Le résultat

En conservant l'intégralité de son onze de base, notamment l'intenable trio formé par Junya Ito, Theo Bongonda et le Footballeur Pro de l'Année Paul Onuachu, Genk affichait clairement ses ambitions. Faire mieux qu'un succès en Coupe et une deuxième place, c'était forcément le titre pour des Limbourgeois renforcés par les arrivées de Mike Trésor, Carel Eiting, Ike Ugbo et Mujaid Sadick. Très vite, le rêve a pourtant tourné à la désillusion pour les hommes de John van den Brom, incapable de relancer la machine bleue et finalement remplacé par Bernd Storck.

Si l'Allemand a redonné un fil conducteur à une équipe qui gagnait surtout "au talent" sous les ordres de son prédécesseur, il n'est pas parvenu à mettre en place une métamorphose si spectaculaire que lors de ses passages à Mouscron et au Cercle. En échouant finalement à la sixième place, sans passer l'hiver en Coupe d'Europe ni les huitièmes en Croky Cup, le Racing s'offre sans concurrence le titre peu envieux de plus grande déception de la saison.

Le jeu

Aussi bien sur le plan comptable que sur celui du jeu, l'amélioration lors du passage de John van den Brom à Bernd Storck a été palpable mais insuffisante pour redresser le Racing. Plus organisé sous les ordres du rigoureux Allemand, maniaque du jeu de position lors de ses jobs précédents, Genk n'a toutefois jamais atteint l'harmonie collective espérée à l'arrivée de l'ancien sélectionneur hongrois. Souvent, ce sont les exploits individuels qui ont rythmé les victoires de l'une des équipes où le jeu se situait le plus entre les pieds des talents. Le centre vers Onuachu, les appels entre les lignes de Junya Ito ou les infiltrations de Kristian Thorstvedt ont certes rapporté des points, mais tous ces éléments ont trop longtemps semblé disparates. Une fois l'état de grâce de la fin de saison dernière laissé dans les rétroviseurs, le groupe le plus talentueux du championnat belge n'est plus jamais parvenu à se transformer en équipe.

Crochets et coups d'accélérateur dans le couloir, exploits individuels ou caviars vers la surface ont rythmé inégalement la saison de Junya Ito, riche de huit buts et 21 passes décisives toutes compétitions confondues. , iStock
Crochets et coups d'accélérateur dans le couloir, exploits individuels ou caviars vers la surface ont rythmé inégalement la saison de Junya Ito, riche de huit buts et 21 passes décisives toutes compétitions confondues. © iStock

Le joueur : Junya Ito

S'il semblait presque impossible d'une nouvelle fois atteindre le niveau hors-normes de la saison écoulée, Junya Ito se sera démené offensivement pour tirer son épingle du jeu dans un Genk désolidarisé. Crochets et coups d'accélérateur dans le couloir, exploits individuels ou caviars vers la surface ont rythmé inégalement une saison à huit buts et 21 passes décisives toutes compétitions confondues. Une chose est sûre : le championnat est trop petit pour lui.

Le jeune : Luca Oyen

Dans un club réputé formateur, mais au sein duquel la place accordée aux jeunes talents locaux est de plus en plus mince au vu de l'exigence de résultats, le flair et les crochets de Luca Oyen ont permis au goldenboy de l'académie limbourgeoise de gratter un peu plus de mille minutes de jeu cette saison. De quoi admirer un joueur racé, né pour faire des différences dans la zone de vérité et déjà capable, malgré son corps encore frêle, de sortir une saison à cinq actions décisives.

Le chiffre : 58,5

Au premier coup d'oeil, les chiffres sont ceux d'une domination sans partage. Parce que sur le sol belge, personne ne fait mieux que les 58,5% de possession de balle ou que les 13,45 tirs par match du Racing cette saison. Si la domination a permis aux Limbourgeois de faire partie des attaques les plus prolifiques de la série, elle n'a toutefois jamais suffisamment protégé leurs filets pour leur permettre d'accumuler les victoires. Pep Guardiola aime dire que le ballon sert aussi à se défendre. L'adage n'a visiblement pas atteint le vestiaire de la Cegeka Arena.

Le flair et les crochets de Luca Oyen ont permis au goldenboy de l'académie limbourgeoise de gratter un peu plus de mille minutes de jeu cette saison., iStock
Le flair et les crochets de Luca Oyen ont permis au goldenboy de l'académie limbourgeoise de gratter un peu plus de mille minutes de jeu cette saison. © iStock

Le futur

Pour une bonne partie des animateurs du jeu limbourgeois, cette saison était peut-être celle de trop. Sans transfert sortant d'ampleur l'été dernier, la direction du Racing devrait changer son fusil d'épaule un an plus tard et enfin céder aux ardeurs d'ailleurs de joueurs comme Paul Onuachu, Theo Bongonda ou Daniel Muñoz. L'identité de leurs remplaçants sera fondamentale pour lancer un nouveau cycle et retrouver, à court ou moyen terme, le parfum des trophées.

