Nos chances d'aller au Brésil, c'est 90% ou un peu plus ?

On ira, c'est sûr. Quand j'ai parlé des fameux 90% du travail que j'avais fait avant de quitter l'équipe nationale, on m'a mal compris et ça continue à me poursuivre. Je n'ai jamais voulu dire que j'avais fait 90% du boulot purement sportif sur la route du Brésil. Mon raisonnement, c'est que j'avais complètement modifié la structure, que j'avais modifié, professionnalisé le mode de fonctionnement des Diables. Je le maintiens. Avant mon arrivée, Dick Advocaat faisait ses réunions dans une petite cuisine à la Fédération et il n'y avait même pas de préparateur physique. Pendant mon mandat, on a construit une vraie cellule médicale en engageant notamment Lieven Maesschalk, on a développé une cellule de scouting, désigné un responsable de la communication, engagé un team manager, une personne pour la sécurité. Et j'ai amené quelques sponsors. Je trouve que ce n'est pas mal. Tout cela a contribué à mettre l'équipe dans de meilleures conditions et elle en profite toujours aujourd'hui. Je peux aussi citer ma décision de donner le brassard à Vincent Kompany, ce qui semblait inconcevable il y a trois ou quatre ans. Et nous avons fait revenir le public au stade. Je me souviens quand même d'une époque où les Diables n'attiraient pas 35.000 personnes au Heysel quand ils jouaient contre l'Azerbaïdjan ! On a dit beaucoup de choses sur le dos de Leekens, mais Leekens a été plus qu'un entraîneur.

Donnez-moi trois bonnes raisons pour lesquelles Marc Wilmots était the right man at the right place.

Avec moi, il n'était pas adjoint mais entraîneur, comme moi. Les gens oublient que je lui ai toujours fait confiance. Quand il est revenu chez les Diables après son retrait dans les années 90, c'était avec moi, j'en avais fait mon capitaine et mon finisseur. Si la fédé avait pris quelqu'un d'autre pour me remplacer, on ne serait pas reparti de zéro, mais quand même de très loin. Le planning, c'était qu'il me succède après le Brésil, c'est simplement venu un peu plus tôt. Wilmots a plein d'avantages : il est belge, il connaissait parfaitement le noyau, il est apprécié par le public.

Il y a un bon petit Eden Hazard qui est devenu indispensable à Chelsea et même chez les Diables. Vous en pensez quoi ?

Quand j'entraînais les Diables, il avait le talent et la personnalité, maintenant il a l'envergure en plus. A Lille, c'était un bon joueur. A Chelsea, il est devenu un grand joueur. Il a évolué. Il prend davantage ses responsabilités, il est devenu vraiment pro et il travaille. Dans certains matches, je le vois revenir jusqu'au back gauche. Et il est maintenant respecté par le groupe.

Après votre licenciement à Bruges en fin d'année passée, on a cité un dédommagement de 2,5 à 3 millions, la direction a dit qu'elle irait en justice et plaiderait des résultats insuffisants. Où en êtes-vous ?

On aime parler d'argent et dire n'importe quoi en Belgique. J'ai trouvé un accord avec Bart Verhaeghe, il n'y aura pas de procès. Mais quand on parle de résultats insuffisants... A la mi-octobre, le Club était en tête, toujours qualifié en Coupe de Belgique et en Europa League. Il n'y avait plus eu un début de saison pareil depuis longtemps. Mais ce n'était toujours pas suffisant. Même si j'avais été champion, on aurait dit que ce n'était pas assez. Robert Waseige avait eu des difficultés énormes quand il avait quitté l'équipe nationale pour le Standard en 2002. J'ai mieux compris après avoir délaissé les Diables pour Bruges. Ici, c'est très mal vu d'arrêter à ce poste. On ne vous le pardonne pas. J'ai eu tout le monde sur le dos. Il y a eu un tsunami, j'étais impuissant. Je vais vous faire une confidence... Quitter l'équipe nationale n'a pas été la meilleure décision que j'ai prise dans ma carrière !

Après les couacs chez les Diables et à Bruges, avez-vous encore un avenir comme entraîneur au plus haut niveau ?

Ça m'a fait du bien de prendre un peu mes distances avec le foot, mais aujourd'hui, ça recommence à fourmiller. Je vois mon avenir plutôt à l'étranger qu'en Belgique, et toujours dans une fonction d'entraîneur.

