Il faut remonter au 14 février 2015 pour trouver trace d'une équipe complète formée d'étrangers. C'était le Mouscron de Fernando Da Cruz contre Ostende. Le phénomène s'est reproduit le 21 novembre et mercredi dernier: Paul Clement, l'entraîneur du Cercle, a aligné onze joueurs d'origine étrangère contre Waasland-Beveren et Mouscron. Côté hennuyer, un seul joueur, le capitaine Alessandro Ciranni, détenait une carte d'identité belge. Un constat: le Cercle est aux mains de l'AS Monaco, tandis que Mouscron est dirigé par la société d'investissements luxembourgeoise Jogo Bonito Group via Gérard Lopez (Lille OSC), propriétaire et actionnaire majoritaire. Est-ce lié?
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Il faut remonter au 14 février 2015 pour trouver trace d'une équipe complète formée d'étrangers. C'était le Mouscron de Fernando Da Cruz contre Ostende. Le phénomène s'est reproduit le 21 novembre et mercredi dernier: Paul Clement, l'entraîneur du Cercle, a aligné onze joueurs d'origine étrangère contre Waasland-Beveren et Mouscron. Côté hennuyer, un seul joueur, le capitaine Alessandro Ciranni, détenait une carte d'identité belge. Un constat: le Cercle est aux mains de l'AS Monaco, tandis que Mouscron est dirigé par la société d'investissements luxembourgeoise Jogo Bonito Group via Gérard Lopez (Lille OSC), propriétaire et actionnaire majoritaire. Est-ce lié? "Je veux voir plus de Belges sur le terrain", réagit le président du Cercle, Vincent Goemaere. "Je regrette qu'il n'y en ait pas eu un seul au début des matches contre Waasland-Beveren et Mouscron. Mais ils doivent faire leurs preuves. Le développement des talents est prioritaire et notre académie est donc très importante. Ceci dit, nos jeunes ne reçoivent globalement pas moins de chances." Quoi qu'il en soit, Robbe Decostere et Kylian Hazard ou encore Thibo Somers ont dû céder leur place à Giulian Biancone (vingt ans, prêté par l'AS Monaco) et Leonardo da Silva Lopes (22 ans, transféré de Hull City pour deux millions). Pour atteindre le nombre minimum de joueurs formés en Belgique sur la feuille de match, Merveille Goblet a remplacé le Brésilien Warleson sur le banc. D'autres Belges étaient assis à ses côtés: Charles Vanhoutte, Alexander Corryn, Somers, Decostere et le Kényan Johanna Omolo, qui possède un passeport belge. "Notre manager sélectionne toujours la meilleure équipe, sans tenir compte des nationalités", déclare Carlos Avina Ibarrola, le directeur technique mexicain du Cercle. "Les jeunes Belges ont du potentiel, ils affichent la bonne mentalité et progressent de semaine en semaine. Decostere a participé à douze matches sur quatorze, Vanhoutte à onze, Somers à dix. En moyenne, nous titularisons 2,5 Belges. Nous y prêtons attention, car c'est dans notre ADN. Mais le football s'est mondialisé. Le nombre d'étrangers augmente donc. Le marché local reste solide, mais les joueurs belges sont plus chers." Marc Brys, qui bénéficie à OHL du soutien sportif et financier de Leicester City, estime qu'augmenter le nombre de Belges sur la feuille de match serait une bonne idée. "Les joueurs belges se font rares, ce qui augmente leur prix. Notre football aurait intérêt à augmenter le contingent de Belges. Mais la réalité est ce qu'elle est: les noyaux plus internationaux sont une tendance générale. Cercle-Mouscron était un exemple extrême de cette mondialisation. La diversité augmente, tout simplement. Le scouting s'élargit. La Belgique reste un pays ouvert. L'Angleterre et les Pays-Bas sont plus restrictifs. Les étrangers qui arrivent chez nous considèrent la Belgique comme une vitrine. Ils peuvent être ensuite transférés avec du bénéfice dans une compétition européenne plus forte. La Jupiler Pro League reste un tremplin, un lieu de transit." Brys, qui a eu des problèmes avec les propriétaires étrangers de Mouscron et de Saint-Trond, ne ressent actuellement pas la moindre pression. "Il faut tirer une ligne et ne pas la transgresser", explique l'entraîneur de 58 ans. "Ma collaboration à Mouscron a coincé là-dessus. Le propriétaire, un Belge travaillant en Espagne, voulait m'obliger à aligner des Espagnols. Il s'y ajoutait un facteur économique, ces joueurs ayant une certaine valeur marchande. Un club de football moderne est une entreprise. Mais je suis surtout heureux de pouvoir faire progresser un Kamal Sowah ou un Toon Raemaekers."