En 2019, l'argent est déjà sur toutes les lèvres à Sclessin. Comme dans la majeure partie des clubs belges, le mercato sortant est un enjeu énorme pour maintenir la comptabilité à flot. Le départ de Moussa Djenepo à Southampton, annoncé dans les semaines qui suivent, offre une bouffée d'air frais à un club qui avait prévenu ses joueurs par e-mail en février que la deuxième tranche des primes à la signature - payées en début de saison, puis après le mercato de janvier, elles constituent une partie majeure des revenus, surtout pour les joueurs étrangers - serait payée avec deux mois de retard. Le Malien était l'une des sensations de l'année et partait vers la lucrative Angleterre, quelques mois après avoir failli rester sur le carreau quand Michel Preud'homme faisait le forcing pour attirer Lior Refaelov en bords de Meuse.

Un an plus tard, la deuxième tranche des primes à la signature n'a toujours pas été versée aux joueurs, qui s'étonnent cette fois de ne plus avoir reçu d'explications par voie officielle. Les rumeurs grandissantes de chômage technique, que le Standard serait l'un des premiers à appliquer en cette période de coronavirus, ne rassurent pas le vestiaire. Beaucoup se retournent vers leur agent pour évoquer leurs craintes financières, en raison d'un train de vie difficilement compatible avec des revenus plafonnés à 2.353,21 euros brut par mois. Dans les autres bureaux du Royaume, on s'étonne de voir un grand club, aux comptes normalement mieux remplis, faire figure de pionnier dans cette démarche. Ces réactions sont-elles les symptômes d'un club aux abois ? Les huit derniers mois auraient alors été particulièrement ravageurs dans la Principauté. En juillet, Bruno Venanzi affirmait en effet que les finances liégeoises étaient désormais "presque à l'équilibre".

L'été sans compter

Le mercato est passé par là. Et les dépenses ont été historiques. Le bas de laine constitué suite aux transferts sortants de Marin, Djenepo et Christian Luyindama s'est rapidement effiloché au cours d'un été bouclé avec plus de trente millions d'euros dans la case des transferts entrants. Des chiffres équivalents à ceux de l'ogre brugeois, sans qu'aucun joueur du statut de Simon Mignolet, Simon Deli ou Eder Balanta n'ait débarqué à Sclessin.

En interne, certains s'interrogeaient alors sur l'opportunité de débourser plus de deux millions d'euros pour un joueur comme Aleksandar Boljevic, ou d'offrir 800.000 euros à Mouscron pour attirer Noë Dussenne à un poste où Merveille Bokadi et Dimitri Lavalée pou- vaient déjà servir de doublures. Le tout étant assorti d'émoluments généreux, faisant grimper en flèche une masse salariale en courbe exponentielle depuis plusieurs saisons.

Lors de la dernière publication de ses comptes annuels, le Standard affichait ainsi une masse salariale de 34,5 millions d'euros. Une augmentation de près de cinq millions par rapport à l'exercice financier précédent, et un décollage vertigineux par rapport aux 22,2 millions que le club affichait encore lors de la saison 2015-2016, au début de l'ère Venanzi.

Afin de se maintenir dans le haut du tableau, le club a consenti des efforts financiers importants. Derrière l'imposant salaire de Zinho Vanheusden, de loin le plus élevé du vestiaire liégeois, des joueurs comme Mehdi Carcela, Maxime Lestienne ou Felipe Avenatti affichent également un salaire important, alors que d'autres transferts issus de clubs plus modestes dépasseraient tout de même les 30.000 euros de revenus nets mensuels. Un train de vie presque déraisonnable pour un club qui ne roule pas sur l'or depuis plusieurs saisons. Dans l'analyse de ses prestations financières, le club détaille d'ailleurs qu'une qualification systématique pour les poules de l'Europa League est indispensable pour que le rapport de gestion tienne la route. Cinquième du championnat et éliminé en Coupe de Belgique, le club est loin d'être assuré de s'afficher sur la scène européenne dans les mois à venir.

