Il y a l'échappé, solitaire, parvenu depuis de longs kilomètres à semer une meute qui semble se complaire à admirer le paysage. Et puis ce peloton, dont on attend l'accélération. Le scénario de la Pro League ressemble à celui d'une étape de plaine du Tour de France, propice à une sieste digestive dans l'attente du sprint final. À une différence près, loin d'être négligeable. Au bout du chemin, l'échappé est le lièvre, le peloton la tortue, et il n'y a pas de facéties imaginées par Jean de la Fontaine pour ménager le suspense d'une course gagnée d'avance.
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Il y a l'échappé, solitaire, parvenu depuis de longs kilomètres à semer une meute qui semble se complaire à admirer le paysage. Et puis ce peloton, dont on attend l'accélération. Le scénario de la Pro League ressemble à celui d'une étape de plaine du Tour de France, propice à une sieste digestive dans l'attente du sprint final. À une différence près, loin d'être négligeable. Au bout du chemin, l'échappé est le lièvre, le peloton la tortue, et il n'y a pas de facéties imaginées par Jean de la Fontaine pour ménager le suspense d'une course gagnée d'avance. À l'aube de l'emballage final de la phase classique, le leader brugeois est ainsi la seule équipe à déjà connaître le numéro du siège qu'elle occupera au bout des trente-quatre journées. Et si Philippe Clement ne cesse de répéter - à raison - que le danger est de déjà se voir coiffés des lauriers, les dirigeants du Club peuvent ranger au frigo leur aversion de la division des points par deux et se préparer à en sortir le champagne pour célébrer leur troisième titre en quatre ans. Sans oublier, bien sûr, de préparer la suite de leur hégémonie. "Nous savons déjà qui partira l'été prochain", déclare d'ailleurs Bart Verhaeghe en janvier dernier, désireux de conserver un coup d'avance sur la concurrence, et d'une nouvelle fois prouver que gouverner, c'est prévoir. Si Ethan Horvath, en fin de bail, devrait occasionner du mouvement dans l'ombre de Simon Mignolet, les contrats des très courtisés Noa Lang (2024), Charles De Ketelaere (2023) et Odilon Kossounou (2024) placent le Club en position de force pour négocier à haut prix si certaines convoitises devenaient concrètes. Chez le patron du championnat, la colonne vertébrale formée par Mignolet, Brandon Mechele, Mats Rits, Ruud Vormer, Hans Vanaken et Bas Dost fait office de fondations, et les dorures peuvent potentiellement changer d'identité, même si la perspective d'une nouvelle participation à la Ligue des Champions et la grande stabilité sportive en Venise du Nord devraient freiner les rares velléités de départ parmi les titulaires. Seul le dossier du stade fait office d'inconnue potentielle, à moins que Philippe Clement, aux portes de son troisième titre consécutif, ne quitte le navire pour un nouveau défi à un an de la fin de son contrat. Premier poursuivant, revigoré par une place presque assurée dans le top 4 et une victoire en terres brugeoises le jour de l'anniversaire de Bart Verhaeghe, pour le plus grand plaisir de son meilleur ennemi Paul Gheysens, l'Antwerp garde le cap malgré une saison parsemée de quelques tempêtes. Grand artisan de la campagne européenne à succès, Ivan Leko a quitté le Bosuil et ses intrigues de couloirs pour le tapis rouge chinois. Son successeur, Frank Vercauteren, ne fait pas l'unanimité au sein d'un vestiaire qui lui reproche parfois des entraînements sans saveur et, surtout, le retour en grâce d'un Didier Lamkel Zé avec lequel la rupture est définitive pour une partie du groupe. Pourtant, Frankie n'a pas son pareil pour naviguer calmement en eaux troubles et les résultats de son Great Old, auteur d'un 23/33 en championnat sous ses ordres, ont permis de faire un break confortable sur la concurrence dans la course au top 4. La qualification attendue pour les play-offs sera l'occasion de faire le point pour un Lucien D'Onofrio qui a prolongé son séjour à Deurne, et ainsi recommencer une nouvelle fois son travail de construction d'un noyau qui sera encore décimé au début de l'été: Simen Juklerod a déjà signé à Genk, Felipe