Un peu comme cette copine qui annonce être enceinte le jour du mariage de sa meilleure amie pour lui piquer la vedette, Mehdi Bayat a excellé jeudi dernier au moment de profiter de la conférence de presse de présentation d'Edward Still pour annoncer à la surprise générale qu'il quittait avec effet immédiat son poste de président de la Fédération.
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Un peu comme cette copine qui annonce être enceinte le jour du mariage de sa meilleure amie pour lui piquer la vedette, Mehdi Bayat a excellé jeudi dernier au moment de profiter de la conférence de presse de présentation d'Edward Still pour annoncer à la surprise générale qu'il quittait avec effet immédiat son poste de président de la Fédération. Un coup de griffe signé Bayat à trois jours des retrouvailles fédérales de Tubize, prévues ce lundi 31 mai, et à 24 heures d'une conférence de presse programmée dans le Pays Noir et qui avait pour but d'annoncer que les Diables décolleraient et atterriraient de l'aéroport de Charleroi tout au long de l'été continental. Fier comme un coq de s'être réservé l'exclusivité de cette annonce, on ne savait plus trop si l'homme était satisfait d'avoir gardé sa propre langue depuis qu'il avait officialisé sa décision en interne ou si, comme il l'a lui-même expliqué, il était réellement heureux d'avoir vu ses équipes garder le secret jusqu'au bout. Prévenus 24 heures en amont lors d'un séminaire organisé aux Lacs de l'Eau d'Heure, les employés carolos étaient en effet les seuls au courant de ce revirement inattendu. Le personnel dans son intégralité, à l'exception notoire du nouveau coach du Sporting de Charleroi tout juste sorti de quarantaine et qui, aux dires de Mehdi Bayat, apprenait jeudi soir la nouvelle en même temps que le grand public. Un drôle de signal envoyé à leur collaboration de confiance future, mais un apprentissage express de la méthode Bayat pour Edward Still. Un homme neuf dans le milieu, mais qui s'apprête à suivre un cursus de communication accéléré auprès du meilleur orateur du Royaume. Une verve qui permet aujourd'hui à Mehdi Bayat d'affirmer sans chanceler que s'il ne se porte pas candidat à sa propre succession à la présidence de l'Union belge, c'est avant tout pour se recentrer à 100% sur son rôle d'administrateur général du Sporting. Pour le principal intéressé, il s'agit autant d'un "symbole fort qui doit démontrer que Charleroi a beaucoup d'ambitions" que d'une opportunité de se consacrer un peu plus aux siens. "Ça va me permettre de reprendre une vie un peu plus sereine. Il n'y a que 24 heures dans une journée et j'en ai déjà consommées beaucoup au détriment de ceux que j'aime." Sans oublier les sempiternels reproches désormais caducs sur cette double casquette trop longtemps portée. En coulisses, ils sont pourtant peu à considérer ce tiercé d'arguments majeurs comme la raison réelle de ce pas de côté. Là, on justifie plus probablement ce départ par la volonté de l'homme de ne pas se confronter à un deuxième scrutin incertain consécutif, après sa non-élection comme membre du Comité exécutif de l'UEFA fin avril. Un désaveu improbable à l'époque, que personne n'avait réellement vu venir et que Mehdi Bayat n'avait logiquement pas envie de prendre le risque de revivre dans trois mois, au moment de l'élection du nouveau président prévue à l'occasion du prochain conseil d'administration de l'URBSFA. Et puisqu'il a depuis temporairement remisé au frigo ses ambitions d'ascension personnelle à l'échelon continental, il a aussi d'un coup moins d'intérêt à se retrouver en pleine lumière. De son côté, l'Union belge n'a depuis pas tardé à lui trouver un successeur par intérim. Il s'agit logiquement de Robert Huygens, qui était jusqu'alors vice-président et qui restera en poste jusqu'à l'élection de la fin août. Dans l'ombre, les favoris pour se positionner en bonne place trépignent déjà. On cite volontiers Peter Bossaert, Ivan De Witte ou David Delferière. Si avec le temps, le poste de président de la Fédération s'assimile souvent à un rôle essentiellement protocolaire, le futur patron aura néanmoins dans ses futures prérogatives la responsabilité de choisir le nouveau sélectionneur qui devra un jour ou l'autre succéder à Roberto Martínez.