Oui ! Le Real va gagner

Parce que le Real Madrid est galactique. Le quatuor offensif Benzema-Ronaldo-Di Maria-Özil peut faire plier n'importe quelle défense renforcée. Et si la solution ne vient pas, Mourinho dispose toujours d'Higuain sur le banc, en joker de luxe. Mais ce qui impressionne particulièrement dans le chef de l'attaque madrilène, c'est son efficacité : une occasion se traduit presque systématiquement par un but. Les défenseurs du Bayern ne pourront pas se permettre la moindre seconde d'inattention sans en subir les conséquences. Enfin, les 107 buts du Real cette saison en Liga attestent de la volonté résolument offensive de la machine de guerre merengue.

Parce que José Mourinho. Le Bayern "est une équipe que je connais bien puisqu'elle a peu changé depuis que je l'ai affrontée (en finale) avec l'Inter. Ils ont de bons principes de jeu et un public fantastique. Ce sera extrêmement compliqué pour les deux", avait déclaré le Mou après le tirage au sort. Dès ce soir, le stratège portugais entame la dernière ligne droite de sa deuxième saison à la tête des Merengue, généralement la période des consécrations pour une équipe coachée par le Special One.

Parce que Cristiano Ronaldo. Ces dernières saisons, l'attaquant portugais s'est un peu retrouvé dans la position du tennisman Rafael Nadal, lors des années Federer : il est probablement le meilleur N.2 de l'histoire, derrière le génie Lionel Messi. Mais à l'instar du gaucher majorquin, CR7 a toutes les cartes en main pour supplanter son rival : un titre de pichichi accessible (41 buts en Liga), un championnat qui se profile (4 points d'avance) et une Ligue des Champions qui tend les bras. Il reste quelques matches à Cristiano Ronaldo pour traduire son immense talent en trophées.

Parce que la pression est trop forte pour le Bayern. Une défaite contre Dortmund et un nul face à Mayence et voilà la Bundesliga qui s'envole. Avec 8 huit points de retard à trois journées de la fin, les Bavarois n'ont plus que la Ligue des Champions (et la Coupe d'Allemagne) pour sauver leur saison. Une pression énorme sur les épaules de cette équipe, ajoutée à celle d'une finale de C1 programmée dans son Allianz Arena. Et pour couronner le tout, la perspective du retour à Madrid oblige le Bayern à une grosse performance ce mardi soir.

Non ! Le Bayern va s'imposer

Parce que le Bayern est invaincu à domicile. En neuf confrontations de Coupe d'Europe à l'Allianz Arena contre le Real, le Bayern s'est imposé à huit reprises pour un seul et unique match nul. Une statistique qui en dit long sur la volonté de gagner des Bavarois lorsqu'ils évoluent devant leur chaud public.

Parce que Mario Gomez. 25 buts en championnat, 11 en Ligue des Champions (dont 10 en 4 matches à domicile), Mario Gomez est le prototype du renard des surfaces. Plongé dans le doute après son transfert au FC Hollywood, le grand Mario a enfin donné la pleine mesure de son talent sous le maillot des Roten cette saison. Flanqué de Franck Ribéry et Arjen Robben, il empile les buts dans une des lignes offensives les plus impressionnantes d'Europe. La paire centrale madrilène Pepe-Ramos aura bien du travail ce soir pour museler l'international allemand.

Parce que la C1 est l'objectif principal. La Bundesliga est oubliée, il n'y a plus que la Ligue des Champions qui compte (et la Coupe), avec sa finale à l'Allianz Arena. "La finale chez nous, c'est une motivation extrême pour les joueurs, une occasion qui ne se présente qu'une fois dans une vie", a insisté l'entraîneur munichois Jupp Heynckes. Le coach allemand a d'ailleurs mis toutes les chances de son côté en laissant au repos plusieurs de ses cadres (Ribéry, Lahm, Luiz Gustavo, Gomez) ce week-end face à Mayence (0-0).

Parce que le Real ne veut pas gagner à tout prix. "Nous ferons de notre mieux pour gagner, même si nous y allons avec des intentions plus modestes", a déclaré Marcelo. En gros, le Real se contenterait volontiers d'un nul en Bavière, dans la perspective du retour à Barnabeu. Mais à trop vouloir jouer petit bras, on finit par perdre. De plus, le Clasico au Barça (samedi 20h), trotte certainement dans les têtes des joueurs et de l'entraîneur. Les ingrédients d'un match-piège sont donc rassemblés.

Anthony Planus, Sportfootmagazine.be