Les supporters du Standard ont beau dire que les matches contre Charleroi ne sont pas les matches de l'année pour eux, qu'ils ont mieux à faire, qu'ils se focalisent bien plus sur les chocs contre des adversaires qui ont un palmarès. Ils ont beau le dire mais ils n'arrivent pas à cacher que ces matches, ils tiennent absolument à les gagner, plus que beaucoup d'autres.

Emmenez-moi au Pays Noir, emmenez-moi au pays des bâtards, il me semble que la misère serait d'être supporter des Zèbres. On l'a encore entendu dimanche à Sclessin pendant le clash des bassins. Chaque adversaire des Rouches n'a quand même pas droit à sa chanson personnalisée. Un clash interrompu le temps d'évacuer quelques fumis, le temps aussi de calmer les esprits. La routine. On passe sur les tags laissés sur des façades proches du stade de Charleroi, le même jour. La rivalité est plus forte que certains voudraient le faire croire. Charleroi est un vrai ennemi, pas un adversaire anonyme.

Et donc, ce match qu'ils voulaient gagner, ils ne l'ont pas gagné. On a parfois eu l'impression que les joueurs liégeois étaient un peu paralysés par l'affiche. Comme ils l'avaient été dans leur match à Anderlecht, l'autre rendez-vous de début de saison dont il fallait impérativement sortir avec trois points, question de prestige. Mais pour le reste, ça vole. Le Standard a le mérite de dérouler contre les nains de notre championnat, il y a même eu quelques cartons en chemin. Très bien, c'est aussi là que se joue une qualification pour les play-offs.

Ce n'est qu'aujourd'hui, début octobre, que les choses sérieuses commencent pour la bande de Michel Preud'homme. Elle a eu, jusqu'ici, un seul adversaire vraiment sérieux. C'était Guimaraes, en Europa League, et ça s'est bien terminé, même si la victoire ne reflétait pas la physionomie du match. Maintenant, les très gros rendez-vous vont s'enchaîner à une cadence dingue. En l'espace d'un mois, il va y avoir, dans l'ordre chronologique, des chocs avec Arsenal, l'Antwerp, Genk, Francfort, Bruges et Gand. Difficile de faire plus corsé.

Si Arsenal et Francfort ne disputent pas la meilleure saison de leur histoire, leurs performances européennes récentes plaident pour eux. Et puis, ça reste des valeurs sûres de deux des meilleures compétitions du monde. S'ils veulent passer l'hiver, les Rouches sont condamnés à refaire un exploit contre Guimaraes, mais aussi - sans doute - à prendre l'un ou l'autre point contre les Anglais et / ou les Allemands.

Et puis, il y a le programme à venir en championnat. Hasards du calendrier et des états de forme, le Standard n'a pas encore affronté de grande pointure cette saison, sauf peut-être Mouscron. Pour le reste, ce sont surtout les équipes de la deuxième partie du classement qui se sont dressées sur sa route. Mais donc, tout ça va très vite changer. L'Antwerp, Bruges et Gand, c'est ce qui se fait de mieux en Belgique depuis l'été. On va voir ce que cette équipe joueuse a vraiment dans le ventre.

MPH a des possibilités infinies sur certaines portions du terrain. Sur les flancs notamment. Il peut se permettre de commencer le match contre Charleroi avec, par exemple, Anthony Limbombe et Aleksandar Boljevic sur le banc. Dans l'axe offensif aussi. Dans le même match, Selim Amallah, révélation du début de saison, n'a joué qu'un quart d'heure. Par contre, ça reste délicat tout devant. Cela ne se voit pas directement au nombre de buts marqués (meilleure attaque avec Bruges) parce qu'il y a eu quelques scores fleuves contre les petits. Mais il n'y a toujours pas un vrai 9 en forme.

Renaud Emond y a dépanné pour les premiers matches, avec un succès mitigé. Aujourd'hui, Felipe Avenatti est titulaire mais toujours pas fit à 100 %. Et Obbi Oulare continue son chemin de croix à l'infirmerie. Avoir un centre-avant percutant pourrait conditionner la suite des opérations contre les trois équipes qui ont, avec le Standard, les meilleures défenses de D1.