Il y a le chiffre le plus implacable. Celui qui a parfois sa part de hasard, mais qui est plus déterminant que tous les autres au décompte final. Ce chiffre-là raconte qu'au bout de dix rencontres de championnat, le Standard de Mbaye Leye avait 13 points au compteur. Dix matches plus tard, tous disputés sous les ordres de Luka Elsner, les Liégeois pointent à 23 unités. Le calcul est simple: sur le même laps de temps, le successeur du Sénégalais a pris trois points de moins que lui sur le banc de Sclessin.

La preuve d'un mauvais choix ou le diagnostic implacable d'un problème plus profond ? Le discours varie évidemment en fonction des perspectives. Du côté de l'ancien staff, on souligne la passe actuelle traversée par le Standard comme une preuve que le travail accompli depuis le début de l'année 2021 n'était pas si mauvais, et que le problème du club est plutôt à trouver de l'autre côté de la ligne de touche. Dans le camp des nouveaux venus, on s'étonne dans un premier temps de devoir reconstruire tactiquement et moralement un groupe fébrile, avant de se résoudre à réclamer du renfort à l'aube du mois de janvier.

Et les chiffres, que disent-ils ? Le Standard a-t-il évolué sur le terrain lors de ses dix dernières sorties ? Réponse en trois temps.

Le timide retour du danger

Si elle a marqué deux buts de plus en autant de sorties, la version Elsner du club des bords de Meuse le doit avant tout à un volume d'occasions créées plus important. Le nombre de tirs cadrés par match est ainsi passé de 3,3 à 4,5 avec le changement de coach. Une évolution partiellement due à l'augmentation du nombre de centres réussis par les Liégeois. Malgré la mise à l'écart d'Hugo Siquet, principal pourvoyeur rouche, la moyenne est aujourd'hui de 6,3 par rencontre, alors qu'elle était seulement à 4 lors des dix premières sorties de la saison.

Le Standard est donc devenu plus dangereux, passant de 1,2 à 1,55 expected goal créé par match. Une moyenne encore insuffisante pour être une menace constante pour les défenses adverses, mais signe d'une évolution, aussi légère soit elle.

Un ratio d'occasions enfin favorable

L'augmentation des situations offensives s'accompagne d'une baisse des occasions concédées aux adversaires. De 4,4 tirs cadrés par match sous Mbaye Leye, les Rouches ne laissent désormais plus que 4,1 opportunité cadrée par rencontre à leurs opposants. Le ratio tirs cadrés créés vs concédés passe ainsi de -1,1 à +0,4. Les expected goals suivent la même tendance : 1,86 concédé par match avec Leye, 1,49 avec Elsner. Le ratio devient donc lui aussi légèrement favorable : +0,06 xG par rencontre, là où il était de -0,66 lors des dix premières journées de la saison.

Finalement, il n'y a qu'au marquoir que la tendance ne suit pas la même inversion. En concédant toujours 1,7 but par match, même s'il marque plus (1,2 but par match contre 1 auparavant), le Standard version Elsner ne parvient pas à transformer les scénarios favorables en résultats positifs.

Un manque de chance ou de qualité ?

Malgré l'amélioration statistique, la réalité du terrain reste donc celle d'un Standard qui marque moins que prévu et encaisse plus qu'il ne devrait. En défense, le manque de qualité saute aux yeux, et les miracles d'Arnaud Bodart ne sont pas un barrage éternel. Dans la balance totale de la saison, le gardien des portes de l'Enfer est à l'équilibre selon les post-shot expected goals qui mesurent la qualité des tirs adverses. Avec -0,62 prevented goal ("but empêché"), il est dans la moyenne, loin d'un Jean Butez, qui domine le classement avec +6,29 et tire son Antwerp vers le haut, mais largement devant Maarten Vandevoordt et ses -5,27.

À l'autre bout du terrain, le constat est identique. João Klauss, titulaire presque incontestable en pointe, cumule neuf apparitions en championnat sous Elsner, dont cinq sans même avoir frappé au but. Le Brésilien s'est malgré tout créé, au total, 2,03 expected goal, mais sans parvenir à trouver le chemin des filets. Longtemps éloigné des terrains par une blessure, Selim Amallah n'a pas eu plus de réussite face au but adverse, toujours bloqué à zéro but sous les ordres de son nouveau coach et seulement pointé à 0,39 xG.

En dépeçant les chiffres, on constate que la qualité des frappes liégeoises est inférieure à celle des situations créées, avec 1,45 post-shot expected goal (qualité du tir) pour 1,55 expected goal (qualité de l'endroit de la frappe) par match. Et que le réalisme est encore plus bas que la qualité de finition, avec 1,2 but par rencontre. Avec ses 4,67 ballons joués dans la surface adverse par match, Klauss est pourtant dans le top 10 des joueurs les plus souvent alertés dans la zone de vérité en Pro League. Mais pour gagner des matches, il faut marquer des buts. L'adage est simpliste mais l'art est visiblement complexe du côté de Sclessin.

