L'agent de joueurs Daniel Striani a déjà attaqué l'UEFA et l'Union Belge en justice sur la question du fair-play financier. On attend la suite. Au niveau européen, la justice a estimé la requête irrecevable, il y a un appel à Bruxelles avant que l'on tranche, peut-être, sur le fond de l'affaire.

Aujourd'hui, le même homme s'en prend de nouveau à l'Union Belge. Assisté de deux avocats, dont Jean-Louis Dupont rendu célèbre par l'arrêt Bosman, il conteste le règlement actuel en matière de joueurs belges et assimilés dans les noyaux de nos clubs professionnels et sur les feuilles de match. La Ligue Pro impose au moins huit Belges ou assimilés dans le noyau (dont deux de moins de 21 ans), et six par club sur la feuille de match en championnat.

L'action en justice de Daniel Striani est partie de situations vécues personnellement. " Depuis quelques années, nous sommes fort ennuyés ", explique-t-il. " Les dirigeants de clubs reviennent régulièrement avec le même discours, quand ils rencontrent un agent : Il nous faut du belge. Ils ne disent même pas : Il nous faut du bon belge. Non, simplement du belge, comme s'ils cherchaient à meubler, à mettre leur noyau aux normes. "

Même s'il y a peu de déclarations officielles des clubs sur la question, on comprend que cette réglementation ne leur convient pas. Pour Gand et Anderlecht, le manager Michel Louwagie et le président Marc Coucke se sont déjà exprimés contre cette mesure. " C'est un casse-tête pour la plupart des clubs ", poursuit Daniel Striani. " Et pour les agents, c'est ennuyeux parce que ça nous limite dans nos activités. J'ai demandé à l'un ou l'autre confrère de m'assister dans ma plainte mais je n'ai eu aucun retour. Ils ne veulent pas s'exposer, ils craignent les suites. Un homme qui s'attaque à un système dans le monde du foot, ça fait toujours un peu peur. Tu risques d'être vu comme le vilain petit canard, tu seras montré du doigt. "

Surtout, Daniel Striani veut que sa démarche soit bien comprise. Il insiste très fort sur un point : " Ma plainte n'est pas dirigée contre les centres de formation, elle n'est pas dirigée contre la formation tout court. Je sais évidemment qu'on va me reprocher de vouloir favoriser la venue de joueurs étrangers en Belgique, mais il faut savoir une chose : les bons jeunes Belges joueront toujours, quel que soit le règlement en matière de nombre d'étrangers autorisés. Je combats simplement un système beaucoup trop restrictif. Un système illogique, pénalisant, sorti de nulle part, qui n'a pas de légitimité. "

Est-on parti pour des années de procédure ? " Je ne pense pas. Le tribunal de commerce de Bruxelles a entendu les plaidoiries la semaine dernière. On attend de savoir s'il se déclare compétent ou pas, si la plainte est recevable. Si c'est le cas, une décision pourrait être rendue dans les semaines ou les mois à venir. "

Par Pierre Danvoye