Les premiers pas sont déjà une propulsion hors des starting-blocks. Pas vraiment une surprise, tant Junya Ito a pris l'habitude d'aller plus vite que les autres. Quand il débarque dans le Limbourg, au coeur d'un hiver passé au sommet du classement par le Racing, personne ne se doute encore que le Japonais sera la clé qui permettra d'ouvrir la porte du titre lors de ces play-offs désertés par Alejandro Pozuelo, maestro parti poursuivre sa route de l'autre côté de l'Atlantique.
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Les premiers pas sont déjà une propulsion hors des starting-blocks. Pas vraiment une surprise, tant Junya Ito a pris l'habitude d'aller plus vite que les autres. Quand il débarque dans le Limbourg, au coeur d'un hiver passé au sommet du classement par le Racing, personne ne se doute encore que le Japonais sera la clé qui permettra d'ouvrir la porte du titre lors de ces play-offs désertés par Alejandro Pozuelo, maestro parti poursuivre sa route de l'autre côté de l'Atlantique. À Genk, Ito offre immédiatement son sens de la profondeur. Une verticalité à toute allure qui force les défenseurs adverses à reculer, effrayés par la perspective d'être poignardés dans le dos, et qui ouvre du même coup l'espace entre les lignes, pour permettre à Leandro Trossard et Ruslan Malinovskyi de s'y installer et d'y écrire l'histoire du titre. Le Nippon n'est certainement pas le joueur le plus important des Limbourgeois, mais il est celui dont les courses permettent aux autres de briller plus fort. L'histoire bascule en un été. Privé de ses éléments-clés dans les intervalles, Genk est forcé de se réinventer. Presque contre-nature, pense-t-on alors, on voit Ito s'inviter entre les lignes, en compagnie d'un Ally Samatta plutôt mal à l'aise dans l'exercice, pour combler ce vide que n'arrive pas à remplir Ianis Hagi. L'arrivée d' Hannes Wolf poursuit sur ces fondations, avec un poste souvent plus proche du couloir central que de la ligne de touche pour son Japonais supersonique. Junya Ito quitte alors définitivement son costume de sprinteur de flanc pour se transformer en milieu offensif à l'allemande, dynamique et vertical à l'endroit où les différences réussies par le dribble ou par l'appel sont celles qui font le plus mal à l'adversaire. Parce que chaque nouvel entraîneur semble rendre le Japonais plus important pour l'équipe que son prédécesseur, Junya Ito est avec Theo Bongonda le grand bénéficiaire du 3-4-2-1 dessiné par l'éphémère Jess Thorup, et prolongé par un John van den Brom assez rusé pour ne pas jouer les apprentis-sorciers en manipulant démesurément une formule qui fonctionne. Là, Ito et Bongonda sont libérés entre les lignes, se promènent sur la largeur en quête de l'endroit où un ballon reçu fera le plus souffrir leurs adversaires, et prennent chaque prise de balle comme une opportunité de faire la différence. Éloigné de son rôle initial, le Japonais aime pourtant partir en pèlerinage occasionnel dans la zone de ses débuts belges. Histoire de surprendre le latéral gauche adverse par son appel en profondeur, et de rappeler qu'il est sans doute l'un des meilleurs centreurs du pays.