Le résultat

Au début de la saison dernière, alors que la refonte complète du noyau de ces Côtiers emmenés par un coach de jeunes attirait autant de doutes que de curiosité, Gauthier Ganaye avait fixé les objectifs en ces termes : se maintenir et créer de la valeur sur un ou deux joueurs. Après une première où les hommes d'Alexander Blessin ont largement dépassé les attentes en passant même tout près d'une participation aux Champions play-offs, le deuxième exercice de l'ère Pacific Group est retourné vers la norme. Acquise grâce à un "bon" 12/30 final, la douzième place est néanmoins flatteuse, tant l'essentiel de la saison a été marqué par un style de jeu essoufflé, un groupe bien plus faible qualitativement qu'un an plus tôt et des victoires à la grinta sous les ordres d'Yves Vanderhaeghe. Douze mois après avoir squatté le haut de l'affiche, la reine des plages est retournée dans l'anonymat, sans même parvenir à faire gonfler la valeur marchande de ses plus beaux grains de sable.
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Au début de la saison dernière, alors que la refonte complète du noyau de ces Côtiers emmenés par un coach de jeunes attirait autant de doutes que de curiosité, Gauthier Ganaye avait fixé les objectifs en ces termes : se maintenir et créer de la valeur sur un ou deux joueurs. Après une première où les hommes d'Alexander Blessin ont largement dépassé les attentes en passant même tout près d'une participation aux Champions play-offs, le deuxième exercice de l'ère Pacific Group est retourné vers la norme. Acquise grâce à un "bon" 12/30 final, la douzième place est néanmoins flatteuse, tant l'essentiel de la saison a été marqué par un style de jeu essoufflé, un groupe bien plus faible qualitativement qu'un an plus tôt et des victoires à la grinta sous les ordres d'Yves Vanderhaeghe. Douze mois après avoir squatté le haut de l'affiche, la reine des plages est retournée dans l'anonymat, sans même parvenir à faire gonfler la valeur marchande de ses plus beaux grains de sable.Du gegenpressing à la caricature du jeu sans risques et sans saveur, il n'y a parfois qu'un pas. En plus de perdre une bonne partie de son spectacle offensif en voyant s'envoler les yeux d'Andrew Hjulsager et les cuisses de Fashion Sakala, le KVO sauce Blessin a même perdu sa spectaculaire assise défensive de la saison dernière. De 41 buts encaissés au terme de la phase classique la saison dernière, les Kustboys sont passés à 61, maîtrisant beaucoup moins bien leur surface et exposant trop une arrière-garde mal protégée par un pressing parfois défaillant.À l'autre bout du terrain, Ostende a très vite cherché, mais trop rarement retrouvé sa faculté hors-normes à créer des espaces dans les zones axiales. Redoutable en la matière la saison passée, le onze de Blessin n'y est plus parvenu, sans doute parce que les nouveaux profils étaient moins adaptés à la chorégraphie collective que leurs prédécesseurs. Sans le professeur allemand, le jeu côtier est devenu encore plus quelconque ne misant que sur son abnégation et ses phases arrêtées pour alimenter un marquoir moins en verve que l'an dernier.Parmi les cadres de la saison dernière, il est presque le seul à avoir poursuivi l'aventure un an de plus. Moins en évidence collectivement, plus important offensivement et auteur de quelques buts aussi beaux qu'importants, Maxime D'Arpino reste l'homme différentiel du milieu de terrain d'Ostende. Un statut qui aurait dû lui permettre d'enfin franchir un palier, avant que la poisse d'un genou qui lâche n'entrave probablement sa route vers un transfert cet été. Une question de temps, tant le milieu de terrain français lit et distribue le jeu avec aisance et dynamisme.Chamboulée par les départs de Jack Hendry et Arthur Theate, pas vraiment prise en mains comme attendu par Steven Fortes, la défense du KVO a été l'un des problèmes récurrents de la saison sur la pelouse de la Diaz Arena. Les Côtiers ont heureusement pu compter sur la progression continue de Frederik Jäkel, déjà à la lutte avec Anton Tanghe pour la place de troisième titulaire au sein de la ligne arrière la saison passée. Presque toujours titulaire, rarement décevant, le géant allemand est devenu l'une des promesses défensives les plus fiables de l'élite nationale.L'an dernier déjà, les longs ballons utilisés à foison par les Ostendais avaient le don de frustrer Maxime D'Arpino. L'efficacité du jeu direct s'est évaporée, mais la recette est restée, même après le départ d'Alexander Blessin. Au décompte final, les Kustboys bouclent donc logiquement la saison à l'avant-dernière place du classement des passes tentées par match. Seul le Cercle, articulé autour des mêmes recettes, fait moins bien que les 234,9 passes par match du KVO.Alors que certains évoquaient uniquement une mission à court terme, en raison d'une vision et d'une méthode pas spécialement en phase avec les idéaux de gegenpressing avancés par les propriétaires, Yves Vanderhaeghe poursuivra bel et bien l'aventure à la tête du club côtier la saison prochaine. Ce sera sans doute, une nouvelle fois, à la tête d'un noyau remanié au bout de l'été, conséquence inévitable de la politique d'import-export menée par les Américains.Du côté de la reine des plages, on espère surtout que les patrons consacreront plus de temps et d'énergie au mercato local, en grande partie accaparé l'été dernier par une reprise de Nancy qui a tourné au fiasco. Malgré cinq joueurs prêtés par Ostende, dont quatre qui sont seulement passé par la Côte en transit, les Lorrains ont bouclé la saison de Ligue 2 à la dernière place. Malgré une année bien moins aboutie que la précédente, le KVO est d'ailleurs l'équipe avec le bilan le plus réjouissant au sein d'une constellation de clubs en plein crash sportif. De quoi envisager un avenir plus résolument tourné vers le club avec la meilleure santé sportive, ou plutôt craindre un effet boule de neige ?