Par Pierre Danvoye

Nos chances d'aller au Brésil, c'est 90% ou un peu plus ?On ira, c'est sûr. Quand j'ai parlé des fameux 90% du travail que j'avais fait avant de quitter l'équipe nationale, on m'a mal compris et ça continue à me poursuivre. Je n'ai jamais voulu dire que j'avais fait 90% du boulot purement sportif sur la route du Brésil. Mon raisonnement, c'est que j'avais complètement modifié la structure, que j'avais modifié, professionnalisé le mode de fonctionnement des Diables. Je le maintiens. Avant mon arrivée, Dick Advocaat faisait ses réunions dans une petite cuisine à la Fédération et il n'y avait même pas de préparateur physique. Pendant mon mandat, on a construit une vraie cellule médicale en engageant notamment Lieven Maesschalk, on a développé une cellule de scouting, désigné un responsable de la communication, engagé un team manager, une personne pour la sécurité. Et j'ai amené quelques sponsors. Je trouve que ce n'est pas mal. Tout cela a contribué à mettre l'équipe dans de meilleures conditions et elle en profite toujours aujourd'hui. Je peux aussi citer ma décision de donner le brassard à Vincent Kompany, ce qui semblait inconcevable il y a trois ou quatre ans. Et nous avons fait revenir le public au stade. Je me souviens quand même d'une époque où les Diables n'attiraient pas 35.000 personnes au Heysel quand ils jouaient contre l'Azerbaïdjan ! On a dit beaucoup de choses sur le dos de Leekens, mais Leekens a été plus qu'un entraîneur.Donnez-moi trois bonnes raisons pour lesquelles Marc Wilmots était the right man at the right place.Avec moi, il n'était pas adjoint mais entraîneur, comme moi. Les gens oublient que je lui ai toujours fait confiance. Quand il est revenu chez les Diables après son retrait dans les années 90, c'était avec moi, j'en avais fait mon capitaine et mon finisseur. Si la fédé avait pris quelqu'un d'autre pour me remplacer, on ne serait pas reparti de zéro, mais quand même de très loin. Le planning, c'était qu'il me succède après le Brésil, c'est simplement venu un peu plus tôt. Wilmots a plein d'avantages : il est belge, il connaissait parfaitement le noyau, il est apprécié par le public.Il y a un bon petit Eden Hazard qui est devenu indispensable à Chelsea et même chez les Diables. Vous en pensez quoi ?Quand j'entraînais les Diables, il avait le talent et la personnalité, maintenant il a l'envergure en plus. A Lille, c'était un bon joueur. A Chelsea, il est devenu un grand joueur. Il a évolué. Il prend davantage ses responsabilités, il est devenu vraiment pro et il travaille. Dans certains matches, je le vois revenir jusqu'au back gauche. Et il est maintenant respecté par le groupe.Après votre licenciement à Bruges en fin d'année passée, on a cité un dédommagement de 2,5 à 3 millions, la direction a dit qu'elle irait en justice et plaiderait des résultats insuffisants. Où en êtes-vous ?On aime parler d'argent et dire n'importe quoi en Belgique. J'ai trouvé un accord avec Bart Verhaeghe, il n'y aura pas de procès. Mais quand on parle de résultats insuffisants... A la mi-octobre, le Club était en tête, toujours qualifié en Coupe de Belgique et en Europa League. Il n'y avait plus eu un début de saison pareil depuis longtemps. Mais ce n'était toujours pas suffisant. Même si j'avais été champion, on aurait dit que ce n'était pas assez. Robert Waseige avait eu des difficultés énormes quand il avait quitté l'équipe nationale pour le Standard en 2002. J'ai mieux compris après avoir délaissé les Diables pour Bruges. Ici, c'est très mal vu d'arrêter à ce poste. On ne vous le pardonne pas. J'ai eu tout le monde sur le dos. Il y a eu un tsunami, j'étais impuissant. Je vais vous faire une confidence... Quitter l'équipe nationale n'a pas été la meilleure décision que j'ai prise dans ma carrière !Après les couacs chez les Diables et à Bruges, avez-vous encore un avenir comme entraîneur au plus haut niveau ?Ça m'a fait du bien de prendre un peu mes distances avec le foot, mais aujourd'hui, ça recommence à fourmiller. Je vois mon avenir plutôt à l'étranger qu'en Belgique, et toujours dans une fonction d'entraîneur. Par Pierre Danvoye