"Faut savoir qu'avant Ives Serneels, on n'avait que trois, quatre matches par an." Fin mars de cette année, Aline Zeler sort la boîte à souvenirs pour évoquer une période aujourd'hui révolue. Celle où l'équipe nationale féminine, qu'on surnommait encore Les Diablesses, ne représentait pas encore grand-chose au niveau européen. Celle où une qualification pour un grand tournoi ne relevait que du simple mirage et où les rencontres internationales se comptaient sur les doigts d'une main.

Plus d'une décennie après l'arrivée de l'actuel sélectionneur à la tête des Red Flames, les échéances s'enchaînent pour Tessa Wullaert et ses équipières. Passée la déception de ce mardi et la lourde défaite contre la Norvège en qualifs pour la Coupe du monde 2023 (4-0 à Oslo), celles-ci vont déjà découvrir quelles nations elles affronteront à l'EURO 2022, qui aura lieu du 6 au 31 juillet prochain en Angleterre. Le tirage se tiendra quant à lui à Manchester, lieu du match d'ouverture du tournoi, sur le coup de 18 heures (heure belge).

Et sachant que les Belges sont versées dans le pot 3, on ne va pas se mentir, ça annonce du lourd pour le squad noir-jaune-rouge. C'est logique quand on sait que le tournoi réunit les seize meilleures nations du continent le plus dense en matière de foot féminin. Ainsi, l'équipe la moins bien classée du pot 2 n'est autre que l'Italie, quatorzième au ranking FIFA. Une Squadra en pleine ascension, quart de finaliste du dernier Mondial, où elle n'avait plié qu'en fin de match face aux Pays-Bas de Vivianne Miedema (Arsenal) et Lieke Martens (Barcelone). Depuis, les Italiennes ont pris leur revanche sur les Néerlandaises en juin dernier (victoire 1-0). Bref, l'opposition va être solide sur les terrains brittons !

Et les derniers résultats des Flames contre des équipes mieux classées ne sont pas de nature à rassurer. Pour rappel, celles-ci n'ont plus pris la mesure d'un pays situé plus haut qu'elles dans le classement depuis septembre 2018. C'était contre... l'Italie ! La Norvège, le Danemark, les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Espagne, toutes ces équipes se sont montrées plus fortes que notre sélection ces derniers mois, révélant de façon plus ou moins cruelle les limites structurelles d'un foot féminin belge qui a pas mal de retard à rattraper sur ses voisins en termes de professionnalisme. Ainsi, à peine six joueuses étaient pros sur les onze alignées au coup d'envoi lors de la défaite en Scandinavie de ce mardi. C'est peu. Trop peu quand on est censé se mesurer à des sélections où la majorité du noyau n'a pas à bosser à côté du football.

"Si la situation n'évolue pas, on restera aux portes du top mondial."

Tessa Wullaert , dans Le Soir

Les propos de Tessa Wullaert, qui affirmait la semaine passée dans Le Soir que "si la situation n'évoluait pas, [elles] resteraient aux portes du top mondial," résonnent encore, même si la capitaine se voulait malgré tout optimiste. Cependant, les choses bougent : accès aux installations des hommes, séances supplémentaires à Tubize, meilleure formation, ambition chez les plus jeunes, oui, la Belgique avance. Mais n'est-ce pas encore trop lent pour espérer réaliser un "coup" outre-Manche, quand on sait que les Flames hériteront forcément de deux nations 100% pros ou presque dans leur poule ? Quid de cette course au ticket pour le Mondial 2023 qui s'entremêlera avec le rendez-vous européen, et qui est un must dans l'optique de donner un coup de boost au développement de la discipline dans le Royaume ?

Les souvenirs de Breda

Et pourquoi pas espérer après tout ? À l'EURO 2017, les Flames, encore rookies à un tel niveau, s'étaient offert une sacrée perf' en battant la Norvège d'Ada Hegerberg lors de l'EURO néerlandais. Une victoire qui avait fait naître les espoirs les plus fous, d'autant que face aux Pays-Bas lors du dernier match de poule contre le pays-hôte, les Belges avaient livré une prestation intéressante. Battues 1-0 par le Danemark et 2-1 par les Oranje Leeuwinnen, Janice Cayman and co avaient fait bien mieux que se défendre.

Sauf que depuis lors, plusieurs pays semblent avoir grandi plus rapidement que le nôtre. Il faudra faire avec, et se dire que l'expérience accumulée en 2017, plus ces petits pas franchis depuis quatre ans (dont une médiatisation et donc un sponsoring plus importants) permettront peut-être aux Flames de revivre les frissons de Breda. Et prouveront que Tine De Caigny, qui affirmait en novembre 2020 que la sélection ne pouvait plus se contenter de se qualifier pour des phases finales, ne nageait pas en plein délire. L'attaquante d'Hoffenheim et ses équipières ont maintenant huit mois pour prouver qu'elles sont elles aussi capables de passer à la vitesse supérieure. Enfin ?

