Thorup est-il définitivement grillé chez nous ?

On a démoli Ivan De Witte et Michel Louwagie quand ils ont viré Jess Thorup après deux défaites. On leur a reproché d'avoir décidé dans la précipitation, mais aussi d'avoir baqué un gentleman. Parce qu'il y avait unanimité depuis l'arrivée du Danois chez nous : c'était un gars bien, tout simplement. Toujours calme (ou presque) devant son banc, respectueux par rapport à ses joueurs, pondéré dans ses analyses.
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On a démoli Ivan De Witte et Michel Louwagie quand ils ont viré Jess Thorup après deux défaites. On leur a reproché d'avoir décidé dans la précipitation, mais aussi d'avoir baqué un gentleman. Parce qu'il y avait unanimité depuis l'arrivée du Danois chez nous : c'était un gars bien, tout simplement. Toujours calme (ou presque) devant son banc, respectueux par rapport à ses joueurs, pondéré dans ses analyses.Aujourd'hui, cette image a complètement changé. C'est au tour de Thorup de se faire démolir pour avoir largué Genk après 39 jours de service, parce que l'appel du FC Copenhague a été trop fort. C'est un choc total dans le Limbourg, dans toute la Flandre. Il n'y a plus rien de gentleman chez Thorup. Le gars n'a pas de parole. C'est ce qu'on lit, ce qu'on entend. Si c'est un choc, c'est parce qu'on n'est pas ici dans le canevas d'un coach qui quitte un petit bateau anonyme pour rejoindre un gros navire. Thorup qui abandonne Genk, c'est du niveau d'un Georges Leekens qui abandonne l'équipe nationale pour retourner à Bruges, par exemple.Est-ce suffisant pour qu'il soit définitivement grillé chez nous ? Non, évidemment. Le jour où un club belge aura besoin d'un entraîneur à la hauteur, si Thorup est libre, il pourra revenir de facto sur la short list. Ce ne serait pas le cas s'il n'y avait que des gentlemen et des hommes de parole dans nos clubs. Mais bon, on parle là d'un monde idéal.Dans la majorité des pays d'Europe, on a refermé les stades au public après les avoir en partie rouverts, en pensant que ça allait peut-être le faire. On a vu les résultats au niveau des contaminations. Ne pas se rassembler et voyager le moins possible, c'est ça le pitch pour les prochains mois. Dans le football, dans tous les secteurs d'activité.Alors, peut-on encore raisonnablement penser qu'il est possible de disputer l'EURO 2021 dans plus de dix pays ? Non, évidemment. Dès aujourd'hui, on doit se dire que ce ne sera pas jouable. Peut-on envisager des stades garnis ? Non. Si on est raisonnable, on doit déjà réfléchir à une formule semblable à ce qui s'est fait durant l'été pour l'Europa League et la Ligue des Champions. Des matches à huis clos dans des stades contigus. L'UEFA ne s'est pas encore penchée officiellement sur la question. Mais elle ne pourra plus avancer longtemps avec les yeux bandés. À moins que le Covid soit de l'histoire ancienne dans huit mois. Mais personne n'y croit.Il a suffi d'un match, un seul, pour qu'on considère qu'Eden Hazard était revenu à son meilleur niveau. Un simple rendez-vous du championnat d'Espagne, avec une opposition XXS pour le Real. Le prodige a joué, a marqué, a été élu homme du match. Et donc, toute la presse s'enflamme. Les médias espagnols en refont déjà un extraterrestre. Alors qu'il y a dix jours ou deux semaines, les mêmes médias le considéraient comme un flop terriblement coûteux.Comme souvent, la réalité doit se trouver entre ces deux extrêmes. Le foot magique d'Eden Hazard est comme le vélo, il ne s'oublie pas. Mais c'est impossible d'avoir déjà un Hazard de nouveau au sommet de son art après aussi peu de matches joués au cours des derniers mois. Ça peut revenir, ça devrait revenir. Avec du temps.