"Entre l'âge de cinq et douze ans, j'ai joué aux White Boys Saint-Nicolas. J'étais plutôt robuste et quand, à douze ans, j'ai dû passer chez les filles, j'ai préféré renoncer. Mais le foot me manquait. Alors, un an plus tard, je suis devenue arbitre. A 13 ans, je dirigeais des matches de Diablotins. Par la suite, je suis devenue arbitre-assistante, ce qui me convenait mieux. J'ai officié jusqu'en D2 nationale. En 2016, j'ai eu des problèmes de santé et j'ai dû arrêter. Il ne faut pas sous-estimer les exigences physiques. En fait, nous devons être aussi en forme que les joueurs pros.
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"Entre l'âge de cinq et douze ans, j'ai joué aux White Boys Saint-Nicolas. J'étais plutôt robuste et quand, à douze ans, j'ai dû passer chez les filles, j'ai préféré renoncer. Mais le foot me manquait. Alors, un an plus tard, je suis devenue arbitre. A 13 ans, je dirigeais des matches de Diablotins. Par la suite, je suis devenue arbitre-assistante, ce qui me convenait mieux. J'ai officié jusqu'en D2 nationale. En 2016, j'ai eu des problèmes de santé et j'ai dû arrêter. Il ne faut pas sous-estimer les exigences physiques. En fait, nous devons être aussi en forme que les joueurs pros. Chaque week-end est placé sous le signe du football. Parfois, j'ai deux matches avec le VAR et un match amateur où je contrôle l'arbitre. Je rate parfois des moments importants, comme la naissance de mon filleul. J'essaye de me rattraper par la suite. Le foot m'a permis de visiter des endroits dans lesquels je n'aurais jamais pensé aller : la Russie, la Croatie ou Israël, où j'ai officié en tant qu'arbitre-assistante lors de la demi-finale de l'Euro U19. Mon père était d'origine irlandaise, j'y ai encore de la famille. Je suis donc tous les matches de l'équipe nationale irlandaise. J'avoue que ce n'est pas pour la qualité du football mais pour l'ambiance. Avec ma soeur, en 2016, nous sommes allées à Bordeaux voir le match de foot entre la Belgique et l'Irlande. Ne me demandez pas qui j'ai supporté, je travaille pour l'Union belge, hein (elle grimace). Disons que la meilleure équipe l'a emporté. Je suis fascinée par les infrastructures sportives. Le Camp Nou et Wembley, des stades impressionnants, mais aussi de nouvelles infrastructures au niveau régional. Quand je roule à vélo et que je vois quatre pylônes, ça m'attire, il faut que j'aille voir ça de plus près." "Lorsque c'est possible, je regarde les matches de Ligue des Champions mais je n'arrive pas à le faire en tant que simple passionnée de football. Je me focalise automatiquement sur le rôle de l'arbitre. Il arrive régulièrement que nous discutions de certaines phases entre collègues sur le groupe whatsapp. Les arbitres forment une petite communauté où le sentiment d'appartenance est très fort. Sauf lorsque nous jouons un tournoi. Je déteste arbitrer des matches d'arbitres (elle rit). Je regarde pratiquement tous les résumés de matches de Jupiler Pro League pour voir les phases discutables. Un arbitre de l'équipe du VAR doit se préparer tactiquement à un match : une équipe qui évolue en 3-5-2 joue le hors-jeu différemment d'une équipe alignée en 4-4-2. Pareil pour les équipes qui jouent la zone et celles qui pratiquent un marquage individuel. Il est plus facile de suivre deux individus. En zone, les arbitres doivent déterminer qui prend quelle zone. J'ai parfois l'impression que les femmes ne sont pas suffisamment écoutées en football, ça reste un sport d'hommes. Lorsque j'étais arbitre-assistante et qu'on me demandait dédaigneusement d'expliquer la règle du hors-jeu, je répondais : il y a hors-jeu quand l'assistant lève son drapeau. Le sujet était clos... (elle rit)" "Les critiques à l'encontre du VAR la saison dernière m'ont touchée parce que les gens oubliaient qu'il s'agissait d'une expérience. Il fallait qu'on apprenne. Depuis les play-offs, ça va mieux et la raison est simple : nous devions attraper le rythme, comme les joueurs. Je pense que l'arrivée du VAR va changer le jeu en bien : les vraies méchantes fautes vont disparaître. Je ne comprends pas que si peu de gens veuillent devenir arbitres. C'est pourtant très bon sur le plan personnel : on apprend à gérer le stress, ça forge le caractère. Lorsque des joueurs ou des fans sont sûrs d'avoir raison, on doute mais, souvent, on en arrive à conclure que, contrairement à nous, ils ne connaissent pas le règlement. On apprend à être plus sûr de soi. On focalise trop sur les aspects négatifs alors que, souvent, il y a des réactions positives. Je comprends que les gens réagissent de façon émotive. Les joueurs parce que leur prime en dépend et les supporters parce que le football leur sert d'échappatoire après une semaine difficile au boulot. Il ne faut jamais prendre les commentaires pour soi."