Comment avez-vous encaissé les commentaires négatifs (Stromae coupé à la mi-temps, "vivement la diffusion des matches par la RTBF", etc.) après le match contre le Pays de Galles ?

J'ai été abattu pendant plusieurs jours. J'ai travaillé en télé le lendemain et j'ai directement été en contact avec l'info via le web. Je ne m'attendais pas à recevoir une médaille ou des fleurs du gouvernement pour ce dernier match mais c'est allé trop loin. Au niveau du commentaire, j'estime ne pas être passé à côté de ma soirée, même si nous avons eu moins d'enthousiasme à quelques reprises. Mais le contexte du match, que certains journalistes avaient présenté comme amical, ne s'y prêtait pas. La bourde sur "le prince Philippe" ? Je l'assume. Je compte d'ailleurs lui présenter mes excuses quand je le rencontrerai. Mais quel travailleur n'a jamais commis d'erreur dans son métier ? En interne, tout le monde a été choqué par cette déferlante médiatique. Nous avions réalisé un gros boulot avec pas mal d'interviews, quatre heures de direct, etc. Au final, nous avons été victimes d'une vague de critiques majoritairement animées par les réseaux sociaux. Suite à la phrase de Serge Vermeiren et de Stéphane Pauwels sur Stromae, il y a eu une sorte d'amalgame qui a frappé tout le monde : Emilie Dupuis, moi, etc. Et on s'est attaqué à Pauwels parce que c'est Pauwels ! C'est un peu le reflet d'une société où chacun pense être un expert parce qu'il a un compte Facebook ou Twitter. Je suis aussi déçu par le comportement de la presse.

C'est-à-dire ?

Je m'attendais à un peu plus de reconnaissance, à ce que les journalistes dressent le bilan des différentes campagnes. On nous a fait passer pour des nullos. Comme si l'émotion avait pris le pas sur le reste. J'ai même songé à arrêter de commenter. Je me suis demandé si le jeu en valait la chandelle.

Certaines critiques étaient quand même justifiées, non ? Il y a tout de même eu une remise en question ?

Bien sûr, nous en avons discuté lors de plusieurs réunions. Pour moi, la balance était positive à 85 %. On ne se rend pas compte du boulot qui a été effectué en coulisses. A deux heures du matin, des gens étaient toujours en train de ranger des câbles dans la régie. Pour ce qui est du négatif, nous avons peut-être trop accentué le côté festif. Contre la Colombie et le Japon, la présentation sera plus serrée, le foot sera remis au centre des débats. Quelques ingrédients changeront mais la recette sera toujours la même.

PAR SIMON BARZYCZAK

Comment avez-vous encaissé les commentaires négatifs (Stromae coupé à la mi-temps, "vivement la diffusion des matches par la RTBF", etc.) après le match contre le Pays de Galles ? J'ai été abattu pendant plusieurs jours. J'ai travaillé en télé le lendemain et j'ai directement été en contact avec l'info via le web. Je ne m'attendais pas à recevoir une médaille ou des fleurs du gouvernement pour ce dernier match mais c'est allé trop loin. Au niveau du commentaire, j'estime ne pas être passé à côté de ma soirée, même si nous avons eu moins d'enthousiasme à quelques reprises. Mais le contexte du match, que certains journalistes avaient présenté comme amical, ne s'y prêtait pas. La bourde sur "le prince Philippe" ? Je l'assume. Je compte d'ailleurs lui présenter mes excuses quand je le rencontrerai. Mais quel travailleur n'a jamais commis d'erreur dans son métier ? En interne, tout le monde a été choqué par cette déferlante médiatique. Nous avions réalisé un gros boulot avec pas mal d'interviews, quatre heures de direct, etc. Au final, nous avons été victimes d'une vague de critiques majoritairement animées par les réseaux sociaux. Suite à la phrase de Serge Vermeiren et de Stéphane Pauwels sur Stromae, il y a eu une sorte d'amalgame qui a frappé tout le monde : Emilie Dupuis, moi, etc. Et on s'est attaqué à Pauwels parce que c'est Pauwels ! C'est un peu le reflet d'une société où chacun pense être un expert parce qu'il a un compte Facebook ou Twitter. Je suis aussi déçu par le comportement de la presse. C'est-à-dire ? Je m'attendais à un peu plus de reconnaissance, à ce que les journalistes dressent le bilan des différentes campagnes. On nous a fait passer pour des nullos. Comme si l'émotion avait pris le pas sur le reste. J'ai même songé à arrêter de commenter. Je me suis demandé si le jeu en valait la chandelle. Certaines critiques étaient quand même justifiées, non ? Il y a tout de même eu une remise en question ? Bien sûr, nous en avons discuté lors de plusieurs réunions. Pour moi, la balance était positive à 85 %. On ne se rend pas compte du boulot qui a été effectué en coulisses. A deux heures du matin, des gens étaient toujours en train de ranger des câbles dans la régie. Pour ce qui est du négatif, nous avons peut-être trop accentué le côté festif. Contre la Colombie et le Japon, la présentation sera plus serrée, le foot sera remis au centre des débats. Quelques ingrédients changeront mais la recette sera toujours la même. PAR SIMON BARZYCZAK