Il y a le chiffre le plus implacable. Celui qui a parfois sa part de hasard, mais qui est plus déterminant que tous les autres au décompte final. Ce chiffre-là raconte qu'au bout de dix rencontres de championnat, le Standard de Mbaye Leye avait 13 points au compteur. Dix matches plus tard, tous disputés sous les ordres de Luka Elsner, les Liégeois pointent à 23 unités. Le calcul est simple: sur le même laps de temps, le successeur du Sénégalais a pris trois points de moins que lui sur le banc de Sclessin.La preuve d'un mauvais choix ou le diagnostic implacable d'un problème plus profond ? Le discours varie évidemment en fonction des perspectives. Du côté de l'ancien staff, on souligne la passe actuelle traversée par le Standard comme une preuve que le travail accompli depuis le début de l'année 2021 n'était pas si mauvais, et que le problème du club est plutôt à trouver de l'autre côté de la ligne de touche. Dans le camp des nouveaux venus, on s'étonne dans un premier temps de devoir reconstruire tactiquement et moralement un groupe fébrile, avant de se résoudre à réclamer du renfort à l'aube du mois de janvier.Et les chiffres, que disent-ils ? Le Standard a-t-il évolué sur le terrain lors de ses dix dernières sorties ? Réponse en trois temps.Si elle a marqué deux buts de plus en autant de sorties, la version Elsner du club des bords de Meuse le doit avant tout à un volume d'occasions créées plus important. Le nombre de tirs cadrés par match est ainsi passé de 3,3 à 4,5 avec le changement de coach. Une évolution partiellement due à l'augmentation du nombre de centres réussis par les Liégeois. Malgré la mise à l'écart d'Hugo Siquet, principal pourvoyeur rouche, la moyenne est aujourd'hui de 6,3 par rencontre, alors qu'elle était seulement à 4 lors des dix premières sorties de la saison.Le Standard est donc devenu plus dangereux, passant de 1,2 à 1,55 expected goal créé par match. Une moyenne encore insuffisante pour être une menace constante pour les défenses adverses, mais signe d'une évolution, aussi légère soit elle.L'augmentation des situations offensives s'accompagne d'une baisse des occasions concédées aux adversaires. De 4,4 tirs cadrés par match sous Mbaye Leye, les Rouches ne laissent désormais plus que 4,1 opportunité cadrée par rencontre à leurs opposants. Le ratio tirs cadrés créés vs concédés passe ainsi de -1,1 à +0,4. Les expected goals suivent la même tendance : 1,86 concédé par match avec Leye, 1,49 avec Elsner. Le ratio devient donc lui aussi légèrement favorable : +0,06 xG par rencontre, là où il était de -0,66 lors des dix premières journées de la saison.Finalement, il n'y a qu'au marquoir que la tendance ne suit pas la même inversion. En concédant toujours 1,7 but par match, même s'il marque plus (1,2 but par match contre 1 auparavant), le Standard version Elsner ne parvient pas à transformer les scénarios favorables en résultats positifs.Malgré l'amélioration statistique, la réalité du terrain reste donc celle d'un Standard qui marque moins que prévu et encaisse plus qu'il ne devrait. En défense, le manque de qualité saute aux yeux, et les miracles d'Arnaud Bodart ne sont pas un barrage éternel. Dans la balance totale de la saison, le gardien des portes de l'Enfer est à l'équilibre selon les post-shot expected goals qui mesurent la qualité des tirs adverses. Avec -0,62 prevented goal ("but empêché"), il est dans la moyenne, loin d'un Jean Butez, qui domine le classement avec +6,29 et tire son Antwerp vers le haut, mais largement devant Maarten Vandevoordt et ses -5,27.À l'autre bout du terrain, le constat est identique. João Klauss, titulaire presque incontestable en pointe, cumule neuf apparitions en championnat sous Elsner, dont cinq sans même avoir frappé au but. Le Brésilien s'est malgré tout créé, au total, 2,03 expected goal, mais sans parvenir à trouver le chemin des filets. Longtemps éloigné des terrains par une blessure, Selim Amallah n'a pas eu plus de réussite face au but adverse, toujours bloqué à zéro but sous les ordres de son nouveau coach et seulement pointé à 0,39 xG. En dépeçant les chiffres, on constate que la qualité des frappes liégeoises est inférieure à celle des situations créées, avec 1,45 post-shot expected goal (qualité du tir) pour 1,55 expected goal (qualité de l'endroit de la frappe) par match. Et que le réalisme est encore plus bas que la qualité de finition, avec 1,2 but par rencontre. Avec ses 4,67 ballons joués dans la surface adverse par match, Klauss est pourtant dans le top 10 des joueurs les plus souvent alertés dans la zone de vérité en Pro League. Mais pour gagner des matches, il faut marquer des buts. L'adage est simpliste mais l'art est visiblement complexe du côté de Sclessin.