La Bundesliga devait reprendre le 9 mai. Sans spectateurs, mais pas sans risques. Depuis, la date a changé. Il n'y a pas qu'en Allemagne que tout est mis en oeuvre pour récupérer, au moins, les fameux droits télévisés, qui représentent plus de 50% du chiffre d'affaires des clubs.

La ligue allemande a rédigé une sorte de note conceptuelle, qui définit les conditions d'une reprise de la Bundesliga. On peut y lire que les joueurs doivent arriver au stade dans des bus différents, que les deux clubs ne peuvent pas arriver en même temps ou qu'une distance est nécessaire dans les vestiaires ou sur le banc de touche. Pas question de poignée de mains ou d'accolade avant la rencontre. Mais après tout ça, le match démarre: des un-contre-un acharnés, de la sueur, des duels aériens. Avec un risque d'infection qui, selon ce même rapport, ne peut pas immédiatement être connu. L'ensemble du plan a été approuvé par une série de politiciens, même si Angela Merkel aura encore son mot à dire au terme de ses consultations.

Tout faire pour sauver votre businessmodel, cela semble logique. Mais il y a des limites. Maintenant, on peut vraiment parler de deux poids, deux mesures. Comment peut-on calculer le risque d'infections dans une période où tout le monde est appelé à la plus grande vigilance, où même les écoles et les plaines de jeu sont fermées? Pourquoi des jeunes ne pourraient pas faire de sport, alors que les footballeurs professionnels en recevraient le droit? La réponse est simple. La pandémie a mis en lumière les fondations fébriles sur lesquelles les clubs sont construits, et ceux-ci ne sont pas en mesure de faire machine arrière. Il s'agit désormais de récupérer, au moins, les 280 millions d'euros de droits télévisés. Tout le reste semble accessoire.

"La crise donne l'opportunité au monde du football de réfléchir à une nouvelle identité. Trop de barrières sont franchies."

Les joueurs seraient testés avant chaque match, mais cela n'exclut pas les infections potentielles. L'éminent expert sanitaire allemand Karl Lauterbach parlait ainsi dans Der Spiegel d'une expérience de masse, avec les joueurs comme rats de laboratoire.

En Angleterre, en Italie et en Espagne, des plans sont également en oeuvre pour relancer le championnat. En France, il existe même un plan pour la reprise le 17 juin d'une compétition qui devrait se terminer avant la fin du mois d'août. Le coup d'envoi de la nouvelle saison reste un point d'interrogation, l'EURO ne laisse pas beaucoup de place. Les risques de surcharge et de blessures semblent être les grands oubliés du débat.

Il n'est pas encore sûr que notre championnat imitera la voie empruntée par les Pays-Bas, mettant un terme à la compétition. C'est la meilleure solution. Au moment où toute l'Europe est enfermée dans de strictes consignes qui ne seront assouplies que très progressivement, les clubs de football doivent aussi s'adapter à cette nouvelle réalité. La crise donne seulement l'opportunité au monde du football de réfléchir à une nouvelle identité. Trop de barrières sont franchies. Financières, notamment, avec ces montants qui circulent sans limite. C'est toujours la surenchère, sans que personne ne le remette en question.

Les clubs de football sont peut-être devenus des entreprises, mais il faut désormais agir autrement. Tout doit devenir plus naturel, plus normal. Énormément de choses ne seront plus pareilles après cette crise. Cela vaut aussi pour le football. Mais un autre monde du foot ne diminuera pas l'attractivité. Bien au contraire.

La Bundesliga devait reprendre le 9 mai. Sans spectateurs, mais pas sans risques. Depuis, la date a changé. Il n'y a pas qu'en Allemagne que tout est mis en oeuvre pour récupérer, au moins, les fameux droits télévisés, qui représentent plus de 50% du chiffre d'affaires des clubs.La ligue allemande a rédigé une sorte de note conceptuelle, qui définit les conditions d'une reprise de la Bundesliga. On peut y lire que les joueurs doivent arriver au stade dans des bus différents, que les deux clubs ne peuvent pas arriver en même temps ou qu'une distance est nécessaire dans les vestiaires ou sur le banc de touche. Pas question de poignée de mains ou d'accolade avant la rencontre. Mais après tout ça, le match démarre: des un-contre-un acharnés, de la sueur, des duels aériens. Avec un risque d'infection qui, selon ce même rapport, ne peut pas immédiatement être connu. L'ensemble du plan a été approuvé par une série de politiciens, même si Angela Merkel aura encore son mot à dire au terme de ses consultations.Tout faire pour sauver votre businessmodel, cela semble logique. Mais il y a des limites. Maintenant, on peut vraiment parler de deux poids, deux mesures. Comment peut-on calculer le risque d'infections dans une période où tout le monde est appelé à la plus grande vigilance, où même les écoles et les plaines de jeu sont fermées? Pourquoi des jeunes ne pourraient pas faire de sport, alors que les footballeurs professionnels en recevraient le droit? La réponse est simple. La pandémie a mis en lumière les fondations fébriles sur lesquelles les clubs sont construits, et ceux-ci ne sont pas en mesure de faire machine arrière. Il s'agit désormais de récupérer, au moins, les 280 millions d'euros de droits télévisés. Tout le reste semble accessoire.Les joueurs seraient testés avant chaque match, mais cela n'exclut pas les infections potentielles. L'éminent expert sanitaire allemand Karl Lauterbach parlait ainsi dans Der Spiegel d'une expérience de masse, avec les joueurs comme rats de laboratoire.En Angleterre, en Italie et en Espagne, des plans sont également en oeuvre pour relancer le championnat. En France, il existe même un plan pour la reprise le 17 juin d'une compétition qui devrait se terminer avant la fin du mois d'août. Le coup d'envoi de la nouvelle saison reste un point d'interrogation, l'EURO ne laisse pas beaucoup de place. Les risques de surcharge et de blessures semblent être les grands oubliés du débat.Il n'est pas encore sûr que notre championnat imitera la voie empruntée par les Pays-Bas, mettant un terme à la compétition. C'est la meilleure solution. Au moment où toute l'Europe est enfermée dans de strictes consignes qui ne seront assouplies que très progressivement, les clubs de football doivent aussi s'adapter à cette nouvelle réalité. La crise donne seulement l'opportunité au monde du football de réfléchir à une nouvelle identité. Trop de barrières sont franchies. Financières, notamment, avec ces montants qui circulent sans limite. C'est toujours la surenchère, sans que personne ne le remette en question.Les clubs de football sont peut-être devenus des entreprises, mais il faut désormais agir autrement. Tout doit devenir plus naturel, plus normal. Énormément de choses ne seront plus pareilles après cette crise. Cela vaut aussi pour le football. Mais un autre monde du foot ne diminuera pas l'attractivité. Bien au contraire.