Quand es-tu devenu footballeur professionnel?

WILFRIED VAN MOER: En 1968, quand j'ai signé au Standard. Tous les joueurs avaient ce statut et on s'entraînait en journée. À l'Antwerp, j'étais encore électricien. Je travaillais en journée chez le président et on s'entraînait à sept heures du soir. Le lendemain d'un match, je n'étais pas obligé de travailler. Le président me disait: "Reste à la maison et repose-toi." Même quand on avait perdu. Tout le monde avait une occupation professionnelle en-dehors du football. Karel Beyers avait une marque de café à Anvers, Paul Van Himst avait Brésor dans le Brabant.

Mais au Standard, tout était en ordre.

VAN MOER: C'est ce que je croyais alors qu'on n'a jamais été inscrits à l'ONSS. Je ne l'ai découvert que quelques années avant de prendre ma retraite, en essayant de tout régler. J'étais inscrit comme il le fallait partout ailleurs: à l'Antwerp, à Beveren, même au modeste Assent en D2 et à Saint-Trond. Mais pas au Standard. Léon Semmeling y a disputé toute sa carrière: pas inscrit, pas un euro versé à la caisse des pensions. Il y a quelques années, Eddy Voordeckers m'a téléphoné. Il avait aussi disputé l'EURO 1980. Avais-je les papiers du Standard? Comme il me manque sept ans de carrière, je perds 250 euros par mois.

Ton comptable ou ton manager ne t'ont jamais mis en garde?

VAN MOER: Un manager? À l'époque, voilà comment ça fonctionnait: en fin de mois, on allait chercher notre salaire et nos primes. On nous remettait une enveloppe.

C'est une différence, passer du métier d'électricien à celui de footballeur.

VAN MOER: Incroyable: s'entraîner à dix heures, manger, s'entraîner une deuxième fois et jouer un match le week-end. J'habitais Tongres, je partais à neuf heures et j'étais rentré à cinq heures. Une vie de luxe. Ces cinq années passées à Tongres, avant d'ouvrir un café à Hasselt, ont été les plus belles de ma vie.

Quand es-tu devenu footballeur professionnel?WILFRIED VAN MOER: En 1968, quand j'ai signé au Standard. Tous les joueurs avaient ce statut et on s'entraînait en journée. À l'Antwerp, j'étais encore électricien. Je travaillais en journée chez le président et on s'entraînait à sept heures du soir. Le lendemain d'un match, je n'étais pas obligé de travailler. Le président me disait: "Reste à la maison et repose-toi." Même quand on avait perdu. Tout le monde avait une occupation professionnelle en-dehors du football. Karel Beyers avait une marque de café à Anvers, Paul Van Himst avait Brésor dans le Brabant.Mais au Standard, tout était en ordre.VAN MOER: C'est ce que je croyais alors qu'on n'a jamais été inscrits à l'ONSS. Je ne l'ai découvert que quelques années avant de prendre ma retraite, en essayant de tout régler. J'étais inscrit comme il le fallait partout ailleurs: à l'Antwerp, à Beveren, même au modeste Assent en D2 et à Saint-Trond. Mais pas au Standard. Léon Semmeling y a disputé toute sa carrière: pas inscrit, pas un euro versé à la caisse des pensions. Il y a quelques années, Eddy Voordeckers m'a téléphoné. Il avait aussi disputé l'EURO 1980. Avais-je les papiers du Standard? Comme il me manque sept ans de carrière, je perds 250 euros par mois.Ton comptable ou ton manager ne t'ont jamais mis en garde?VAN MOER: Un manager? À l'époque, voilà comment ça fonctionnait: en fin de mois, on allait chercher notre salaire et nos primes. On nous remettait une enveloppe.C'est une différence, passer du métier d'électricien à celui de footballeur.VAN MOER: Incroyable: s'entraîner à dix heures, manger, s'entraîner une deuxième fois et jouer un match le week-end. J'habitais Tongres, je partais à neuf heures et j'étais rentré à cinq heures. Une vie de luxe. Ces cinq années passées à Tongres, avant d'ouvrir un café à Hasselt, ont été les plus belles de ma vie.