"Huit coureurs environ nous séparaient, lui et moi", a expliqué mardi matin le coureur polonais Marek Rutkiewicz. "J'ai vu quand il a perdu le contrôle de son vélo. Tout de suite, il a chuté dans le fossé. Malheureusement, il y avait cette passerelle en béton. Il n'avait aucune chance d'y échapper, il est rentré droit dedans. Je l'ai vu replié sur lui, au fond du fossé. La nouvelle tragique nous attendait à l'arrivée". Le chef de l'équipe médicale de la course, Ryszard Wisniewski, a révélé mardi des détails sur les derniers instants de Lambrecht. "Juste après l'accident, on a pu communiquer un instant avec lui. Il répétait: +pas bien, pas bien, pas bien+. Nous ne nous attendions pas à de si graves blessures, mais le niveau du sucre dans le sang était étonnamment bas. Il a perdu conscience dans l'ambulance", a-t-il détaillé à l'agence polonaise PAP. "Quand un coureur tombe, il a un réflexe automatique de tendre les bras, pour amortir la chute. Tout indique que Lambrecht ne l'a pas fait. Le choc était très important. La rate arrachée, le foie écrasé. On avait assez de sang, mais cela n'a pas aidé. C'était un petit coureur maigre, sans protection sous forme de tissu adipeux." Hasard ou destin, les parents de Bjorg Lambrecht étaient présents lundi à Zabrze. "D'habitude, les parents des coureurs ne les suivent pas (dans leurs déplacements)", a encore précisé Czeslaw Lang, le directeur du Tour de Pologne. "Mais hier, les parents du coureur décédé étaient présents à la ligne de départ et l'attendaient à l'arrivée. Comme s'ils avaient eu un pressentiment." (Belga)