Les datas, voilà ce qui intéresse Roberto Martínez. Des datas sur la récupération, sur l'adversaire, la condition physique de son noyau de 26 hommes. Ces derniers mois, le Catalan n'a rien laissé au hasard. Les adversaires des Diables et toutes les équipes participant au tournoi ont été scannés. Les analystes sont remontés jusqu'à dix matches en arrière, afin de décortiquer leurs mouvements: relevaient-ils du hasard, de l'inspiration du moment ou étaient-ils le fruit d'un travail à l'entraînement. Des scouts ont également assisté aux rencontres, couchant toutes leurs observations sur papier. Ils ont ainsi visionné les derniers matches de préparation, parfois disputés en mars, et ils suivent actuellement le tournoi avec attention. Avant l'EURO, ils ont assisté au moins à trois matches en direct. Les datas analystes étudient tous ces rapports et les comparent à leurs constats. Leur mission? Rechercher des schémas identiques dans le passé, afin de déterminer si une équipe entame la compétition avec des nouveautés, sur phase arrêtée, par exemple.
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Les datas, voilà ce qui intéresse Roberto Martínez. Des datas sur la récupération, sur l'adversaire, la condition physique de son noyau de 26 hommes. Ces derniers mois, le Catalan n'a rien laissé au hasard. Les adversaires des Diables et toutes les équipes participant au tournoi ont été scannés. Les analystes sont remontés jusqu'à dix matches en arrière, afin de décortiquer leurs mouvements: relevaient-ils du hasard, de l'inspiration du moment ou étaient-ils le fruit d'un travail à l'entraînement. Des scouts ont également assisté aux rencontres, couchant toutes leurs observations sur papier. Ils ont ainsi visionné les derniers matches de préparation, parfois disputés en mars, et ils suivent actuellement le tournoi avec attention. Avant l'EURO, ils ont assisté au moins à trois matches en direct. Les datas analystes étudient tous ces rapports et les comparent à leurs constats. Leur mission? Rechercher des schémas identiques dans le passé, afin de déterminer si une équipe entame la compétition avec des nouveautés, sur phase arrêtée, par exemple. Les données prennent en compte le fait que Thomas Vermaelen et Nacer Chadli sont sélectionnés et pas Alexis Saelemaekers ou Yari Verschaeren, pour ne citer qu'eux. Ça dépend du style du joueur. Par exemple, Chadli est beaucoup plus polyvalent que le joueur de Milan. Les qualités intrinsèques entrent aussi en ligne de compte. Par rapport au Mondial d'il y a trois ans, Vincent Kompany et Marouane Fellaini ne sont plus présents. Deux joueurs qui étaient bons de la tête, tant défensivement qu'offensivement. Le sélectionneur tient compte de ces qualités pour les remplacer. C'est pour ça qu'il voulait à tout prix Vermaelen, malgré son âge et ses nombreuses blessures. Car il sait que même s'il n'est pas très grand, Vermaelen est capable de maîtriser son adversaire direct dans les duels aériens. Comme Chadli. C'est ce genre de détails qui fait la différence entre une victoire et une défaite. Le match Suisse-pays de Galles (1-1) en est la preuve: les deux buts ont été marqués à partir de phases arrêtées. C'est sur base de ces datas que Dedryck Boyata a été préféré à Denayer et Vermaelen au coeur de la défense. Le joueur du Hertha connaît un parcours étrange en équipe nationale. Il a joué une première fois en octobre 2010 - le fameux 4-4 contre l'Autriche! - à l'arrière droit. Ensuite, il a longtemps patienté, sa situation étant compliquée en club: il était trop inexpérimenté pour jouer à Manchester City, puis a éclaté au Celtic. Durant l'été 2016, Marc Wilmots a pensé à lui, mais une blessure aux ischio-jambiers l'a privé de sélection. Martínez l'a convoqué pendant la préparation du Mondial russe, quand Kompany et Vermaelen trimaient pour retrouver leur condition. Il a bien tenu son poste, flanqué de Toby Alderweireld et de Jan Vertonghen. Puis, il a quitté le Celtic pour Berlin et s'est montré redoutable à deux reprises contre la Russie, avant l'EURO. À l'époque, tout allait bien dans ses clubs, ce qui n'est plus le cas dernièrement. Ainsi, le capitaine du Hertha a été écarté du terrain pendant des semaines suite à une fracture de stress. Ça n'a pas empêché Martínez de le reprendre pour le camp de mars. Le sélectionneur en a profité pour procéder à un bilan de santé. Boyata a tout mis en oeuvre pour revenir. Moyen contre la Grèce, il s'est tenu à l'écart des duels et n'a pas semblé en pleine forme. Samedi, on n'en a plus rien remarqué: on l'a retrouvé solide, attentif, rapide, fiable. Et surtout, très calme, comme il y a trois ans lors de ses débuts au Mondial. "Les gens me font souvent cette remarque. Je dégage une grande sérénité", a-t-il déclaré à l'hôtel durant une interview avec notre magazine. Mais il a reconnu que les apparences étaient trompeuses. "Il y a toujours une certaine nervosité, surtout en début de match, mais ça passe. On monte sur le terrain, on regarde autour de soi et la tension diminue." Comme samedi. Il a ressenti du stress, surtout après ce qui est arrivé à Christian Eriksen à Copenhague, comme il l'a raconté dimanche soir à Tubize. En 2012, Boyata jouait à Bolton quand son coéquipier