Ils devraient être mille selon les forces de l'ordre. Mille individus, prêts à en découdre, à coups de pieds et de poings, au mieux, afin de défendre leurs couleurs. Les hooligans de tout le pays annoncent un "combat légendaire". Mais d'où sortent ils? On avait pourtant failli les oublier. Comme en 2008, où ils avaient refait parler d'eux après dix années plus calmes suite à l'installation de la loi football. A l'époque, Sport/Foot Magazine avait rencontré les BCS (Brussel Casual Service, des hooligans d'Anderlecht), afin de comprendre ce qui les animait. Sept ans plus tard, l'histoire se répète et ce n'est malheureusement pas près de s'arrêter. Extraits choisis: "La violence dans le foot, elle était là avant nous et continuera après nous. Nous, on est tombé dedans pour défendre Bruxelles face aux autres clubs. On n'est pas des ultras. On ne dépense pas notre argent dans des papiers WC. Notre but, c'est de défendre notre territoire. Montrer qu'on est bien là."

"J'ai grandi dans la rue et je sais que la mort, ça peut t'arriver n'importe où. J'ai pris un coup de couteau à 14 ans. Voilà, j'ai connu ça très tôt. La semaine passée, on m'a tiré dessus. La vie, elle est dangereuse. Voilà tout."

Le message est clair: le hooliganisme, ce n'est jamais qu'un reflet de notre société. La violence, elle est partout autour de nous, et ces gens n'ont rien à perdre. Beaucoup ont un casier judiciaire plus que chargé, mais cela ne suffit pas à les décourager. Ils sont ouvriers, cadres ou même patrons, et tout ce qu'ils cherchent, c'est une décharge d'adrénaline. Mais attention, le mouvement a évolué, et il est aujourd'hui bien loin des clichés qui permettent de propager la légende depuis des années :

"A l'époque du drame du Heysel, on percevait le hool's comme une brute épaisse qui débarquait avec 300 de ses gars pour tout piller, tout casser. Maintenant le mouvement est devenu plus organisé, avec des codes, etc."

"Dès qu'il y avait un match, le hooligan se battait contre n'importe qui. Maintenant, ça a totalement changé. On ne va pas aller taper un père de famille par exemple. On va se battre contre ceux qui recherchent la même chose..."

L'arrivée de la loi football avait pourtant éteint le phénomène. Du moins, c'est ce qu'on pensait. Beaucoup plus surveillés, les hools se sont adaptés et ont trouvé de nouveaux terrains de jeu. Leur soif de violence n'a pas disparu pour autant. Ils ont continué à se réunir, à l'abri des regards, pour exprimer cette violence qui les anime.

"Pour être dans le hooliganisme depuis 20 ans, je peux te dire qu'à une époque, on pouvait faire tout et n'importe quoi. Je me souviens de pavés balancés sur des flics, de camionnettes retournées ou des magasins pillés, je n'avais jamais aucun problème. Aujourd'hui, ce n'est plus possible. Même quand je ne me bats pas, j'ai des problèmes. On en arrive à t'interdire de stade pour un doigt d'honneur..."

"Avec internet et le GSM, le hooliganisme a évolué mais pas nécessairement en bien. Avant, on faisait le tour du stade et ça s'affrontait comme dans Astérix et Obélix: 300 personnes contre 300. Maintenant, c'est bien plus organisé."

Pour rassurer les spectateurs, on parle de 700 stewards, d'une présence policière renforcée autour du stade, d'une zone tampon entre les deux villages de supporters... Mais au final, ce n'est pas tant pour les supporters présent au stade qu'il faut s'inquiéter, mais plutôt des riverains du lieu qu'ils auront choisi pour se défouler. "Même avec la sécurité présente, si les deux parties sont motivées, on sait se rencontrer", nous expliquait ainsi l'un d'entre eux. Dimanche matin, il ne suffira sans doute que d'un SMS pour mettre le feu aux poudres.