Avenatti (Standard), Ortwin De Wolf (Eupen) et Jordan Lukaku (Lazio) seront au bout de leur prêt, les contrats de Dieumerci Mbokani, d' Aurelio Buta et du Soulier d'Or Lior Refaelov arrivent à leur terme, et un joueur comme Koji Miyoshi ne peut pas se satisfaire de son temps de jeu actuel. Dans le Limbourg, l'autre équipe qui semble en bonne voie pour valider son billet pour le wagon de première classe tout en ayant une finale de Coupe dans le viseur vit des jours tranquilles, un petit mois après le tumulte provoqué par une mauvaise série qui avait semé le doute sur l'avenir de John van den Brom à la tête du groupe limbourgeois. Plus reconnu pour ses qualités de people manager que pour son expertise tactique, le Néerlandais a longtemps cherché la bonne formule, quand celle installée par Jess Thorup a atteint sa date de péremption. Si les ambitions de Genk seront clairement de retrouver un horizon européen en fin de saison, la montée en puissance des jeunes talents de l'équipe permet surtout de rêver à une prochaine saison assortie d'ambitions plus élevées, pour autant que tout ce beau monde accepte de passer une année supplémentaire sur le tremplin du Limbourg. La Côte n'est pas non plus réputée pour être une destination propice aux longs séjours. En début d'exercice, le nouveau patron d'Ostende Gauthier Ganaye qualifiait ainsi de réussite une saison qui se conclurait par un maintien tranquille et l'une ou l'autre plus-value sur un joueur débarqué à moindre coût à la Diaz Arena. Quelques mois plus tard, le discours n'était déjà plus le même. La méthode Alexander Blessin est passée par là, et les résultats inespérés ont conduit le club à miser sur la réussite sportive à moyen terme avant de penser à remplir le tiroir-caisse. Les Kustboys ont ainsi refusé une approche chiffrée à cinq millions d'euros pour Arthur Theate l'hiver dernier, convaincus que la suite de l'exercice leur permettrait d'en tirer une somme encore supérieure lors des prochains marchés. Dans les rues de la reine des plages, si le discours reste celui de l' underdog, ne pas se faufiler parmi les quatre premiers avec le calendrier abordable qui se profile aurait forcément des airs de déception. Au coeur du pays, ce qui serait une consécration pour Ostende est plutôt une obligation. La situation financière d'Anderlecht ne peut pas se satisfaire d'une troisième saison consécutive sans campagne européenne, sans même parler du statut du club qui en prendrait également un coup. En interne, malgré la déception de l'élimination en demi-finale de la Coupe et le calendrier délicat qui attend les Mauves, la confiance en les capacités de Vincent Kompany reste intacte. Son travail quotidien au club convainc qu'il est un futur grand coach en devenir, et les difficultés à retrouver les sommets sont plus expliquées par une concurrence de mieux en mieux armée que par le manque de qualités en interne. Une réalité qui ne devrait pas empêcher un mercato animé, lors duquel Peter Verbeke et ses équipes devront encore faire preuve d'ingéniosité si les divergences de vue du conseil d'administration n'aboutissent pas à une augmentation de capital conséquente. Bien garni de prêts, le noyau bruxellois devrait donc connaître quelques bouleversements l'été prochain, même si les prestations de Matt Miazga et de Lukas Nmecha font en sorte que les dirigeants espèrent prolonger leur expérience mauve, inévitablement liée à une participation européenne dans le chef de l'attaquant allemand. Pour se renforcer, le Sporting scrutera sans doute ses ailes, poste de prédilection d'un Peter Verbeke qui aime les profils de dribbleurs virevoltants, mais devra probablement une fois de plus composer avec une enveloppe limitée pour étoffer les choix potentiels de Vincent Kompany. Dans les parages de Saint-Guidon, pour expliquer une chute plus spectaculaire que celle de Bruges quelques années plus tôt, quand le tumulte d'une passation de pouvoir frappait le stade Jan Breydel, on aime évoquer ces investisseurs étrangers qui transforment des clubs du ventre mou en nouveaux riches. En attirant Siebe Schrijvers à Den Dreef l'hiver dernier, OHL