"Faut savoir qu'avant Ives Serneels, on n'avait que trois, quatre matches par an." Fin mars de cette année, Aline Zeler sort la boîte à souvenirs pour évoquer une période aujourd'hui révolue. Celle où l'équipe nationale féminine, qu'on surnommait encore Les Diablesses, ne représentait pas encore grand-chose au niveau européen. Celle où une qualification pour un grand tournoi ne relevait que du simple mirage et où les rencontres internationales se comptaient sur les doigts d'une main.Plus d'une décennie après l'arrivée de l'actuel sélectionneur à la tête des Red Flames, les échéances s'enchaînent pour Tessa Wullaert et ses équipières. Passée la déception de ce mardi et la lourde défaite contre la Norvège en qualifs pour la Coupe du monde 2023 (4-0 à Oslo), celles-ci vont déjà découvrir quelles nations elles affronteront à l'EURO 2022, qui aura lieu du 6 au 31 juillet prochain en Angleterre. Le tirage se tiendra quant à lui à Manchester, lieu du match d'ouverture du tournoi, sur le coup de 18 heures (heure belge).Et sachant que les Belges sont versées dans le pot 3, on ne va pas se mentir, ça annonce du lourd pour le squad noir-jaune-rouge. C'est logique quand on sait que le tournoi réunit les seize meilleures nations du continent le plus dense en matière de foot féminin. Ainsi, l'équipe la moins bien classée du pot 2 n'est autre que l'Italie, quatorzième au ranking FIFA. Une Squadra en pleine ascension, quart de finaliste du dernier Mondial, où elle n'avait plié qu'en fin de match face aux Pays-Bas de Vivianne Miedema (Arsenal) et Lieke Martens (Barcelone). Depuis, les Italiennes ont pris leur revanche sur les Néerlandaises en juin dernier (victoire 1-0). Bref, l'opposition va être solide sur les terrains brittons !Et les derniers résultats des Flames contre des équipes mieux classées ne sont pas de nature à rassurer. Pour rappel, celles-ci n'ont plus pris la mesure d'un pays situé plus haut qu'elles dans le classement depuis septembre 2018. C'était contre... l'Italie ! La Norvège, le Danemark, les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Espagne, toutes ces équipes se sont montrées plus fortes que notre sélection ces derniers mois, révélant de façon plus ou moins cruelle les limites structurelles d'un foot féminin belge qui a pas mal de retard à rattraper sur ses voisins en termes de professionnalisme. Ainsi, à peine six joueuses étaient pros sur les onze alignées au coup d'envoi lors de la défaite en Scandinavie de ce mardi. C'est peu. Trop peu quand on est censé se mesurer à des sélections où la majorité du noyau n'a pas à bosser à côté du football.Les propos de Tessa Wullaert, qui affirmait la semaine passée dans Le Soir que "si la situation n'évoluait pas, [elles] resteraient aux portes du top mondial," résonnent encore, même si la capitaine se voulait malgré tout optimiste. Cependant, les choses bougent : accès aux installations des hommes, séances supplémentaires à Tubize, meilleure formation, ambition chez les plus jeunes, oui, la Belgique avance. Mais n'est-ce pas encore trop lent pour espérer réaliser un "coup" outre-Manche, quand on sait que les Flames hériteront forcément de deux nations 100% pros ou presque dans leur poule ? Quid de cette course au ticket pour le Mondial 2023 qui s'entremêlera avec le rendez-vous européen, et qui est un must dans l'optique de donner un coup de boost au développement de la discipline dans le Royaume ? Et pourquoi pas espérer après tout ? À l'EURO 2017, les Flames, encore rookies à un tel niveau, s'étaient offert une sacrée perf' en battant la Norvège d'Ada Hegerberg lors de l'EURO néerlandais. Une victoire qui avait fait naître les espoirs les plus fous, d'autant que face aux Pays-Bas lors du dernier match de poule contre le pays-hôte, les Belges avaient livré une prestation intéressante. Battues 1-0 par le Danemark et 2-1 par les Oranje Leeuwinnen, Janice Cayman and co avaient fait bien mieux que se défendre.Sauf que depuis lors, plusieurs pays semblent avoir grandi plus rapidement que le nôtre. Il faudra faire avec, et se dire que l'expérience accumulée en 2017, plus ces petits pas franchis depuis quatre ans (dont une médiatisation et donc un sponsoring plus importants) permettront peut-être aux Flames de revivre les frissons de Breda. Et prouveront que Tine De Caigny, qui affirmait en novembre 2020 que la sélection ne pouvait plus se contenter de se qualifier pour des phases finales, ne nageait pas en plein délire. L'attaquante d'Hoffenheim et ses équipières ont maintenant huit mois pour prouver qu'elles sont elles aussi capables de passer à la vitesse supérieure. Enfin ?