Comment Brian Priske a trouvé l'équilibre en losange ?

Dès ses premières semaines passées sur le banc du Bosuil, Brian Priske avait probablement compris que le mercato lui amènerait beaucoup de joueurs, mais qu'il aurait besoin de temps pour en faire une équipe. Des talents plutôt que des profils, et une foule de joueurs confirmés qui créent un puzzle aux airs insolubles.

Longtemps, le Great Old s'est cherché, en ayant le bon goût de ne pas abandonner trop de points en cours de route. Désormais, le coach danois semble avoir trouvé l'équilibre dans un 4-4-2 losange hybride qui installe du dynamisme et de la verticalité autour de tauliers indéboulonnables : Radja Nainggolan domine l'énergie d'une rencontre par son aura, alors que Michael Frey marque comme si chaque rencontre conclue sans faire trembler les filets devait le renvoyer irrémédiablement sur le banc.

C'est autour d'eux que l'Antwerp s'anime. Attaquant théorique, en promenade sur la largeur dans les faits, Benson guette la moindre opportunité de prendre la profondeur ou de croquer un adversaire en un-contre-un et fait reculer la défense. Derrière lui, c'est Michel-Ange Balikwisha qui en profite pour faire parler son sens du démarquage entre les lignes, alors que l'hyperactif Yusuf finit de désorienter le système adverse. Le matricule 1 se désorganise beaucoup quand il attaque, mais le chaos est plus souvent mis au service de son talent que de la structure adverse. La mue hivernale ressemble à celle d'un candidat au titre.

Radja Nainggolan retrouve ses meilleures sensations dans le losange de Brian Priske., belga
Radja Nainggolan retrouve ses meilleures sensations dans le losange de Brian Priske. © belga

Que fera le Standard quand il aura le ballon ?

Arrivé de Courtrai avec, dans ses bagages, la possession de balle la plus faible du championnat, Luka Elsner semble avoir décidé de miser sur ses forces à Sclessin. Depuis qu'il est le coach des Rouches, le Franco-Slovène n'a gratté qu'un petit point au bout des rencontres conclues avec plus de 50% de possession. Le reste du temps, c'est en misant sur les reconversions que les Liégeois ont engrangé. Forcément, le plan se marie mieux avec des adversaires de renom : ni Bruges, ni Anderlecht, ni l'Antwerp ne sont venus à bout de ce Standard pourtant pas encore assez précis sur ses transitions.

Face à un Club beaucoup trop déséquilibré en perte de balle, la zone faible adverse était clairement identifiée. La solitude de Stanley Nsoki, abandonné par sa structure collective comme s'il devait surveiller un océan depuis une pirogue, a permis aux Rouches de dessiner leurs deux buts et leur énorme occasion de fin de rencontre depuis leur flanc droit. Est-ce une vraie évolution, due à la trêve et au mercato ? Difficile d'oublier que la victoire du Bosuil ou le partage au Jan Breydel datent d'avant les recrues. Le vrai révélateur du nouveau Standard se fera sans doute plus tard, quand il faudra assumer le statut de favori et la possession qui va souvent avec.

Pourquoi Hein Vanhaezebrouck a changé son système de jeu pour affronter Charleroi ?

À la tête d'un noyau décapité par la CAN et les blessures, le coach des Buffalos se méfiait d'un Charleroi aussi minutieusement chorégraphié que ses troupes avec le ballon. Alors, Hein Vanhaezebrouck a troqué son habituel 5-2-2-1 pour un 5-3-2 plus compact et plus bas sur le terrain. Une fermeture des lignes destinée à priver les Zèbres d'une supériorité numérique qu'ils espéraient au milieu grâce à leur 3-1-5-1 désormais bien installé autour d'un quatuor axial derrière l'attaquant.

Contre Charleroi, HVH a choisi un 5-3-2 plus compact et plus bas sur le terrain., belga
Contre Charleroi, HVH a choisi un 5-3-2 plus compact et plus bas sur le terrain. © belga

Privés d'espaces en première période, les Carolos ont légèrement rectifié le tir à la pause, écartant un peu plus Ali Gholizadeh et Anass Zaroury tout en incitant Loïc Bessilé et Stefan Knezevic à apporter le surnombre dans les couloirs. Les centres ont suivi, mais pas les occasions, le jeune revenant Ken Nkuba peinant logiquement à exister dans la surface défendue par le puissant et rigoureux Joseph Okumu. Le match a parfois pris des airs de partie d'échecs, disputée dans le silence d'une nuit sans public. Une volonté de contrôle de part et d'autre qui ampute forcément le match d'une bonne dose de spectacle.

Comment Anderlecht éteint ses adversaires ?

Lors des six dernières sorties mauves en championnat, seul le double champion Brugeois est parvenu à créer plus d'un expected goal aux abords du but défendu par Hendrik Van Crombrugge. Une façon de rappeler que si on présente souvent Pep Guardiola - et par filiation Vincent Kompany - comme un idéaliste de la possession, l'un des atouts majeurs du Catalan repris par son élève est cette faculté à concéder peu d'opportunités.