s'est placé en symbole de cette catégorie, et le club possédé par les patrons de Leicester se prépare dans le plus grand des sérieux pour qu'un éventuel top 8 (voire top 4) cette saison ne soit pas un one shot. Conscients que leurs hommes forts seront très difficiles à retenir après cet exercice où ils tutoient les sommets des classements individuels, les Louvanistes ont déjà bien avancé sur les dossiers des remplaçants potentiels de Xavier Mercier, Thomas Henry et Kamal Sowah, qui sera probablement à nouveau prêté par Leicester, mais peut-être dans un championnat plus huppé pour poursuivre son évolution. Quel que soit le sort du triangle d'or de Den Dreef, le mercato sera agité dans un club qui ne comptera plus qu'une petite quinzaine de joueurs sous contrat quand le mois de juillet fera son apparition. Promu en même temps que Louvain, le Beerschot est également encore en lice pour une saison qui jouerait les prolongations. C'était pourtant loin d'être une évidence au moment où ont coïncidé la fin de la forme étincelante de Raphael Holzhauser, le départ pour les États-Unis d'un Hernán Losada qui sentait son mojo s'envoler et la vente à La Gantoise de Tarik Tissoudali. Nommé par les dirigeants qui savaient qu'il avait la confiance et l'oreille du vestiaire, Will Still a réorganisé l'équipe pour mettre un terme à l'hémorragie défensive, et a pris les points suffisants pour assurer le maintien, objectif initial du club à l'aube de la saison, avant de permettre à ses hommes de rêver vers le haut pour une fin d'exercice sans pression particulière. Recrue-phare du mercato hivernal, Zakaria Bakkali avait débarqué au Kiel avec une mentalité exemplaire, et directement étalé à l'entraînement ses énormes qualités techniques. Rassuré sur sa mentalité après un échange avec Vincent Kompany, Still comptait sur l'éphémère international belge pour faire des différences offensives, mais une blessure survenue quelques jours avant le derby contre l'Antwerp, lors duquel il serait sans doute monté au jeu, a forcé le staff à revoir ses ambitions offensives à la baisse. L'histoire de la saison du Essevee est presque l'exact opposé de celle des Rats. Avec seulement huit points au bout de onze matches, les dirigeants ont une nouvelle fois sorti la calculatrice pour voir ce que leur coûterait un licenciement de Francky Dury, mais le montant était trop élevé pour un club frappé par la crise sanitaire et financière, et donc en proie à d'importants ennuis de trésorerie qui l'avaient notamment contraint à laisser filer Saido Berahino à Charleroi. Au coeur de l'hiver, les nouveaux assistants Davy De fauw et Timmy Simons ont donc pris une importance croissante dans l'élaboration des séances et du collectif ouest-flandrien, qui a entamé une folle série l'emmenant aux portes des play-offs 1 avant deux défaites contre Bruges et Anderlecht qui ont sans doute définitivement rangé les rêves au placard. Le classement serré menace même la place dans les huit premiers, qui devra être conservée de haute lutte. L'avenir, par contre, peut s'envisager plus sereinement, depuis que l'actionnaire majoritaire Tony Beeuwsaert a renforcé son engagement suite à la récente augmentation de capital qui a rassemblé l'actionnariat autour d'un trio d'entrepreneurs flandriens. De quoi façonner un noyau qui ambitionne toujours le subtop du championnat, et se mettre à table avec certains cadres du groupe actuel, le meilleur buteur Gianni Bruno en tête. Au stade Arc-en-ciel, on espère également pouvoir compter plus largement sur des joueurs formés au club, encadrés par un groupe qui fait partie des plus expérimentés de l'élite. Auto-proclamés outsiders principaux du Club dans la course au titre, les Buffalos ont enchaîné les déconvenues. Quatre coaches, une campagne européenne désastreuse, une élimination surprenante par Eupen en quart de finale de la Coupe de Belgique, et une remontée moins spectaculaire qu'espérée en championnat. Même si le club a été lourdement touché par la pandémie, sans toujours en faire étalage dans les médias grâce à son noyau pléthorique, le verdict final de la saison conservera un goût