Durant 5 ans, Maître Misson s'est battu au côté de Jean-Marc Bosman. Près de 20 ans après ce jugement historique pour le football, l'avocat liégeois est profondément déçu.

Nous voilà près de vingt ans plus tard. Qu'est-ce qui vous a surpris depuis l'arrêt ?

Je suis profondément déçu. Le football était déjà ultra-libéral avant l'arrêt mais il l'est encore plus de nos jours. Il y a toujours des périodes de transferts, les indemnités de formation et de transfert sont nettement plus élevées qu'alors. Les 33 transferts les plus chers de l'été dernier ont coûté plus d'un milliard. 32 de ces 33 transactions ont été conclues par les cinq plus grands clubs des cinq pays les plus importants. Cette évolution, de même que la corruption qui existe de plus en plus autour, voire à l'intérieur du football, n'est pas vraiment un gage d'espoir. Ce qui m'inquiète encore plus, c'est que de plus en plus de fédérations déménagent en Suisse, où les tribunaux leur donnent raison.

C'est votre faute, diront vos adversaires de jadis.

Nous voulions que les transferts deviennent gratuits ou qu'ils fassent l'objet d'indemnités de formation minimale et que les joueurs soient libres en fin de contrat. Les clubs ont maintenu le système en place pour pouvoir continuer à acheter et à vendre des joueurs, sur un marché où circule encore beaucoup d'argent noir, qui a enrichi des milliers de personnes. Nul n'a envie de changer les choses puisque tous les intéressés, y compris les grands joueurs, en profitent.

Quelle évolution va suivre le football professionnel, selon vous ?

Je crains qu'il ne suive la voie de la Formule 1, où la seule question est : laquelle des deux Mercedes va gagner ? Si les 25 clubs les plus riches du monde se séparent du reste, ils gagneront encore plus.

Par Geert Foutré

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Luc Misson dans votre Sport/Foot Magazine

Durant 5 ans, Maître Misson s'est battu au côté de Jean-Marc Bosman. Près de 20 ans après ce jugement historique pour le football, l'avocat liégeois est profondément déçu.Nous voilà près de vingt ans plus tard. Qu'est-ce qui vous a surpris depuis l'arrêt ? Je suis profondément déçu. Le football était déjà ultra-libéral avant l'arrêt mais il l'est encore plus de nos jours. Il y a toujours des périodes de transferts, les indemnités de formation et de transfert sont nettement plus élevées qu'alors. Les 33 transferts les plus chers de l'été dernier ont coûté plus d'un milliard. 32 de ces 33 transactions ont été conclues par les cinq plus grands clubs des cinq pays les plus importants. Cette évolution, de même que la corruption qui existe de plus en plus autour, voire à l'intérieur du football, n'est pas vraiment un gage d'espoir. Ce qui m'inquiète encore plus, c'est que de plus en plus de fédérations déménagent en Suisse, où les tribunaux leur donnent raison.C'est votre faute, diront vos adversaires de jadis. Nous voulions que les transferts deviennent gratuits ou qu'ils fassent l'objet d'indemnités de formation minimale et que les joueurs soient libres en fin de contrat. Les clubs ont maintenu le système en place pour pouvoir continuer à acheter et à vendre des joueurs, sur un marché où circule encore beaucoup d'argent noir, qui a enrichi des milliers de personnes. Nul n'a envie de changer les choses puisque tous les intéressés, y compris les grands joueurs, en profitent.Quelle évolution va suivre le football professionnel, selon vous ? Je crains qu'il ne suive la voie de la Formule 1, où la seule question est : laquelle des deux Mercedes va gagner ? Si les 25 clubs les plus riches du monde se séparent du reste, ils gagneront encore plus.Par Geert FoutréRetrouvez l'intégralité de l'interview de Luc Misson dans votre Sport/Foot Magazine