Peu de clubs baignent dans une nostalgie aussi profonde que Malines, même en cette période chargée en émotions contradictoires, entre la joie de participer aux demi-finales de la coupe et de viser la remontée et la peur d'un avenir incertain, suite au scandale.

Malines idéalise les succès obtenus à la fin des années '80, quand il a remporté la Coupe des Vainqueurs de Coupes en 1988 et le titre en 1989.

Lei Clijsters © BELGAIMAGE

Lei Clijsters a été un des piliers de ces succès. Un libéro en granit, qui anticipait et interceptait à bon escient, un leader tout en puissance et en souplesse qui régnait sur sa défense. Ancien médian, il participait à l'attaque, par ses longs ballons.

Lei Clijsters était un homme particulier. Un jour, dans une interview, il avait fustigé le sens du confort qui avait envahi le noyau malinois, avec des joueurs qui ne mouillaient plus leur maillot pour une prime. Il avait aussi évoqué la rupture avec Aad de Mos, qui avait changé tant de choses. La direction n'avait que modérément apprécié de tels propos.

Le président John Cordier avait convoqué Clijsters, pour savoir s'il avait bien dit tout ça. Absolument, avait rétorqué Clijsters, ajoutant qu'il pensait chaque mot. C'était bien lui. Il disait toujours ce qu'il pensait, sans mettre de gants. Cette fois-là, il avait été écarté du noyau A et privé de son brassard de capitaine, ce qui l'avait profondément blessé.

Lei Clijsters n'était pas toujours bien compris. Quand il a commencé à s'occuper de sa fille Kim, il a pris ses distances par rapport à la presse, il s'est fait grognon, bougon, mais c'était un mécanisme de défense car cette façade dissimulait un homme chaleureux, sociable, qui s'intéressait aux moins favorisés, sans ressentir le besoin d'en parler.

Clijsters était équilibré, même si nous l'avons découvert sous un autre jour, durant une interview, en 1982. Il parlait de sa vie et nous avait raconté qu'on avait découvert une tumeur cancéreuse dans son cerveau. Un médecin lui avait même dit qu'il n'assisterait sans doute pas à la naissance de son deuxième enfant. Ce souvenir l'avait fait pleurer.

Lei Clijsters a toujours puisé sa force dans la chaleur de sa vie familiale. Même en janvier 2008, quand on a diagnostiqué un nouveau cancer. Dès ce moment, il n'a plus vécu que pour sa famille. Jusqu'à ce qu'il perde ce dernier combat.