Un masque de tueur, des bras de brutes, une machette dans une main, la tête de Steven Defour dans l'autre. " Red or dead" en lettres capitales, sur fond rouge sang. Qui ne se souvient pas du tifo cinglant des Ultras du Standard lors de leurs retrouvailles avec leur ex-chouchou, arborant cette fois le maillot mauve?
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Un masque de tueur, des bras de brutes, une machette dans une main, la tête de Steven Defour dans l'autre. " Red or dead" en lettres capitales, sur fond rouge sang. Qui ne se souvient pas du tifo cinglant des Ultras du Standard lors de leurs retrouvailles avec leur ex-chouchou, arborant cette fois le maillot mauve? Honteux, inqualifiable. "Indigne !" C'était le mot de Roger Vanden Stock, dans une lettre ouverte destinée à calmer les tensions. En fait, un prétexte à en rajouter une couche. Il suggérait à ses supporters de "rester dignes, de rester Anderlecht". Cette formulation, elle m'est restée. Elle ne peut pas m'empêcher de me faire marrer. De la même manière que moi, ce tifo anti-Defour, il m'avait fait marrer. Parce que je ne parviens pas à croire au premier degré quand il s'agit de violence. Mais au-delà de la polémique, j'avais apprécié tout l'affect qui se dégageait de ce transfert. Une véritable histoire d'amour, un film. D'un côté, les supporters du Standard cocufiés par leur amour de jeunesse, de l'autre les Mauves (et leur président) qui font nananère avec leur belle sous le bras. Franchement, Roger, tu veux parler dignité? C'est comme si Preud'homme donnait des cours de yoga. Limite, si tu fais venir une légende, OK. Quand tu débauches ton rival du meilleur joueur du monde parce qu'on ne fait rien de mieux à son poste, là ça passe. Ronaldo, Figo, du Barça au Real. Mais Defour, allez, y a bien un demi-canasson qui traîne pour faire l'affaire dans le milieu. Déjà, dès le moment où le gars accepte de revenir en Belgique, c'est qu'il est soit trop cuit, soit bientôt périmé. Peu importe, mais parler de dignité, allons. Bon, c'est pas contre tonton Roger que j'en ai. J'aurais une triste vie si je passais mes week-ends à penser à lui. Je voulais en venir à Lior Refaelov. Bon transfert, mauvais transfert, franchement, ce n'est pas la question. La question, ce sont deux questions. 1) Est-ce qu'on ne tombe pas, pour la quarante-troisième fois, dans le même trou après les flops Ronald Vargas, Abdou Diaby, Percy Tau, Imoh Ezekiel, Steven Defour et j'en passe. Et plus important, 2) Se respecte-t-on quand on va chercher des gars qui ont embrassé le blason du maillot rival? Et est-ce qu'on respecte son public? Même lui, le joueur. Est-ce que la question l'effleure un moment? C'est une chose de divorcer, c'en est une autre de le faire pour se mettre avec la pire ennemie de son ex. Après, si tout le monde est OK avec ça, on va pas le blâmer. Tout le monde baise avec tout le monde, c'est peut-être ça le paradis. Surtout que bon, un contrat bien juteux de deux ans, à 35 piges... Ça me fait penser à Willian, tiens. Passé de Chelsea à Arsenal sans vergogne, mais plein de pépettes. Il traîne en savates-doudoune dans les travées du stade londonien. Peut-être que ça donnera de l'inspiration à Rafa. Ou à son coach. Honorer les rivalités entre les clubs, ça fait partie du foot. Pour ça que le tifo Defour, j'avais trouvé ça beau d'une certaine manière. La haine étant un miroir de l'amour. Le transfert de Refaelov, j'aurais aimé que ça froisse des supporters brugeois ou des supporters mauves. La vérité, c'est que dans ce foot business, tout le monde s'en cale de quel blason t'as embrassé avant. Quand même, j'ai lu qu'un supporter du Club était bien emmerdé. À l'époque, il avait appelé son chien Rafa, référence au joueur. Peut-être en souvenir de la volée qu'il avait plantée en finale de la Coupe contre... Anderlecht. Bah oui, c'est ballot. Donne la patte, Rafa, viens faire une papouille. Et maintenant, quoi? Il lui change de nom à son clebs? Ou bien il attend que l'Israélien revienne faire une dernière pige à Bruges? Au Club, hein, pas au Cercle. Encore que, qui s'en offenserait?