Julien Brogniet

Ils devraient être mille selon les forces de l'ordre. Mille individus, prêts à en découdre, à coups de pieds et de poings, au mieux, afin de défendre leurs couleurs. Les hooligans de tout le pays annoncent un "combat légendaire". Mais d'où sortent ils? On avait pourtant failli les oublier. Comme en 2008, où ils avaient refait parler d'eux après dix années plus calmes suite à l'installation de la loi football. A l'époque, Sport/Foot Magazine avait rencontré les BCS (Brussel Casual Service, des hooligans d'Anderlecht), afin de comprendre ce qui les animait. Sept ans plus tard, l'histoire se répète et ce n'est malheureusement pas près de s'arrêter. Extraits choisis: "La violence dans le foot, elle était là avant nous et continuera après nous. Nous, on est tombé dedans pour défendre Bruxelles face aux autres clubs. On n'est pas des ultras. On ne dépense pas notre argent dans des papiers WC. Notre but, c'est de défendre notre territoire. Montrer qu'on est bien là." "J'ai grandi dans la rue et je sais que la mort, ça peut t'arriver n'importe où. J'ai pris un coup de couteau à 14 ans. Voilà, j'ai connu ça très tôt. La semaine passée, on m'a tiré dessus. La vie, elle est dangereuse. Voilà tout."Le message est clair: le hooliganisme, ce n'est jamais qu'un reflet de notre société. La violence, elle est partout autour de nous, et ces gens n'ont rien à perdre. Beaucoup ont un casier judiciaire plus que chargé, mais cela ne suffit pas à les décourager. Ils sont ouvriers, cadres ou même patrons, et tout ce qu'ils cherchent, c'est une décharge d'adrénaline. Mais attention, le mouvement a évolué, et il est aujourd'hui bien loin des clichés qui permettent de propager la légende depuis des années :"A l'époque du drame du Heysel, on percevait le hool's comme une brute épaisse qui débarquait avec 300 de ses gars pour tout piller, tout casser. Maintenant le mouvement est devenu plus organisé, avec des codes, etc." "Dès qu'il y avait un match, le hooligan se battait contre n'importe qui. Maintenant, ça a totalement changé. On ne va pas aller taper un père de famille par exemple. On va se battre contre ceux qui recherchent la même chose..."L'arrivée de la loi football avait pourtant éteint le phénomène. Du moins, c'est ce qu'on pensait. Beaucoup plus surveillés, les hools se sont adaptés et ont trouvé de nouveaux terrains de jeu. Leur soif de violence n'a pas disparu pour autant. Ils ont continué à se réunir, à l'abri des regards, pour exprimer cette violence qui les anime. "Pour être dans le hooliganisme depuis 20 ans, je peux te dire qu'à une époque, on pouvait faire tout et n'importe quoi. Je me souviens de pavés balancés sur des flics, de camionnettes retournées ou des magasins pillés, je n'avais jamais aucun problème. Aujourd'hui, ce n'est plus possible. Même quand je ne me bats pas, j'ai des problèmes. On en arrive à t'interdire de stade pour un doigt d'honneur...""Avec internet et le GSM, le hooliganisme a évolué mais pas nécessairement en bien. Avant, on faisait le tour du stade et ça s'affrontait comme dans Astérix et Obélix: 300 personnes contre 300. Maintenant, c'est bien plus organisé." Pour rassurer les spectateurs, on parle de 700 stewards, d'une présence policière renforcée autour du stade, d'une zone tampon entre les deux villages de supporters... Mais au final, ce n'est pas tant pour les supporters présent au stade qu'il faut s'inquiéter, mais plutôt des riverains du lieu qu'ils auront choisi pour se défouler. "Même avec la sécurité présente, si les deux parties sont motivées, on sait se rencontrer", nous expliquait ainsi l'un d'entre eux. Dimanche matin, il ne suffira sans doute que d'un SMS pour mettre le feu aux poudres.Julien Brogniet