Par Guillaume Gautier et Thomas Bricmont

Retrouvez l'intégralité de l'article consacré au Standard dans votre Sport/Foot Magazine

En 2019, l'argent est déjà sur toutes les lèvres à Sclessin. Comme dans la majeure partie des clubs belges, le mercato sortant est un enjeu énorme pour maintenir la comptabilité à flot. Le départ de Moussa Djenepo à Southampton, annoncé dans les semaines qui suivent, offre une bouffée d'air frais à un club qui avait prévenu ses joueurs par e-mail en février que la deuxième tranche des primes à la signature - payées en début de saison, puis après le mercato de janvier, elles constituent une partie majeure des revenus, surtout pour les joueurs étrangers - serait payée avec deux mois de retard. Le Malien était l'une des sensations de l'année et partait vers la lucrative Angleterre, quelques mois après avoir failli rester sur le carreau quand Michel Preud'homme faisait le forcing pour attirer Lior Refaelov en bords de Meuse. Un an plus tard, la deuxième tranche des primes à la signature n'a toujours pas été versée aux joueurs, qui s'étonnent cette fois de ne plus avoir reçu d'explications par voie officielle. Les rumeurs grandissantes de chômage technique, que le Standard serait l'un des premiers à appliquer en cette période de coronavirus, ne rassurent pas le vestiaire. Beaucoup se retournent vers leur agent pour évoquer leurs craintes financières, en raison d'un train de vie difficilement compatible avec des revenus plafonnés à 2.353,21 euros brut par mois. Dans les autres bureaux du Royaume, on s'étonne de voir un grand club, aux comptes normalement mieux remplis, faire figure de pionnier dans cette démarche. Ces réactions sont-elles les symptômes d'un club aux abois ? Les huit derniers mois auraient alors été particulièrement ravageurs dans la Principauté. En juillet, Bruno Venanzi affirmait en effet que les finances liégeoises étaient désormais "presque à l'équilibre".Le mercato est passé par là. Et les dépenses ont été historiques. Le bas de laine constitué suite aux transferts sortants de Marin, Djenepo et Christian Luyindama s'est rapidement effiloché au cours d'un été bouclé avec plus de trente millions d'euros dans la case des transferts entrants. Des chiffres équivalents à ceux de l'ogre brugeois, sans qu'aucun joueur du statut de Simon Mignolet, Simon Deli ou Eder Balanta n'ait débarqué à Sclessin.En interne, certains s'interrogeaient alors sur l'opportunité de débourser plus de deux millions d'euros pour un joueur comme Aleksandar Boljevic, ou d'offrir 800.000 euros à Mouscron pour attirer Noë Dussenne à un poste où Merveille Bokadi et Dimitri Lavalée pou- vaient déjà servir de doublures. Le tout étant assorti d'émoluments généreux, faisant grimper en flèche une masse salariale en courbe exponentielle depuis plusieurs saisons. Lors de la dernière publication de ses comptes annuels, le Standard affichait ainsi une masse salariale de 34,5 millions d'euros. Une augmentation de près de cinq millions par rapport à l'exercice financier précédent, et un décollage vertigineux par rapport aux 22,2 millions que le club affichait encore lors de la saison 2015-2016, au début de l'ère Venanzi.Afin de se maintenir dans le haut du tableau, le club a consenti des efforts financiers importants. Derrière l'imposant salaire de Zinho Vanheusden, de loin le plus élevé du vestiaire liégeois, des joueurs comme Mehdi Carcela, Maxime Lestienne ou Felipe Avenatti affichent également un salaire important, alors que d'autres transferts issus de clubs plus modestes dépasseraient tout de même les 30.000 euros de revenus nets mensuels. Un train de vie presque déraisonnable pour un club qui ne roule pas sur l'or depuis plusieurs saisons. Dans l'analyse de ses prestations financières, le club détaille d'ailleurs qu'une qualification systématique pour les poules de l'Europa League est indispensable pour que le rapport de gestion tienne la route. Cinquième du championnat et éliminé en Coupe de Belgique, le club est loin d'être assuré de s'afficher sur la scène européenne dans les mois à venir.Par Guillaume Gautier et Thomas BricmontRetrouvez l'intégralité de l'article consacré au Standard dans votre Sport/Foot Magazine