pas de nature à laisser de bons souvenirs, le déplacement des Mauves à Eupen, au bout du mois de juillet, est la dernière occurrence d'un onze lancé sur la pelouse par Vincent Kompany avec trois enfants de Neerpede au coup d'envoi. Ce jour-là, Francis Amuzu, Yari Verschaeren (remplacé en fin de match par Anouar Ait El Hadj) et Hannes Delcroix ne peuvent obtenir mieux qu'un partage face aux Pandas. Depuis, notamment à cause de la blessure de Delcroix, il n'y a jamais eu plus de deux jeunes du club dans le onze de base, parfois même un seul. De quoi s'interroger sur les slogans vantant le process et le In Youth We Trust? La question gagne en tout cas les tribunes, aussi bien que les débats télévisés et les pages des journaux. La fracture est évidente. La saison dernière, trois jeunes au coup d'envoi était le tarif minimal lors de play-offs pourtant décisifs. Entre-temps, Albert Sambi Lokonga s'est envolé pour Londres. Surtout, l'été a permis aux dirigeants d'injecter une qualité considérable dans le noyau, avec pour résultat une concurrence particulièrement accrue dans le onze de base. Christian Kouamé, Joshua Zirkzee, Benito Raman, Lior Refaelov, Kristoffer Olsson, Sergio Gómez, Wesley Hoedt et Taylor Harwood-Bellis prétendent tous à une place de titulaire. La montée de l'exigence sportive réduit indirectement le temps de jeu de jeunes talents parfois lancés prématurément par le passé, faute de qualité chez les joueurs les plus chevronnés. Tous (re)lancés dans le grand bain la saison dernière, Marco Kana, Lucas Lissens, Antoine Colassin, Kristian Arnstad, Zeno Debast ou Mario Stroeykens attendent encore leurs premières minutes de jeu en championnat cette saison. En interne, le message est clair: les jeunes sont talentueux, mais ils doivent mériter leurs minutes pour leurs prestations. Les années passées sur les pelouses de Neerpede ne doivent pas servir de passe-droit. "On a des jeunes de grand talent, mais c'est fini de leur dérouler le tapis rouge", souffle-t-on à Neerpede, signe que le Sporting a passé la seconde dans sa quête de retour au sommet. S'ils doivent faire face à une concurrence féroce, les jeunes Mauves ne sont pas sortis de la planification pour autant. Kana est par exemple la doublure désignée de Josh Cullen, mais l'Irlandais ne laisse aucune miette à ses concurrents en se taillant un costume d'indéboulonnable. Sardella est (re)passé derrière Amir Murillo dans la hiérarchie à droite, alors que Debast et Lissens sont dans la salle d'attente pour un poste dans la charnière centrale. Une situation qui n'inquiète pas pour autant Kompany et compagnie, qui espèrent voir quelques-uns de ses jeunes talents grandir jusqu'à une place de titulaire dans les mois qui viennent, voire la saison prochaine. Ils suivraient ainsi la trajectoire de Verschaeren ou Amuzu, qui comptent plus de 50% de temps de jeu depuis le début de saison malgré la concurrence de Raman et Refaelov à leurs postes respectifs. En attendant l'heure de l'envol, les promesses bruxelloises font le bonheur de Robin Veldman, un coach des U21 venu des Pays-Bas, et dont le travail fait déjà l'unanimité du côté de Neerpede. Souvent renforcés par ces nombreux jeunes également membres du groupe pro, mais aussi par un Adrien Trebel titularisé face à Zulte Waregem, les Espoirs mauves ont entamé leur saison par un sans-faute (cinq victoires en cinq matches) qui les met au coude-à-coude avec Genk en tête du classement. Une bonne série notamment entretenue par un Antoine Colassin reculé sur le terrain par rapport à ses débuts pros, mais toujours efficace pour faire trembler les filets adverses. Au-delà du prestige, le classement sera loin d'être anodin. Au bout de la saison, les quatre premiers du championnat U21 seront effectivement intégrés en D1B pour l'exercice 2022-2023, suite à un accord finalement trouvé au sein de la Pro League en juin dernier après des années de palabres. Désireux d'intégrer leurs meilleurs talents au niveau le plus compétitif possible pour les accoutumer aux attentes du football professionnel et aux joutes intensives de l'antichambre de l'élite belge, les dirigeants mauves voient d'un très bon oeil cette participation future à la D1B et mettent indirectement toutes les chances de leur côté pour y parvenir. L'objectif ne sera évidemment jamais de bloquer en U21 un jeune joueur qui mérite une titularisation avec le groupe de Vincent Kompany, mais la concurrence accrue au sein du noyau A permet par ricochet d'augmenter le niveau de compétitivité des espoirs. Contre le Standard, par exemple, Anderlecht s'est présenté au coup d'envoi du Clasico U21 avec Colassin, Sardella, Debast, Arnstad, Stroeykens et Bart Verbruggen, tous alignés par Vince The Prince la saison dernière. Avec les trois points à la clé, face à des Rouches dont les meilleurs éléments U21 sont titulaires chez les pros ou prêtés au MVV Maastricht voisin. Tapis dans l'ombre des nombreux renforts qui doivent ramener Anderlecht vers les sommets, avec un noyau que le club espère voir se réinstaller sur le podium du championnat, les enfants de Neerpede attendent désormais leur heure après avoir goûté aux projecteurs. Pas vraiment parce qu'ils ont reculé, mais surtout parce que le Sporting s'est remis à avancer.