Fabrice Muamba s'est effondré. Arrêt cardiaque. Eriksen a été ramené à la vie après quelques minutes, mais le coeur de Muamba s'est arrêté pendant 78 (! ) longues minutes. Boyata: "Les images de l'époque me sont revenues en mémoire." À Saint-Pétersbourg, la défense a répondu présent en Russie. Défensivement, mais aussi sur le plan offensif. Ce qui a bien fonctionné dans les matches de préparation a amené le but de Thomas Meunier. Les Belges construisent le jeu de l'arrière, comme tout le monde, sauf peut-être les Russes... Vertonghen procède souvent en triangles, en passant par Yannick Carrasco et Thorgan Hazard, non loin. Si la construction se déroule par la droite, Toby Alderweireld use de longs ballons quand c'est possible. Vers le coin gauche de Carrasco ou d'Hazard, selon le cas. Sur le deuxième but des Belges, une passe transversale a amené l'action. Le gardien n'a pu la parer et le ballon est arrivé dans les pieds de Meunier, qui a marqué. Un thème agitait les Pays-Bas à l'aube de leur EURO: leur équipe nationale devait-elle jouer en 5-3-2 ( Frank De Boer parle plutôt de 3-5-2, ça paraît moins défensif) ou en 4-3-3? Mercredi, Thomas Vermaelen nous avait dit que ça n'avait aucune importance. "Défendre à trois, à quatre, à cinq, peu importe. En match, il faut se montrer flexible." De la flexibilité, il en faut à tout moment à ce niveau! La Belgique s'est montrée très souple contre la Croatie, dans son dernier match de préparation: quand le back adverse montait, Chadli le suivait et les Diables défendaient à cinq. Si le back restait plus bas, les Belges assuraient la défense à quatre. Un constat s'impose: ils sont rodés. Au Mondial aussi, les Diables avaient varié leur tactique. Ils avaient opté pour quatre défenseurs contre le Brésil et la France, a rappelé Vertonghen jeudi, en prônant également une grande souplesse. Il faut dire que la Russie a appliqué une tactique idéale pour la Belgique. Deux lignes de quatre assez distantes, un avant-centre et un homme non loin de lui. Une sorte de 4-4-2. Cette tactique a permis à Vertonghen de former ses triangles en toute tranquillité, puisqu'il disposait toujours d'une supériorité numérique. Ça a permis aux feu follets que sont Carrasco et Dries Mertens, puis plus tard Meunier, qui a souvent attaqué, et Dendoncker, une fois, de trouver des espaces entre les deux lignes. L'un a marqué sur un ballon repoussé et servi Lukaku sur le but numéro trois, le deuxième a loupé son tir. Seul l'axe était plus peuplé, ce qui explique peut-être pourquoi le duo Tielemans-Dendoncker a été moins à l'aise avec le ballon. Youri a connu pas mal de problèmes dans les transitions. Mais les Belges n'ont rien concédé sur le plan défensif. Les Russes n'avaient d'ailleurs qu'un seul plan: forcer quelque chose via Artem Dzyuba. Pas de vitesse sur les flancs pour faire mal à Timothy Castagne ou à Meunier ou pour tester la mobilité de Vertonghen. "La force de notre équipe réside dans ses qualités offensives", déclarait Vertonghen jeudi. C'est exact, avec une moyenne de quatre buts avant l'EURO et trois contre la Russie. Mais celle-ci a offert deux cadeaux à la Belgique et un ultime but peu avant la fin de la rencontre. L'équipe est solide sur le plan défensif. Depuis sa défaite malheureuse 5-2 en Suisse en Ligue des Nations, le 18 novembre 2018, deux équipes seulement ont réussi à marquer deux buts contre la Belgique: l'Angleterre et le... Danemark. Les autres ont tout au plus marqué un but, en 24 matches. Les Diables ont préservé leurs filets dans la moitié des matches. Mais ce premier match n'a pas été parfait pour autant: deux défenseurs sont sorties blessés. L'état de Jan Vertonghen n'est pas très inquiétant, mais l'EURO de Castagne s'est achevé prématurément. "Il a besoin de quatre semaines", a déclaré Martínez dimanche soir, à son retour. Ça peut poser problème. Thomas Meunier, qui va normalement conquérir sa cinquantième cap durant le tournoi et occupe brillamment le poste à droite, n'a plus de doublure. Il y a trois ans, ça avait été un problème en demi-finale. Chadli avait dû abandonner le flanc gauche, ce qui avait enrayé le jeu offensif de l'équipe. Si Meunier a perdu sa place, c'est à cause de la progression de Castagne, mais aussi de sa saison problématique, qui, dixit Martínez, "lui a laissé beaucoup de temps pour réfléchir". Meunier est brillamment entré au jeu et généralement, il progresse au fil d'un tournoi. Il l'a prouvé en Russie, alors qu'il avait vécu une saison complexe au PSG. Sa fraîcheur physique était alors un atout. Ça peut à nouveau l'être, puisqu'il a joué cent minutes de moins à Dortmund qu'il y a trois ans à Paris. Boyata va-t-il rester dans l'équipe contre le Danemark? "Je peux affronter des adversaires de style différent", a-t-il déclaré samedi soir, plein d'assurance. Si le sélectionneur conserve la ligne adoptée dans le passé et en Ligue des Nations, on devrait voir Jason Denayer deux fois de suite. Le Bruxellois avait formé l'axe de la défense contre le Danemark (0-2 et 4-2). Denayer avait même inscrit un but en Scandinavie, après neuf minutes, sur une passe de Mertens. Mais est-ce aussi simple? Et l'histoire se répète-elle aussi souvent? Rendez-vous demain, à 18 heures.