amer. À l'image de Núrio Fortuna, attiré de Charleroi contre six millions d'euros, le club n'a pas regardé à la dépense l'été dernier pour rester compétitif malgré le départ de Jonathan David, mais les résultats au classement n'ont pas atteint les mêmes plafonds que les folies comptables. Histoire de revenir vers ses certitudes d'hier, le duo Louwagie- De Witte a donc (re)confié les clés du camion gantois à Hein Vanhaezebrouck, et laisse le coach choisir l'itinéraire vers le retour au sommet. Si une participation aux play-offs 2 pourrait toujours offrir un espoir européen aux pensionnaires de la Ghelamco Arena, le focus semble déjà axé sur la préparation de la prochaine saison, là où le club espère compter sur un retour en forme de Tarik Tissoudali (douleurs au genou récemment opéré), Vadis Odjidja et Giorgi Chakvetadze, tout en se mettant en quête d'un remplaçant pour un Roman Yaremchuk qu'on imagine mal passer une saison supplémentaire sur le sol belge. Depuis le début de l'année 2021, le rôle tant convoité de dauphin de l'ogre brugeois est campé par le Malinwa. Derrière les Casernes, surtout dans le chef du directeur sportif Tom Caluwé, on peut se féliciter d'avoir gardé son calme lors des résultats décevants du début de saison, et d'avoir maintenu Wouter Vrancken sur le banc. Désormais épaulé par un Fred Vanderbiest dont on dit qu'il aurait posé certains de ses accents sur le jeu du KaVé, le coach convoité la saison dernière par Genk n'a pas hésité à mettre sur le banc Issa Kaboré, acheté par Manchester City, mais laissé en prêt à Malines par les Citizens, ou Aster Vranckx, embarqué dans un deal similaire avec Wolfsburg. Doublés l'hiver dernier par le Standard dans le dossier de João Klauss, à cause d'un mode de fonctionnement du club qui manque de simplicité pour agir vite sur les dossiers brûlants, le Malinwa paie sans doute la facture de son manque d'efficacité offensive en voyant s'éloigner une lutte pour le top 4 dans laquelle il aurait pu jouer les trouble-fêtes. Marian Shved, l'un des hommes de ces dernières semaines, pourrait d'ailleurs prolonger son séjour anversois, pour autant que les remous s'éloignent de l'AFAS Stadion. Car hors du terrain, la pression des administrateurs est de plus en plus forte sur Dieter Penninckx, détenteur de 71% des parts du club, mais poussé vers la sortie suite à la faillite de sa société FNG Group. En tête du championnat officieux, aux allures déprimantes, d'un football wallon loin de ses grandes heures, Charleroi s'apprête à chausser les bottes de chantier. Pas seulement parce que la pelouse a été changée au début de la trêve internationale, ni en vue du nouveau stade carolo, mais parce que le vestiaire pourrait voir de nombreuses têtes disparaître dans les semaines à venir. Avec sept joueurs en prêt et cinq autres en fin de contrat, le groupe zébré sera amputé d'une petite moitié de ses membres d'ici trois mois, et l'été annonce une reconstruction que pourrait ne pas vivre Karim Belhocine. Car si Mehdi Bayat a pour principe de ne pas changer de coach en pleine saison, et que céder à l'incertitude du choc psychologique n'aurait sans doute pas changé grand-chose, ce n'est pas en vue d'une éventuelle participation aux play-offs 2 que le patron des Zèbres a bâti un noyau plus clinquant qu'à l'accoutumée lors des derniers mercatos. Dans le Pays Noir, on entend que la fin prochaine de la collaboration avec Belhocine serait devenue un secret de Polichinelle. Si c'est le cas, les travaux pour trouver son successeur ne devraient pas démarrer trop tard après le coup de sifflet final de la saison, étant donné que Mehdi Bayat sera rapidement accaparé par ses obligations de président fédéral. Du mouvement sur le banc n'est pas à exclure chez le meilleur ennemi rouche, où Mbaye Leye a certes envoyé le Standard en finale de la Coupe de Belgique, mais n'est malgré tout pas parvenu à redresser durablement la barre de la saison la plus mauvaise sur le plan comptable de l'ère play-offs à Sclessin. Le coach sénégalais pose néanmoins un diagnostic que rejoint sa direction, au sujet du manque de leaders au sein d'un vestiaire