S'il n'y a pas de fumée sans feu, alors la maison de Waterloo de Roberto Martínez devrait être en proie aux flammes depuis un bon bout de temps. Depuis que la parenthèse russe s'est refermée à l'été 2018, il n'y a pas un semestre sans que le nom du sélectionneur ne figure à l'agenda des rumeurs. On l'a dit partant pour l'Arabie saoudite, pour Arsenal, et même pour Barcelone en mai 2019. À l'image d'une cote qui va crescendo depuis que le Catalan a lié sa destinée à celle des Diables en août 2016.
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S'il n'y a pas de fumée sans feu, alors la maison de Waterloo de Roberto Martínez devrait être en proie aux flammes depuis un bon bout de temps. Depuis que la parenthèse russe s'est refermée à l'été 2018, il n'y a pas un semestre sans que le nom du sélectionneur ne figure à l'agenda des rumeurs. On l'a dit partant pour l'Arabie saoudite, pour Arsenal, et même pour Barcelone en mai 2019. À l'image d'une cote qui va crescendo depuis que le Catalan a lié sa destinée à celle des Diables en août 2016. Près de cinq ans plus tard, Roberto Martínez est toujours là. Plus que jamais. Pas réputé pour être un amoureux du télétravail, l'homme est ces derniers mois devenu un des rares habitués de Tubize. À bonne source, l'Espagnol ne serait pas du genre à compter ses heures. Un privilège de cumulard pour ce sélectionneur aussi directeur technique national. Une double casquette toujours refusée à ses prédécesseurs, qui aura fini de coller à Martínez l'étiquette de fin diplomate. Capable, en y mettant les formes, de toujours obtenir ce qu'il veut de ses différents interlocuteurs. Reste qu'il y a des signes qui ne trompent pas. Et des vérités qui fâchent. Celles révélées voici quelques semaines dans Super Sunday (LN24), au sujet du rapprochement entre Roberto Martinez et un agent de dimension internationale ont fait leur chemin. Sport/Foot Magazine est en mesure d'affirmer que l'agent en question est l'Israélien Pini Zahavi, dont les rapports récents avec le clan Martínez sont surtout de nature à mettre la lumière sur un coach dont les envies d'ailleurs sont désormais explicites. Suffisant pour se projeter dans un futur proche sans Roberto Martínez à la tête des Diables. Ce serait le souhait d'un coach qui, s'il n'a pas formellement déjà lié sa destinée au sulfureux intermédiaire qu'est Zahavi, s'en est suffisamment rapproché ces dernières semaines pour éveiller les soupçons sur ses désirs d'avenir. Officieusement classé dans le top 4 mondial des agents qui comptent, avec Jonathan Barnett, Jorge Mendes et Mino Raiola, les premiers contacts entre Roberto Martínez et l'Israélien dateraient pourtant déjà de l'après Mondial 2018. Aux dires du second, les deux hommes seraient même "amis". L'intérêt pour Martínez de collaborer avec cet intermédiaire de génie, autant critiqué pour ses méthodes que reconnu pour sa faculté à s'ouvrir les portes des plus grands clubs du continent, n'est plus à démontrer. Récemment, c'est donc à l'initiative de Pini Zahavi que les deux parties sont entrées en contact, via un troisième intermédiaire et par la magie de ces visioconférences devenues familières depuis un an. La volonté de Zahavi était de placer Martínez dans un top club anglais dès cet été. Un défi attractif pour un coach fédéral soudain en proie au doute. Ce départ apparaîtrait presque comme logique après cinq ans de bons et loyaux services à la tête de l'équipe nationale et malgré un contrat qui court jusqu'en décembre 2022. Un envol dont le timing viendrait surtout rappeler la pente douce sur laquelle les Diables semblent désormais inexorablement engagés. En travaillant discrètement à son départ de l'équipe nationale après l'EURO en coulisses, Roberto Martínez a quoi qu'il en soit rallumé la mèche. Et rappelé à qui en doutait que s'il s'était soudainement pris d'amour pour le Royaume il y a bientôt cinq ans, ce n'était pas par amour des frites, mais avant tout par ambition. Celle qui vous pousse à aller chercher la réussite là où elle se trouve. En se liant avec les Diables de l'époque, Roberto Martinez, licencié quelques mois plus tôt d'Everton, s'offrait tout à la fois un emploi prestigieux et une opportunité inespérée de gravir les échelons quatre à quatre. L'Espagnol n'a pas déçu, que du contraire. En un peu moins de deux ans, il aura réussi, sur la route du Mondial 2018, à imposer la patte d'un sélectionneur stratège et d'un coach entreprenant D'un homme droit, mais aussi celle d'un communicateur malicieux. D'un aventurier qui connaît son chemin aussi. Alors, quand il a repris son bâton de pèlerin au lendemain de la crise sanitaire mondiale, Roberto Martínez s'est sans doute posé les bonnes questions: "Que puis-je encore apporter à cette équipe nationale?" Et plus certainement: "Qu'est-ce que cette équipe nationale peut encore m'apporter?" S'il sera encore en poste en juin prochain lors de l'EURO, c'est parce que l'homme droit ne se serait pas vu quitter le