Une odeur qui n'enivrera vraisemblablement pas Bernd Storck. Les méthodes rigides et l'approche très déshumanisée de l'Allemand n'ont pas fait l'unanimité dans le groupe bleu, et un changement de règne est attendu sur le banc de Genk. Parfois déroutants dans leurs choix de coaches, les dirigeants devront viser juste s'ils veulent que cette saison passée loin du top 4 reste un accident de parcours. La bonne nouvelle, c'est que le club semble avoir pris l'habitude de briller une saison sur deux et que la mauvaise année paraît être dans le rétroviseur. La moins bonne, c'est que malgré les efforts de Dimitri De Conde et ses équipes pour changer la culture locale, l'irrégularité continue à faire la loi dans le Limbourg.

En conservant l'intégralité de son onze de base, notamment l'intenable trio formé par Junya Ito, Theo Bongonda et le Footballeur Pro de l'Année Paul Onuachu, Genk affichait clairement ses ambitions. Faire mieux qu'un succès en Coupe et une deuxième place, c'était forcément le titre pour des Limbourgeois renforcés par les arrivées de Mike Trésor, Carel Eiting, Ike Ugbo et Mujaid Sadick. Très vite, le rêve a pourtant tourné à la désillusion pour les hommes de John van den Brom, incapable de relancer la machine bleue et finalement remplacé par Bernd Storck.Si l'Allemand a redonné un fil conducteur à une équipe qui gagnait surtout "au talent" sous les ordres de son prédécesseur, il n'est pas parvenu à mettre en place une métamorphose si spectaculaire que lors de ses passages à Mouscron et au Cercle. En échouant finalement à la sixième place, sans passer l'hiver en Coupe d'Europe ni les huitièmes en Croky Cup, le Racing s'offre sans concurrence le titre peu envieux de plus grande déception de la saison.Aussi bien sur le plan comptable que sur celui du jeu, l'amélioration lors du passage de John van den Brom à Bernd Storck a été palpable mais insuffisante pour redresser le Racing. Plus organisé sous les ordres du rigoureux Allemand, maniaque du jeu de position lors de ses jobs précédents, Genk n'a toutefois jamais atteint l'harmonie collective espérée à l'arrivée de l'ancien sélectionneur hongrois. Souvent, ce sont les exploits individuels qui ont rythmé les victoires de l'une des équipes où le jeu se situait le plus entre les pieds des talents. Le centre vers Onuachu, les appels entre les lignes de Junya Ito ou les infiltrations de Kristian Thorstvedt ont certes rapporté des points, mais tous ces éléments ont trop longtemps semblé disparates. Une fois l'état de grâce de la fin de saison dernière laissé dans les rétroviseurs, le groupe le plus talentueux du championnat belge n'est plus jamais parvenu à se transformer en équipe.S'il semblait presque impossible d'une nouvelle fois atteindre le niveau hors-normes de la saison écoulée, Junya Ito se sera démené offensivement pour tirer son épingle du jeu dans un Genk désolidarisé. Crochets et coups d'accélérateur dans le couloir, exploits individuels ou caviars vers la surface ont rythmé inégalement une saison à huit buts et 21 passes décisives toutes compétitions confondues. Une chose est sûre : le championnat est trop petit pour lui.Dans un club réputé formateur, mais au sein duquel la place accordée aux jeunes talents locaux est de plus en plus mince au vu de l'exigence de résultats, le flair et les crochets de Luca Oyen ont permis au goldenboy de l'académie limbourgeoise de gratter un peu plus de mille minutes de jeu cette saison. De quoi admirer un joueur racé, né pour faire des différences dans la zone de vérité et déjà capable, malgré son corps encore frêle, de sortir une saison à cinq actions décisives.Au premier coup d'oeil, les chiffres sont ceux d'une domination sans partage. Parce que sur le sol belge, personne ne fait mieux que les 58,5% de possession de balle ou que les 13,45 tirs par match du Racing cette saison. Si la domination a permis aux Limbourgeois de faire partie des attaques les plus prolifiques de la série, elle n'a toutefois jamais suffisamment protégé leurs filets pour leur permettre d'accumuler les victoires. Pep Guardiola aime dire que le ballon sert aussi à se défendre. L'adage n'a visiblement pas atteint le vestiaire de la Cegeka Arena.Pour une bonne partie des animateurs du jeu limbourgeois, cette saison était peut-être celle de trop. Sans transfert sortant d'ampleur l'été dernier, la direction du Racing devrait changer son fusil d'épaule un an plus tard et enfin céder aux ardeurs d'ailleurs de joueurs comme Paul Onuachu, Theo Bongonda ou Daniel Muñoz. L'identité de leurs remplaçants sera fondamentale pour lancer un nouveau cycle et retrouver, à court ou moyen terme, le parfum des trophées.Une odeur qui n'enivrera vraisemblablement pas Bernd Storck. Les méthodes rigides et l'approche très déshumanisée de l'Allemand n'ont pas fait l'unanimité dans le groupe bleu, et un changement de règne est attendu sur le banc de Genk. Parfois déroutants dans leurs choix de coaches, les dirigeants devront viser juste s'ils veulent que cette saison passée loin du top 4 reste un accident de parcours. La bonne nouvelle, c'est que le club semble avoir pris l'habitude de briller une saison sur deux et que la mauvaise année paraît être dans le rétroviseur. La moins bonne, c'est que malgré les efforts de Dimitri De Conde et ses équipes pour changer la culture locale, l'irrégularité continue à faire la loi dans le Limbourg.