liégeois qui a toujours tourné à plein régime quand il était dirigé par des fortes têtes. Annoncée dans les comptes publiés par le Standard au bout de l'automne dernier, la vente de Zinho Vanheusden pourrait soulager la trésorerie liégeoise, et d'autres joueurs pourraient également quitter les bords de Meuse. Au sommet de cette liste, on retrouve toujours Samuel Bastien ou Selim Amallah, dont la cote n'a pas évolué de la même manière au cours des derniers mois. Également sondés par (ou proposés à) plusieurs clubs lors des derniers mercatos, Kostas Laifis ou Gojko Cimirot pourraient choisir d'ouvrir une nouvelle page de leur carrière, dans un club où si tout le monde n'est pas à vendre, rares sont ceux qui sont invendables. Les jeunes lancés cette saison, encadrés par de nouveaux leaders, devraient être les têtes d'affiche du Standard de demain, déjà assuré de pouvoir compter sur sa bonne pioche João Klauss, prêté pour dix-huit mois. Tout cela à condition que la situation en coulisses ne soit pas une nouvelle fois bouleversée dans les semaines à venir, ce qui n'est jamais vraiment une certitude en bords de Meuse. Ouvert à de nouveaux investisseurs tout en souhaitant garder le pouvoir décisionnel, le président Bruno Venanzi doit effectivement faire face à des divergences de vue en interne qui pourraient l'amener à prendre de franches décisions au bout d'une saison dont la finale de la Coupe reste le dernier véritable enjeu. Troisième larron du sud du pays, étonnamment proche des deux premiers au classement tout en étant bien loin de ses ambitions initiales, Eupen est déjà assuré de son maintien, mais restera sur un goût de trop peu s'il ne se faufile pas dans le top huit. On ne transfère pas Adriano, Stef Peeters et Benoît Poulain pour lutter pour le maintien, et la demi-finale de Coupe perdue contre le voisin liégeois n'est qu'une maigre consolation, tout comme le record de points des Pandas en D1. Si l'avenir de Beñat San José n'est pas encore scellé, ce n'est pas seulement à cause des résultats, car la collaboration entre le coach basque et le directeur sportif Jordi Condom est excellente et le jeu a souvent été à la hauteur. Par contre, L'Avenir révélait voici plusieurs semaines qu'à quelques mois de leur Mondial, les dirigeants qataris envisageraient l'idée de placer une bonne partie de leur sélection dans les Cantons de l'Est, et d'éventuellement placer à la tête des Germanophones un autre Espagnol, le Catalan Félix Sanchez (sélectionneur du Qatar). Toujours floue, la situation devrait être éclaircie lors du voyage programmé en Belgique d' Ivan Bravo, le directeur général de l'Aspire Academy - également directeur technique de la fédération qatarie - au Kehrweg. Première des équipes encore concernée par la lutte pour le maintien, Courtrai vit des mois agités depuis que le Nieuwsblad a révélé, en janvier, que le club avait déjà décidé de mettre un terme à sa collaboration avec Yves Vanderhaeghe au bout de la saison, et de le remplacer par Luka Elsner. Arrivé plus tôt que prévu suite aux mauvais résultats qui ont suivi cette annonce, le Franco-Slovène a découvert un groupe privé de son leader et buteur Pelé Mboyo, ainsi que du très régulier Hannes Van der Bruggen. Les transferts tardifs, avec un apport significatif pour l'excellent Ante Palaversa ou le géant Zinho Gano, n'ont pas aidé à trouver la régularité dans une saison très particulière, et semblent rejoindre le pronostic effectué par un agent bien introduit au stade des Éperons d'or, qui confiait courant janvier que "Courtrai ne gagnera plus trois matches cette saison." Malgré un coup d'éclat sur la pelouse d'Anderlecht, les Kerels n'ont même pas l'opportunité de voir les semaines à venir comme une préparation anticipée pour la saison prochaine, le spectre de la dix-septième place n'étant pas encore définitivement écarté. À Saint-Trond, l'effet initial de l'arrivée de Peter Maes s'est quelque peu essoufflé, mais le vestiaire reste confiant quant à l'issue de la saison, tout en réalisant que les deux prochaines sorties seront décisives pour s'assurer un maintien au sein de l'élite. Une fois rassuré - car il le serait actuellement moins que ses joueurs - le management du club pourra se pencher sur la refonte du noyau, qu'on annonce dans la lignée des mouvements du mois de janvier dernier quand les Canaris ont attiré Mboyo et Christian Brüls, des joueurs d'expérience qui connaissent le championnat. Alors qu'ils étaient initialement partisans d'un projet se concentrant essentiellement sur de jeunes joueurs, venus du Japon ou d'ailleurs comme l'Argentin Facundo Colidio, les dirigeants trudonnaires misent désormais sur l'élan et les connaissances de Peter Maes pour construire une équipe plus adaptée et rodée aux réalités de la Pro League, et ainsi s'éviter les frayeurs de la lutte pour le maintien. Mis à part lors de la saison 2019-2020, grâce à l'excellent départ pris sous les ordres de Bernd Hollerbach, se battre pour sa survie en D1A est devenu le refrain du club de Mouscron. Encore empêtrés dans des ennuis financiers, avec notamment des salaires payés en retard, les Hurlus vont devoir se trouver une nouvelle raison d'être au vu du retrait annoncé du LOSC, qui a honoré ses engagements pour cette saison, mais n'a plus aucun lien avec Gérard Lopez, actuel propriétaire du club hennuyer via l'une de ses innombrables sociétés. Plus que sur le terrain, où le maintien est loin d'être utopique grâce notamment au succès récent contre le Standard, les Mouscronnois vont devoir se battre en coulisses pour obtenir leur licence, avant d'à nouveau reconstruire une équipe entière sans énormes moyens financiers en cas d'issue positive. À moins que le sixième propriétaire en sept ans, si Gérard Lopez se retire, ne débarque avec des ambitions enfin stables dans la rue du stade. Si la stabilité de l'identité du propriétaire est bien présente au Cercle, celle du noyau n'est pas moins proche du funambulisme qu'à Mouscron. La nomination d'Yves Vanderhaeghe, épaulé par Thomas Buffel, a permis aux Vert et Noir de redresser la barre, mais n'est actuellement pas suffisante pour éviter une confrontation directe face au dauphin de l'Union en D1B. Souvent battus d'un but, rarement balayés par leurs concurrents, les très jeunes joueurs du Cercle ont désormais trois matches pour sauver leur peau et sortir de ce siège inconfortable d'avant-dernier. Arrivé au coeur de l'automne, le directeur technique mexicain Carlos Aviña espère profiter d'un dénouement heureux pour se rendre le plus tôt possible à Monaco en compagnie du staff technique, afin de dessiner au mieux les contours du noyau de la saison prochaine. Strahinja Pavlovic, débarqué cet hiver, est l'exemple à suivre: un jeune talent adapté aux exigences de l'élite belge, et capable d'apporter une plus-value à ses couleurs tout en poursuivant sa progression personnelle. Dernier élève de la classe nationale, comme la saison dernière au moment de l'arrêt de la compétition, Waasland-Beveren lutte une fois de plus pour sa survie. Avec cinq points de plus que l'an dernier, et quelques joueurs offensifs intéressants mis en lumière, le club waeslandien s'est amélioré, mais semble tout de même mûr pour la culbute en D1B, malgré les vingt-deux nouveaux joueurs présentés cette saison dans le Pays de Waes. En maintenant sa confiance en Nicky Hayen jusqu'au bout, le club a par contre opté pour la stabilité sur le banc, sans pour autant l'atteindre à tous les niveaux puisqu'un CEO français s'est installé, et a déjà vu passer deux directeurs sportifs (un Espagnol et un Allemand) intronisés par ses patrons américains. Le melting-pot a ses limites, et le club semble avoir atteint les siennes, même si une victoire dans le match d'alignement contre Saint-Trond rebattrait une dernière fois les cartes. Si le scénario le plus heureux n'a pas lieu, le plan B passera par un audit en profondeur du mode de fonctionnement du club et par l'ambition d'investisseurs qui devraient rester à bord pour quitter rapidement une D1B dont les puissants (Union, Beerschot, OHL et Malines) sont tous sortis par le haut ces dernières saisons, diminuant sensiblement le niveau de l'antichambre. Reculer pour mieux sauter sera le nouveau dicton du club. Dans toutes les langues.