navire à l'aube d'une échéance continentale. Mais s'il a travaillé d'arrache-pied, mais en pure perte à ce stade, pour conclure en quatrième vitesse la naturalisation de binationaux comme Pascal Struijk et Adrien Truffert, c'est parce qu'il savait son groupe désormais trop court pour rivaliser sur la durée avec les meilleurs. Roberto Martínez connaît le football comme peu de sélectionneurs nationaux avant lui. L'Espagnol sait donc que ce qu'il y avait de plus doré dans cette génération était très certainement la combinaison improbable de talents équitablement répartis à tous les postes d'un onze logiquement cité ces dernières années comme candidat aux récompenses les plus prestigieuses. Douée, dorée, mais pas abondante, cette génération tire sur la fin un peu plus tôt que prévu. Roberto Martínez l'a visiblement compris. Il faut dire que les avertissements n'ont pas manqués. Dans une interview réalisée pour le site britannique Business Insider en août 2018, Romelu Lukaku était le premier à évoquer, au lendemain du Mondial russe, ses envies post-Diables. "Je pense que j'arrêterai après l'EURO. (...) J'ai 25 ans, je ne suis même pas encore au sommet. De nombreux jeunes joueurs sont mes concurrents et essaient de prendre ma place, mais je ne veux pas la leur donner. Encore deux ans et ils pourront la prendre." Près de trois ans ont passé et l'attaquant devenu Intériste dans l'intervalle est toujours là. La faute à un EURO reporté d'un an en raison de la crise du Covid? Ou à une déclaration lâchée dans l'égarement d'un été à rallonge, et au sortir d'un Mondial usant aussi bien physiquement que moralement? Le doute plane toujours et par son silence, Romelu se plaît à l'entretenir. Pour les trois rencontres de qualifications pour le Mondial 2022 à venir, contre le pays de Galles (ce mercredi 24 mars à Louvain), la République tchèque (samedi 27 mars à Prague) et la Biélorussie (mardi 30 mars à Louvain toujours), Roberto Martínez a repris 33 joueurs. Une caricature de sélection portes ouvertes justifiée par la crise sanitaire et sa volée d'incertitudes autant que par la volonté du sélectionneur de compenser l'absence de qualité par une bonne dose d'imagination. Pour remplacer Axel Witsel, toujours engagé dans une course contre la montre pour l'EURO, le coach fédéral mise plus que jamais sur Youri Tielemans, mais a opté pour un non-choix en reprenant à la fois Orel Mangala et Albert Sambi Lokonga. Deux nouveaux venus qui se rajoutent à la longue liste d'aspirants intronisés par Martínez depuis son arrivée à la tête des Diables. De Yari Verschaeren à Benito Raman, en passant par Charles De Ketelaere, Joris Kayembe, Elias Cobbaut, Landry Dimata, Hannes Delcroix ou Sebastiaan Bornauw. Et la liste est non-exhaustive. Tellement qu'elle pose inévitablement la question du nivellement par le bas de la sélection. Les forfaits définitifs de Vincent Kompany et Mousa Dembélé ne devaient initialement être qu'une étape. Mais le refus actuel de Martínez de rappeler Marouane Fellaini en sélection, ajouté aux blessures plus ou moins longues durées de Witsel et Eden Hazard donnent finalement à cette liste des allures de puits sans fond. Et à ce rassemblement de la fin mars des faux airs de bal des débutants. Là où c'est à une fête des anciens que l'Union belge s'était initialement préparée. Et celle-ci n'avait jamais été envisagée avant le mois de décembre 2022 au Qatar. Avec Roberto Martínez dans le rôle de l'enseignant expérimenté et quelques valeurs sûres partantes pour un dernier tour de roue. C'était avant de se rendre compte que le corps d'Hazard était celui d'un joueur usé. Pas encore carbonisé, mais soudainement meurtri, le capitaine des Diables rêve de rendre encore de précieux services à la sélection, prie pour que cela soit dès ce mois de juin, mais sait mieux que nous que novembre 2022 n'a jamais paru aussi loin. Agacé par les méthodes du staff médical madrilène, en contradiction systématique avec celui de la fédé depuis le début de ses problèmes physiques, le clan Hazard continue pourtant de suivre jusqu'ici à la lettre les injonctions venues de la capitale espagnole. Parce qu'Eden Hazard a toujours été un joueur épris de liberté, mais un soldat fidèle à son employeur. Il n'y a probablement pas d'autres lectures à avoir non plus du silenzio stampa souhaité par Roberto Martínez himself à l'égard de l'ensemble de son staff médical, désormais prié de se taire dans toutes les langues au sujet de son fragile joyau. Des téléphones qui sonnent dans le vide et des répondeurs comme seuls interlocuteurs, c'est souvent le signe d'une certaine forme d'impatience. Sur la route du Mondial 2022, on dit les Diables encore protégés par la liste de cadors qui forment toujours la colonne vertébrale de cette sélection. De Thibaut Courtois à Kevin De Bruyne, en passant désormais par Youri Tielemans. Si ce n'est Roberto Martínez, il s'agira maintenant d'offrir à ceux-là le coach qu'ils méritent dans le monde d'après.