En Belgique, le salaire moyen brut d'un footballeur professionnel s'élève à 250.000 euros par an (soit un peu plus de 20.000 par mois). Une réalité qui cache un grand écart, entre ceux dont les émoluments s'élèvent à trois millions par an et ceux qui flirtent avec le minimum légal, fixé à 20.000 euros brut par an. "Mon salaire brut mensuel est de 1700 euros", explique un joueur, depuis un vestiaire du top 6. "Par contre, je reçois 700 euros par victoire. Les mois qui arrivent, sans jouer de match, vont ressembler aux mois de juin et de juillet. Ceux où on ne touche pas de primes. Et là, c'est plus compliqué parce que quand les primes tombent, on s'habitue vite à un certain salaire. Avec les matches, il peut vite être doublé, dans mon cas. Cette saison, j'ai touché 4500 euros net lors de mon meilleur mois. Ici, en ne jouant pas du tout, on est un peu au ras des pâquerettes..."

L'homme risque donc de vivre une sorte d'été prolongé, avec les désagréments salariaux qui l'accompagnent. Sans mise au chômage, son club ayant décidé d'honorer ses engagements malgré la particularité de la situation actuelle. Un cas de figure qu'on ne retrouve pas aux quatre coins du Royaume.

5000 euros de dépenses

Mis au chômage depuis le début du mois d'avril, un deuxième témoin a vu son salaire mensuel brut, aux alentours de 18.000 euros, être réduit très largement. Finies, aussi, ses primes fixées à 500 euros par point. "Passer de mon salaire fixe au chômage, c'est sûr que ça va faire un très gros trou. Je me rends compte que je vais toucher le salaire d'un ouvrier et que rien qu'avec mes prêts, si je n'avais pas d'argent de côté, je ne pourrais pas assumer et les rembourser. Ce mois-ci, j'espère pouvoir me débrouiller sans aller sur mon compte épargne." Entre les crédits hypothécaires, les assurances et la famille, les frais mensuels habituels du joueur se chiffrent à 5000 euros par mois. Une somme difficilement conciliable avec la réalité du chômage économique.

De nombreux joueurs ont, heureusement, pu compter sur la deuxième tranche de leur prime à la signature, généralement versée après le mercato hivernal. À ce moment, le joueur touche une somme fixe qui fait partie de sa rémunération globale annuelle. Beaucoup touchent plus de 50% de leurs revenus par ce biais. Ce qui arrange bien les clubs, qui paient moins de cotisations sur ces primes que sur le salaire classique. Et permet parfois au joueur de se constituer un bas de laine bien utile en ces temps incertains.

Belgique vs France

D'un point de vue légal, les joueurs belges sont moins bien lotis. En Belgique, le chômage partiel pour un joueur est plafonné à 70% du salaire maximum, qui est de 2352 euros brut par mois. Donc au final, un joueur touchera en fait environ 1600 euros brut par mois (selon les chiffres en vigueur le 7 avril dernier, ndlr). Alors qu'en France, par exemple, les joueurs vont percevoir 84% de leur salaire net.

"C'est une grosse différence", explique Frédéric Gounongbe, ancien buteur de Westerlo reconverti en conseiller en gestion de patrimoine auprès des footballeurs. "Pour le même joueur qui touche 50.000 euros brut par mois, il en touchera 42.000 au chômage partiel s'il joue en France, mais seulement environ 1600 euros brut en Belgique. Donc, il y a de la panique, parce que certaines pertes de salaire vont être énormes."

Par Johanna Pierre

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En Belgique, le salaire moyen brut d'un footballeur professionnel s'élève à 250.000 euros par an (soit un peu plus de 20.000 par mois). Une réalité qui cache un grand écart, entre ceux dont les émoluments s'élèvent à trois millions par an et ceux qui flirtent avec le minimum légal, fixé à 20.000 euros brut par an. "Mon salaire brut mensuel est de 1700 euros", explique un joueur, depuis un vestiaire du top 6. "Par contre, je reçois 700 euros par victoire. Les mois qui arrivent, sans jouer de match, vont ressembler aux mois de juin et de juillet. Ceux où on ne touche pas de primes. Et là, c'est plus compliqué parce que quand les primes tombent, on s'habitue vite à un certain salaire. Avec les matches, il peut vite être doublé, dans mon cas. Cette saison, j'ai touché 4500 euros net lors de mon meilleur mois. Ici, en ne jouant pas du tout, on est un peu au ras des pâquerettes..." L'homme risque donc de vivre une sorte d'été prolongé, avec les désagréments salariaux qui l'accompagnent. Sans mise au chômage, son club ayant décidé d'honorer ses engagements malgré la particularité de la situation actuelle. Un cas de figure qu'on ne retrouve pas aux quatre coins du Royaume.5000 euros de dépensesMis au chômage depuis le début du mois d'avril, un deuxième témoin a vu son salaire mensuel brut, aux alentours de 18.000 euros, être réduit très largement. Finies, aussi, ses primes fixées à 500 euros par point. "Passer de mon salaire fixe au chômage, c'est sûr que ça va faire un très gros trou. Je me rends compte que je vais toucher le salaire d'un ouvrier et que rien qu'avec mes prêts, si je n'avais pas d'argent de côté, je ne pourrais pas assumer et les rembourser. Ce mois-ci, j'espère pouvoir me débrouiller sans aller sur mon compte épargne." Entre les crédits hypothécaires, les assurances et la famille, les frais mensuels habituels du joueur se chiffrent à 5000 euros par mois. Une somme difficilement conciliable avec la réalité du chômage économique. De nombreux joueurs ont, heureusement, pu compter sur la deuxième tranche de leur prime à la signature, généralement versée après le mercato hivernal. À ce moment, le joueur touche une somme fixe qui fait partie de sa rémunération globale annuelle. Beaucoup touchent plus de 50% de leurs revenus par ce biais. Ce qui arrange bien les clubs, qui paient moins de cotisations sur ces primes que sur le salaire classique. Et permet parfois au joueur de se constituer un bas de laine bien utile en ces temps incertains. Belgique vs FranceD'un point de vue légal, les joueurs belges sont moins bien lotis. En Belgique, le chômage partiel pour un joueur est plafonné à 70% du salaire maximum, qui est de 2352 euros brut par mois. Donc au final, un joueur touchera en fait environ 1600 euros brut par mois (selon les chiffres en vigueur le 7 avril dernier, ndlr). Alors qu'en France, par exemple, les joueurs vont percevoir 84% de leur salaire net. "C'est une grosse différence", explique Frédéric Gounongbe, ancien buteur de Westerlo reconverti en conseiller en gestion de patrimoine auprès des footballeurs. "Pour le même joueur qui touche 50.000 euros brut par mois, il en touchera 42.000 au chômage partiel s'il joue en France, mais seulement environ 1600 euros brut en Belgique. Donc, il y a de la panique, parce que certaines pertes de salaire vont être énormes."Par Johanna PierreRetrouvez l'intégralité de l'article dans votre Sport/Foot Magazine