Pour conserver ses idées offensives, Anderlecht maintient sa balance à l'arrière grâce au sens du devoir de Josh Cullen., belga
Pour conserver ses idées offensives, Anderlecht maintient sa balance à l'arrière grâce au sens du devoir de Josh Cullen. © belga

Trop exposé en début de saison, et surtout loin d'être efficace défensivement lors de ses premières sorties, Anderlecht a trouvé un équilibre difficile à contourner et capable de maîtriser les idées adverses dans une grande partie des situations. Sans le ballon, les Mauves se recroquevillent dans un 4-4-2 compact, animé par des profils dynamiques agressifs qui jaillissent à la moindre passe verticale. Le bloc plus bas est également la configuration favorite de Wesley Hoedt et Lisandro Magallan, à l'aise pour faire la loi dans les airs.

Puisque le Sporting reste malgré tout animé par ses idées offensives, la balance à l'arrière est maintenue par le sens du devoir de Josh Cullen et celui du placement de Kristoffer Olsson, qui permettent aux latéraux de se projeter sans exposer démesurément des centraux incapables de défendre la largeur. La perte de balle haute semble toujours bien préparée, et Malines s'est cassé les dents à son tour sur cet équilibre de mieux en mieux rôdé.

Quel était le plan de Bernd Storck pour neutraliser l'Union ?

Avant cette fameuse centième minute, et le penalty victorieux converti par Dante Vanzeir, le Racing pouvait se targuer d'être l'équipe qui s'était la mieux protégée face aux percées offensives de l'Union depuis le début de saison. Seulement 0,55 expected goal concédé. Bien plus méfiant et organisé que son prédécesseur sur le banc de Genk, Bernd Storck s'était assuré de ne pas laisser trop d'espaces aux redoutables transitions saint-gilloises, quitte à sacrifier une bonne partie de ses ambitions offensives.

Au Parc Duden, Arteaga a dû regarder dans son rétroviseur. Storck lui avait donné moins de liberté offensive., belga
Au Parc Duden, Arteaga a dû regarder dans son rétroviseur. Storck lui avait donné moins de liberté offensive. © belga

Souvent, Junya Ito et Theo Bongonda ont dû se débrouiller seuls pour faire la différence. Un plan contrarié par l'absence au coup d'envoi de Paul Onuachu, capable de faire gagner des dizaines de mètres à son équipe à la chute d'un long ballon. Sans son Soulier d'or, le club limbourgeois devait exclusivement s'en remettre à des ailiers que Felice Mazzù avait pris soin d'enfermer à double tour, trop rarement soutenus par Gerardo Arteaga et Daniel Muñoz.

Le Mexicain et le Colombien, d'habitude plus souvent proches de la ligne de fond adverse que de la leur, ont joué avec des rétroviseurs au Parc Duden. Systématiquement, l'un d'eux s'installait comme milieu défensif pour offrir un rempart supplémentaire en transition, tandis que l'autre restait généralement très bas, couvrant les côtés où Vanzeir et Deniz Undav aiment prendre l'espace pour contourner la défense et centrer vers leur complice favori. Genk a globalement éteint l'équipe la plus flamboyante du championnat, sans pour autant éviter de quitter la capitale avec une défaite sous le bras.

