Tu accordes une grande importance à l'adversaire dans tes théories ?

MAZZU : Je ne veux pas utiliser l'adjectif. J'accorde une importance. Parce que je veux que mes joueurs sachent sur quel pied l'ailier va déborder, si le joueur axial se projette ou reste positionné. On montre aussi bien les points forts que les points faibles, s'il y en a.

L'adversaire peut t'influencer au point de t'amener à préférer un joueur plutôt qu'un autre dans ton onze ?

MAZZU : J'en discutais justement avec un de mes joueurs lors du stage. On se demandait si on ne pourrait pas se diriger vers ça. Mais il faut avoir une très grosse concurrence et beaucoup de joueurs qui se valent pour pouvoir faire ça. Et l'autre condition, c'est qu'il faut gagner souvent. Changer d'équipe, c'est prendre un risque. Celui qui gagne peut se le permettre.

Les victoires ne font pas seulement gagner des points, mais aussi du temps et du crédit ?

MAZZU : Tu peux travailler jour et nuit entre le terrain, les vidéos et les préparations mais si tu n'as pas de résultats, tu n'es pas crédible. Parce que tout ce que tu fais la semaine, les gens ne le voient pas. Malheureusement, le résultat est le seul paramètre qui compte.

Pourtant, ça se joue parfois à peu de choses. Contre OHL, Charleroi gagne 2-1 mais Tapoko rate un but tout fait dans les arrêts de jeu...

MAZZU : En tant qu'entraîneur, je remets plein de choses en cause après ce match, victoire ou pas. Le problème, il vient de ceux qui regardent : le public, la presse et la direction. Ce jour-là, tout le monde chantait dans le stade mais si tu prends ce but sur une fraction de seconde, ça change toute la physionomie de ce que les gens pensent. C'est le plus gros problème à gérer.

Et c'est encore plus difficile de le gérer dans le sens inverse, quand tu es battu en tirant trois fois sur les montants.

MAZZU : Exactement. Alors que si ces ballons rentrent, on dit que tu as fait les bons choix. C'est surtout cette manière de voir les choses de l'extérieur qu'il faut gérer. Parce que nous, on se remet en question. Après la victoire contre OHL, on s'est demandé si nos changements n'avaient pas fait reculer le bloc, par exemple.

Ce message psychologique que tu adresses au groupe, tu y penses quand tu fais un changement ?

MAZZU : Je prends l'exemple du match contre Mouscron. On est réduit à dix, mais on continue en 4-3-2 pendant quinze, vingt minutes. Même après la mi-temps. Là, il y a un message : "On n'a pas peur, on a des couilles (sic). On mène 1-0, mais on va essayer d'en mettre un deuxième." Psychologiquement, les joueurs vont aller de l'avant.

Pour agir sur la hauteur d'un bloc qui recule, tu fais monter un attaquant par exemple ?

MAZZU : L'équipe réagit toujours inconsciemment, en fonction de la qualité qu'il y a sur le terrain. Si tu as peur et que tu fais monter un milieu défensif, ses qualités naturelles font qu'on va moins sortir, parce que c'est un joueur prédisposé à défendre. Donc, ton bloc descend. Par contre, si tu fais monter un attaquant quand tu mènes 1-0 à dix minutes de la fin, tu dis indirectement à tes joueurs de ne pas reculer. Tout dépend des sensations du match, et du moment aussi, parce que tu ne prends pas les mêmes risques à la première journée qu'à l'avant-dernière. Sans oublier l'adversaire : contre Malines, tu sais que tu vas perdre la majorité des duels aériens face à Veselinovic, mais tu ne peux pas les perdre dans le rectangle. Dans ces moments-là, c'est la qualité de l'opposition qui fait que tu vas placer ton bloc plus haut.

Par Guillaume Gautier

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Felice Mazzu dans votre Sport/Foot Magazine

Tu accordes une grande importance à l'adversaire dans tes théories ?MAZZU : Je ne veux pas utiliser l'adjectif. J'accorde une importance. Parce que je veux que mes joueurs sachent sur quel pied l'ailier va déborder, si le joueur axial se projette ou reste positionné. On montre aussi bien les points forts que les points faibles, s'il y en a.L'adversaire peut t'influencer au point de t'amener à préférer un joueur plutôt qu'un autre dans ton onze ?MAZZU : J'en discutais justement avec un de mes joueurs lors du stage. On se demandait si on ne pourrait pas se diriger vers ça. Mais il faut avoir une très grosse concurrence et beaucoup de joueurs qui se valent pour pouvoir faire ça. Et l'autre condition, c'est qu'il faut gagner souvent. Changer d'équipe, c'est prendre un risque. Celui qui gagne peut se le permettre.Les victoires ne font pas seulement gagner des points, mais aussi du temps et du crédit ?MAZZU : Tu peux travailler jour et nuit entre le terrain, les vidéos et les préparations mais si tu n'as pas de résultats, tu n'es pas crédible. Parce que tout ce que tu fais la semaine, les gens ne le voient pas. Malheureusement, le résultat est le seul paramètre qui compte.Pourtant, ça se joue parfois à peu de choses. Contre OHL, Charleroi gagne 2-1 mais Tapoko rate un but tout fait dans les arrêts de jeu...MAZZU : En tant qu'entraîneur, je remets plein de choses en cause après ce match, victoire ou pas. Le problème, il vient de ceux qui regardent : le public, la presse et la direction. Ce jour-là, tout le monde chantait dans le stade mais si tu prends ce but sur une fraction de seconde, ça change toute la physionomie de ce que les gens pensent. C'est le plus gros problème à gérer.Et c'est encore plus difficile de le gérer dans le sens inverse, quand tu es battu en tirant trois fois sur les montants.MAZZU : Exactement. Alors que si ces ballons rentrent, on dit que tu as fait les bons choix. C'est surtout cette manière de voir les choses de l'extérieur qu'il faut gérer. Parce que nous, on se remet en question. Après la victoire contre OHL, on s'est demandé si nos changements n'avaient pas fait reculer le bloc, par exemple.Ce message psychologique que tu adresses au groupe, tu y penses quand tu fais un changement ?MAZZU : Je prends l'exemple du match contre Mouscron. On est réduit à dix, mais on continue en 4-3-2 pendant quinze, vingt minutes. Même après la mi-temps. Là, il y a un message : "On n'a pas peur, on a des couilles (sic). On mène 1-0, mais on va essayer d'en mettre un deuxième." Psychologiquement, les joueurs vont aller de l'avant.Pour agir sur la hauteur d'un bloc qui recule, tu fais monter un attaquant par exemple ?MAZZU : L'équipe réagit toujours inconsciemment, en fonction de la qualité qu'il y a sur le terrain. Si tu as peur et que tu fais monter un milieu défensif, ses qualités naturelles font qu'on va moins sortir, parce que c'est un joueur prédisposé à défendre. Donc, ton bloc descend. Par contre, si tu fais monter un attaquant quand tu mènes 1-0 à dix minutes de la fin, tu dis indirectement à tes joueurs de ne pas reculer. Tout dépend des sensations du match, et du moment aussi, parce que tu ne prends pas les mêmes risques à la première journée qu'à l'avant-dernière. Sans oublier l'adversaire : contre Malines, tu sais que tu vas perdre la majorité des duels aériens face à Veselinovic, mais tu ne peux pas les perdre dans le rectangle. Dans ces moments-là, c'est la qualité de l'opposition qui fait que tu vas placer ton bloc plus haut.Par Guillaume GautierRetrouvez l'intégralité de l'interview de Felice Mazzu dans votre Sport/Foot Magazine