Pas pour se chercher des circonstances atténuantes ni imputer la responsabilité de la situation actuelle à d'autres, mais en se regardant dans le miroir. En cette période propice à la réflexion, il est vraiment temps de penser à l'avenir du club, comme l'ont demandé des supporters dans une lettre ouverte très bien rédigée. Elle a dû faire mal à De Witte et Louwagie, car leur pouvoir est tel que nul ne les contredit en interne, sans même parler de les corriger. Ce n'est pas un problème quand tout va bien, mais en cas de malaise, ça suscite chaque fois les mêmes irritations. Elles n'ont jamais été aussi bien exprimées que dans cette lettre ouverte.
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Pas pour se chercher des circonstances atténuantes ni imputer la responsabilité de la situation actuelle à d'autres, mais en se regardant dans le miroir. En cette période propice à la réflexion, il est vraiment temps de penser à l'avenir du club, comme l'ont demandé des supporters dans une lettre ouverte très bien rédigée. Elle a dû faire mal à De Witte et Louwagie, car leur pouvoir est tel que nul ne les contredit en interne, sans même parler de les corriger. Ce n'est pas un problème quand tout va bien, mais en cas de malaise, ça suscite chaque fois les mêmes irritations. Elles n'ont jamais été aussi bien exprimées que dans cette lettre ouverte. Ivan De Witte et Michel Louwagie ont fait de l'excellent travail à La Gantoise. Ce sont des dirigeants chevronnés, qui connaissent leur job. Ils ont rebâti le club pierre par pierre, l'ont soudé, notamment en faisant ériger un nouveau stade. Il ne faut pas l'oublier. En 2015, quand les Buffalos ont remporté le titre avant de signer une superbe campagne en Ligue des Champions, Gand semblait être la nouvelle capitale belge du football. Le club pratiquait une remarquable culture d'ouverture à l'égard des médias. Le problème, c'est qu'Ivan De Witte et Michel Louwagie se sont tellement impliqués dans le club qu'ils ne le lâcheront jamais. Ils s'accrochent à leur pouvoir. C'est clair depuis plusieurs années. Ils n'ont jamais envisagé de préparer une quelconque relève en prévision de l'avenir. Les personnes engagées à certains postes ont senti qu'il était impossible de toucher à la hiérarchie et ont disparu. Dans le mode de fonctionnement actuel, De Witte et Louwagie décident de tout. C'est ce qui fait à la fois la force et la faiblesse de La Gantoise. D'un côté, cette ligne directe peut accélérer la prise de décision. De l'autre, elle constitue un obstacle à toute restructuration. Ces derniers mois, trop d'erreurs ont été commises pour qu'on passe l'éponge. Un gardien, Thomas Kaminski, écarté après un seul match, trois autres portiers qui ne donnent pas satisfaction, des erreurs de casting dans l'embauche des entraîneurs, en écoutant, en plus, les plaintes de joueurs qui ne se remettent pas en question. Gand nage en plein marasme. En début de championnat, Ivan De Witte a fait savoir que les Buffalos entendaient lutter avec le Club Bruges pour le titre. Actuellement, le club doit bien constater qu'aucun de ses treize transferts entrants ne satisfait et n'apporte de plus-value. Depuis le titre, Gand a réalisé 95 transferts entrants et 114 sortants. En travaillant généralement avec les deux mêmes agents, Mogi Bayat et Martin Henrotay. Deux personnes extérieures qui déterminent la gestion sportive du club. En période de crise, ce constat ressort lui aussi. L'embauche d' Hein Vanhaezebrouck est une intervention d'urgence, pour tenter de réparer les dégâts et rasséréner des supporters qui grondent. Car si les clubs redoutent bien une chose, c'est le mécontentement de leur public. Voir s'effriter tout le crédit obtenu au fil des années doit être très pénible pour Ivan De Witte et Michel Louwagie. Les orages essuyés dernièrement les ont certainement marqués. Mais en même temps, ces critiques doivent les inciter à réfléchir à l'avenir et à leur fonctionnement, sans céder à l'émotion. Même si Hein Vanhaezebrouck, paré de son statut divin, parvient à renflouer le navire échoué.