Dès ses premières semaines passées sur le banc du Bosuil, Brian Priske avait probablement compris que le mercato lui amènerait beaucoup de joueurs, mais qu'il aurait besoin de temps pour en faire une équipe. Des talents plutôt que des profils, et une foule de joueurs confirmés qui créent un puzzle aux airs insolubles.Longtemps, le Great Old s'est cherché, en ayant le bon goût de ne pas abandonner trop de points en cours de route. Désormais, le coach danois semble avoir trouvé l'équilibre dans un 4-4-2 losange hybride qui installe du dynamisme et de la verticalité autour de tauliers indéboulonnables : Radja Nainggolan domine l'énergie d'une rencontre par son aura, alors que Michael Frey marque comme si chaque rencontre conclue sans faire trembler les filets devait le renvoyer irrémédiablement sur le banc.C'est autour d'eux que l'Antwerp s'anime. Attaquant théorique, en promenade sur la largeur dans les faits, Benson guette la moindre opportunité de prendre la profondeur ou de croquer un adversaire en un-contre-un et fait reculer la défense. Derrière lui, c'est Michel-Ange Balikwisha qui en profite pour faire parler son sens du démarquage entre les lignes, alors que l'hyperactif Yusuf finit de désorienter le système adverse. Le matricule 1 se désorganise beaucoup quand il attaque, mais le chaos est plus souvent mis au service de son talent que de la structure adverse. La mue hivernale ressemble à celle d'un candidat au titre.Arrivé de Courtrai avec, dans ses bagages, la possession de balle la plus faible du championnat, Luka Elsner semble avoir décidé de miser sur ses forces à Sclessin. Depuis qu'il est le coach des Rouches, le Franco-Slovène n'a gratté qu'un petit point au bout des rencontres conclues avec plus de 50% de possession. Le reste du temps, c'est en misant sur les reconversions que les Liégeois ont engrangé. Forcément, le plan se marie mieux avec des adversaires de renom : ni Bruges, ni Anderlecht, ni l'Antwerp ne sont venus à bout de ce Standard pourtant pas encore assez précis sur ses transitions.Face à un Club beaucoup trop déséquilibré en perte de balle, la zone faible adverse était clairement identifiée. La solitude de Stanley Nsoki, abandonné par sa structure collective comme s'il devait surveiller un océan depuis une pirogue, a permis aux Rouches de dessiner leurs deux buts et leur énorme occasion de fin de rencontre depuis leur flanc droit. Est-ce une vraie évolution, due à la trêve et au mercato ? Difficile d'oublier que la victoire du Bosuil ou le partage au Jan Breydel datent d'avant les recrues. Le vrai révélateur du nouveau Standard se fera sans doute plus tard, quand il faudra assumer le statut de favori et la possession qui va souvent avec.À la tête d'un noyau décapité par la CAN et les blessures, le coach des Buffalos se méfiait d'un Charleroi aussi minutieusement chorégraphié que ses troupes avec le ballon. Alors, Hein Vanhaezebrouck a troqué son habituel 5-2-2-1 pour un 5-3-2 plus compact et plus bas sur le terrain. Une fermeture des lignes destinée à priver les Zèbres d'une supériorité numérique qu'ils espéraient au milieu grâce à leur 3-1-5-1 désormais bien installé autour d'un quatuor axial derrière l'attaquant.Privés d'espaces en première période, les Carolos ont légèrement rectifié le tir à la pause, écartant un peu plus Ali Gholizadeh et Anass Zaroury tout en incitant Loïc Bessilé et Stefan Knezevic à apporter le surnombre dans les couloirs. Les centres ont suivi, mais pas les occasions, le jeune revenant Ken Nkuba peinant logiquement à exister dans la surface défendue par le puissant et rigoureux Joseph Okumu. Le match a parfois pris des airs de partie d'échecs, disputée dans le silence d'une nuit sans public. Une volonté de contrôle de part et d'autre qui ampute forcément le match d'une bonne dose de spectacle.Lors des six dernières sorties mauves en championnat, seul le double champion Brugeois est parvenu à créer plus d'un expected goal aux abords du but défendu par Hendrik Van Crombrugge. Une façon de rappeler que si on présente souvent Pep Guardiola - et par filiation Vincent Kompany - comme un idéaliste de la possession, l'un des atouts majeurs du Catalan repris par son élève est cette faculté à concéder peu d'opportunités.Trop exposé en début de saison, et surtout loin d'être efficace défensivement lors de ses premières sorties, Anderlecht a trouvé un équilibre difficile à contourner et capable de maîtriser les idées adverses dans une grande partie des situations. Sans le ballon, les Mauves se recroquevillent dans un 4-4-2 compact, animé par des profils dynamiques agressifs qui jaillissent à la moindre passe verticale. Le bloc plus bas est également la configuration favorite de Wesley Hoedt et Lisandro Magallan, à l'aise pour faire la loi dans les airs.Puisque le Sporting reste malgré tout animé par ses idées offensives, la balance à l'arrière est maintenue par le sens du devoir de Josh Cullen et celui du placement de Kristoffer Olsson, qui permettent aux latéraux de se projeter sans exposer démesurément des centraux incapables de défendre la largeur. La perte de balle haute semble toujours bien préparée, et Malines s'est cassé les dents à son tour sur cet équilibre de mieux en mieux rôdé.Avant cette fameuse centième minute, et le penalty victorieux converti par Dante Vanzeir, le Racing pouvait se targuer d'être l'équipe qui s'était la mieux protégée face aux percées offensives de l'Union depuis le début de saison. Seulement 0,55 expected goal concédé. Bien plus méfiant et organisé que son prédécesseur sur le banc de Genk, Bernd Storck s'était assuré de ne pas laisser trop d'espaces aux redoutables transitions saint-gilloises, quitte à sacrifier une bonne partie de ses ambitions offensives.Souvent, Junya Ito et Theo Bongonda ont dû se débrouiller seuls pour faire la différence. Un plan contrarié par l'absence au coup d'envoi de Paul Onuachu, capable de faire gagner des dizaines de mètres à son équipe à la chute d'un long ballon. Sans son Soulier d'or, le club limbourgeois devait exclusivement s'en remettre à des ailiers que Felice Mazzù avait pris soin d'enfermer à double tour, trop rarement soutenus par Gerardo Arteaga et Daniel Muñoz. Le Mexicain et le Colombien, d'habitude plus souvent proches de la ligne de fond adverse que de la leur, ont joué avec des rétroviseurs au Parc Duden. Systématiquement, l'un d'eux s'installait comme milieu défensif pour offrir un rempart supplémentaire en transition, tandis que l'autre restait généralement très bas, couvrant les côtés où Vanzeir et Deniz Undav aiment prendre l'espace pour contourner la défense et centrer vers leur complice favori. Genk a globalement éteint l'équipe la plus flamboyante du championnat, sans pour autant éviter de quitter la capitale avec une défaite sous le bras.