Si le sentiment général au terme de la saison 2020-2021, celle du retour parmi l'élite, était positif, certaines voix au sein du club avaient néanmoins tiré la sonnette d'alarme. Pauvre en points gagnés, le deuxième tour incitait à la prudence et le coup d'envoi de la saison n'a fait que confirmer la sensation. Avec une seule victoire lors de leurs onze premiers matches, les Louvanistes de Marc Brys ont dû digérer les départs marquants de l'été. Il a fallu attendre la fin du mois d'octobre pour voir les premiers succès s'enchaîner et le spectre de la relégation s'éloigner pour laisser place au récit d'une saison sans grande histoire.
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Si le sentiment général au terme de la saison 2020-2021, celle du retour parmi l'élite, était positif, certaines voix au sein du club avaient néanmoins tiré la sonnette d'alarme. Pauvre en points gagnés, le deuxième tour incitait à la prudence et le coup d'envoi de la saison n'a fait que confirmer la sensation. Avec une seule victoire lors de leurs onze premiers matches, les Louvanistes de Marc Brys ont dû digérer les départs marquants de l'été. Il a fallu attendre la fin du mois d'octobre pour voir les premiers succès s'enchaîner et le spectre de la relégation s'éloigner pour laisser place au récit d'une saison sans grande histoire.S'il faut retenir une chose de la saison à Den Dreef, c'est cette faculté une nouvelle fois affirmée à chatouiller les ténors. Souvent précis dans son étude de l'adversaire, le staff louvaniste a contraint Anderlecht (deux fois) et Bruges au partage, et s'est offert un succès de prestige sur la pelouse du Parc Duden face à une Union en pleine bourre. Quelques modestes trophées à placer sur la cheminée d'une saison trop souvent anecdotique.Axé autour des reconversions offensives et du trio formé par le passeur Xavier Mercier, le buteur Thomas Henry et le runner Kamal Sowah la saison dernière, le jeu d'OHL a dû être réinventé après le départ du buteur français pour Venise et le retour du Ghanéen chez son propriétaire anglais. En quête de la bonne formule, Marc Brys a tenté de confier plus de responsabilités à son dynamiteur jordanien Musa Al-Tamari, avant de changer son fusil d'épaule face à l'irrégularité du slalomeur d'Amman.Finalement, l'équilibre louvaniste s'est construit autour d'un Xavier Mercier différent, aussi impliqué à la course balle au pied qu'à la passe. Autour de lui, Sory Kaba a installé ses muscles dans la surface pendant que Mathieu Maertens et son flair hors du commun ont interprété les espaces à merveille, avec neuf buts et quatre passes décisives à la clé. Succession d'exploits individuels ou de combinaisons en petit comité, les offensives d'OHL ont malgré tout été plus exigeantes en termes d'implication collective que la saison dernière, et exposé démesurément une défense qui, mis à part l'excellent Cenk Özkacar, n'était pas taillée pour un tel défi.S'il doit une fois de plus stopper son compteur alors que certains de ses concurrents ont six journées de plus pour faire mieux que lui, le maestro français de Den Dreef a encore fait tourner à plein régime la machine à passes décisives. Centres millimétrés, caviars dans la profondeur, phases arrêtées ou décalages pleins de flair : difficile d'imaginer où en seraient les Louvanistes sans leur maître à jouer. La question risque pourtant de se poser plus rapidement que prévu.Certains grands clubs de Serie A ont déjà dans le viseur ce milieu de terrain qui n'a cependant pas toujours eu les faveurs de Marc Brys. Dans les grands rendez-vous, Mandela Keita s'est pourtant montré à la hauteur du défi physique et technique proposé par les meilleurs contrôleurs de jeu de l'élite, les malmenant avec son football énergique et vertical. Un profil de milieu taillé pour le football de demain, et déjà capable de faire pas mal de ravages au sein de la Pro League d'aujourd'hui. Spécialistes nationaux de la contre-attaque la saison dernière, les hommes de Marc Brys ont souvent été pris à leur propre piège cette année. À onze reprises, OHL a encaissé un but suite à une reconversion rapide de son adversaire. Sur les pelouses de Pro League, aucune équipe n'a fait pire que les coéquipiers de Sébastien Dewaest, pas franchement à l'aise quand il doit défendre un adversaire lancé à toute allure loin de son but. Une situation bien plus fréquente que la saison dernière, quand les Louvanistes s'aventuraient rarement à défendre loin de leur surface.Le défi s'annonce gargantuesque. Parce qu'en trois saisons passées à Den Dreef, Xavier Mercier facture 18 buts et 39 passes décisives en 99 apparitions. Un décompte qui pourrait bien s'arrêter là, puisque la carrière du Français devrait vraisemblablement se poursuivre sous d'autres cieux. L'implication, chiffrée à près de vingt buts annuels, devra inévitablement être remplacée pour ne pas subir une perte offensive trop importante et risquer la dégringolade au classement qui pourrait s'ensuivre. L'équation devra se résoudre avec une cellule de scouting repensée, étant donné que des bouleversements ont également lieu à ce niveau dans la cité universitaire. Face au spectre d'une perte de qualité sur la pelouse, et à une structure modifiée pour la pallier, l'été s'annonce capital à Den Dreef pour éviter une saison plus mouvementée que prévu. Quoi qu'il en soit, les rêves d'un titre futur annoncé l'année passée, quand Marc Brys avait prolongé son contrat plutôt que de rejoindre Genk, ont aujourd'hui les sonorités d'une histoire ancienne.