"Le potentiel de l'Union est énorme"

14/12/18 à 16:17 - Mise à jour à 16:26

Mercredi prochain, l'Union Saint-Gilloise reçoit Genk en quarts de finale de la coupe. C'est un match spécial pour le CEO limbourgeois des Bruxellois, Philippe Bormans (31 ans).

"Le potentiel de l'Union est énorme"

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Quel a été le plus grand changement pour toi, quand tu es passé de Saint-Trond à l'Union?

L'environnement. Je suis passé d'une paisible petite ville de 40.000 habitants où tout le monde se connaît et dont le STVV est le symbole à une grande ville, de format mondial, avec ses files quotidiennes et à un club de football qui doit encore trouver sa place, des habitants qui se sont installés ici ces deux dernières années quand le club se produisait au Heysel et qui sont choqués par l'impact du club sur le voisinage. Pourtant, l'Union et Saint-Trond sont deux clubs populaires et familiaux.

Qu'est-ce qui t'a le plus surpris et quels sont les principaux chantiers de l'Union?

Je suis agréablement surpris par la chaleur du club et l'amour que lui portent les gens. À domicile, on y retrouve encore une véritable ambiance de football, que je ne décelais plus en D1A. Même en cas de défaite, les supporters continuent à chanter et à faire la fête.

Il faut améliorer la structure en dehors du terrain et le confort du stade. Ce qui était évident depuis quelques années à Saint-Trond doit encore faire son chemin ici. C'est pour ça qu'on m'a embauché. C'est un défi, pas un pas en arrière. Je ne manque ni de travail ni de défis. Le potentiel est énorme, dans une si grande ville. Nous avons beaucoup de supporters dormants. Ils suivent le club mais n'y viennent pas toujours.

C'est un challenge : comment apporter plus de confort et de vécu dans un stade niché au coeur d'un parc, dont une partie est classée? Il faut préserver l'âme du club tout en le coulant dans des habits modernes. Nos infrastructures sont dépassées mais Bruxelles nous offre beaucoup de possibilités.

Comment remplir ce stade, dont les nouvelles tribunes semblent désespérément vides?

Nous comptons remplir le stade contre Genk, soit 8.000 personnes. Nous avons accueilli 3.500 personnes contre Knokke. La semaine prochaine, nos tribunes seront à nouveau remplies. Il nous a fallu du temps pour régler quelques formalités et quand l'offre est suffisante, les gens préfèrent une place debout dans la longue tribune du dessus à une place assise non couverte derrière le but. Dans un parc, on ne peut pas les couvrir. Genk sera un baromètre. Sa venue va nous permettre de juger de la qualité de notre organisation lors d'un grand match.

Seras-tu toujours en vie quand l'Union rejouera en D1A ou est-elle condamnée à rester un club sympathique de l'ombre?

J'espère vivre ça et je pense que j'y arriverai. Nous avons concocté un plan pluriannuel pour remonter, pas un plan qui s'étale sur des décennies. Nous ne sommes pas sous pression mais nos projets sont très clairs. Nous ne satisfaisons pas suffisamment à certains critères pour la D1A, actuellement. Je pense aux jeunes et au travail communautaire. Ainsi qu'au confort du stade. Si nous devions monter cette année, nous aurions énormément de travail à tous points de vue. L'année prochaine, nous espérons que la structure soit prête, même si elle n'est pas encore visible pour tout le monde. Tous ceux qui se sont attelés à ce projet savaient que la route serait difficile mais les personnes qui ont repris le club ont déjà prouvé dans le championnat le plus difficile, la Premier League, qu'elles pouvaient faire progresser un club. Ici aussi, nous disposons de moyens suffisants pour y parvenir mais il ne suffit pas de former une bonne équipe sur le terrain. Il en faut également une en dehors. C'est à moi de former ce cadre professionnel.

L'autre club bleu et jaune que tu as quitté l'année passée, Saint-Trond, te surprend-il cette saison?

Oui et non. J'ai contribué aux transferts de beaucoup de joueurs qui sont très bons maintenant. L'année passée, nous avons raté de peu les PO1. Le nouveau staff technique est excellent, surtout avec les joueurs qui étaient déjà présents l'année passée et sont épaulés par deux ou trois nouveaux. Le club a pourtant enrôlé treize joueurs, un record. Je les vois bien volontiers en PO1 et en finale de la coupe. Contre nous, par exemple.

Par Geert Foutré

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