Après avoir éliminé le Rapid Vienne (2-1) au troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions, au prix d'un gros effort, les Gantois ont déjà acquis une belle bouée de sauvetage : la phase de poules de la Ligue Europa. Mais face à l'équipe rusée du vétéran roumain Mircea Lucescu au match aller, ils se sont faits, une fois de plus, prendre en défaut, coupables de maladresses défensives qui les mettent dans une position difficile avant le retour.
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Après avoir éliminé le Rapid Vienne (2-1) au troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions, au prix d'un gros effort, les Gantois ont déjà acquis une belle bouée de sauvetage : la phase de poules de la Ligue Europa. Mais face à l'équipe rusée du vétéran roumain Mircea Lucescu au match aller, ils se sont faits, une fois de plus, prendre en défaut, coupables de maladresses défensives qui les mettent dans une position difficile avant le retour.Les chiffres ne plaident pas en faveur du capitaine Vadis Odjidja et de ses coéquipiers. Après sept journées en Jupiler Pro League, leur bilan est maigre, avec cinq défaites et à peine deux victoires, chacune 1-0 (contre Maline à domicile et à Mouscron). De plus, samedi dernier, ils ont encore encaissé trois buts d'une simplicité enfantine contre le promu d'OHL, ce qui montre à nouveau le travail mental qu'il reste à effectuer pour l'équipe. La dernière fois que La Gantoise a elle-même marqué trois buts, c'était le 18 juillet, lors d'un match d'entraînement contre le Club de Bruges (2-3 à Westkapelle).L'été dernier, la direction du club a investi 15,7 millions d'euros pour constituer un noyau avec deux joueurs par poste, ce qui devait permettre à Gand de se battre sur trois fronts (la Pro League, la Croky Cup et la Coupe d'Europe). En s'imposant face au Rapid Vienne, le vice-champion a déjà obtenu 230.000 euros de l'UEFA, mais la qualification pour la phase de groupes de la Champions League donne droit à une prime de départ de 15,25 millions d'euros. En cas de défaite contre Kiev, le directeur Michel Louwagie verra tout même 5,25 millions d'euros tomber sur le compte bancaire des Buffalos. À titre de comparaison, le droit d'entrée pour chaque participant aux poules de l'Europa League est de 2,92 millions d'euros. Un monde de différence.Hormis les deux changements d'entraîneurs (Jess Thorup et Laszlo Bölöni), ce sont surtout les supporters qui sont mécontents et commencent à râler. Après avoir d'abord été gâtés contre OHL par un football offensif, attrayant et pétillant, le ton a changé après 35 minutes et un retard de deux buts. Puis le cynisme gantois a refait surface. Contrairement au passé, où Louwagie, en tant que responsable des transferts, était toujours visé, l'actuel président Ivan De Witte a également dû souffrir le mécontentement de ses propres partisans. Des chants "Merci Ivan" ont été suivi de "Champions", avant que les noms de l'ancien entraîneur Jess Thorup,très populaire, et du coach assistant Peter Balette soient scandés. Ensuite, Louwagie a dû apaiser un petit groupe de supporters à l'entrée principale de la Ghelamco Arena. "À cause des blessures, nous avons dû nous passer de quatre valeurs sûres aujourd'hui", s'est-il défendu. "On ne peut pas reprocher un manque d'engagement aux joueurs. Pensez-vous que je vais bien dormir cette nuit ?"Bien sûr, l'absence de stars comme Vadis, Sven Kums, Roman Yaremchuk ou Giorgi Chakvetadze est une excuse valable. Mais d'un autre côté, elle suscite également beaucoup d'inquiétudes en interne. En plus des suspensions de Roman Bezus et Sinan Bolat, Yaremchuk (qui a son transfert en tête en plus de sa blessure) n'est pas du voyage en Ukraine. De plus, Laurent Depoitre n'est toujours pas au mieux de sa forme, tandis que le principal transfert entrant, Núrio Fortuna, acheté six millions d'euros au Sporting de Charleroi, est en crise de confiance.De Decker compte sur le retour du très physique Michael Ngadeu, qui n'a pas non plus affiché une grande régularité ces dernières semaines, et sur l'opportunisme de ses joueurs offensifs (comme les imprévisibles ailiers Anderson Niangbo et Osman Bukari) pour créer un miracle. Le président De Witte, qui est actuellement victime de ses propres mauvais choix avec une quinzième place en Pro League, a promis une belle prime, selon Vadis. Qui des hommes forts et des leaders de l'équipe vont prendre la main et montrer que le slogan "des actes plutôt que des mots" prévaut toujours ?