Derrière les Français, les joueurs japonais étaient désormais les plus représentés au sein de notre compétition avec 14 représentants. Longtemps en difficulté hors d'Asie, les habitants du Pays du Soleil Levant ont trouvé dans notre plat pays la compétition idéale pour permettre à leurs promesses de s'aguerrir au football européen, même si cet hiver, c'est un grand nom qui s'est déjà frotté à des clubs majeurs de deux des cinq grands championnats, qui viendra relancer sa carrière sous nos latitudes, Shinji Kagawa.
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Derrière les Français, les joueurs japonais étaient désormais les plus représentés au sein de notre compétition avec 14 représentants. Longtemps en difficulté hors d'Asie, les habitants du Pays du Soleil Levant ont trouvé dans notre plat pays la compétition idéale pour permettre à leurs promesses de s'aguerrir au football européen, même si cet hiver, c'est un grand nom qui s'est déjà frotté à des clubs majeurs de deux des cinq grands championnats, qui viendra relancer sa carrière sous nos latitudes, Shinji Kagawa.Les joueurs suisses suivront-ils bientôt cet exemple en affluant en plus grand nombre dans notre compétition. Peu nombreux, disons même carrément rares, ces dernières années, ils sont désormais au nombre de cinq sous contrat dans notre Pro League. Le plus connu est évidemment le co-meilleur buteur de la compétition Michael Frey qui évolue à l'Antwerp après avoir porté les couleurs de Waasland-Beveren la saison dernier. Celui qui compte une sélection avec la Nati, a débarqué en provenance de Fenerbahçe après un prêt peu concluant à Nuremberg. C'est évidemment un parcours différent de celui de Bastien Toma, joueur prometteur venu de la Super League suisse, qui a posé ses valises au RC Genk, lui aussi en septembre 2020, en provenance du FC Sion en échange de 3,70 millions. Cet été, c'est Charleroi qui a fait son marché dans la Confédération helvétique en s'attachant les services du grand défenseur Stefan Knezevic. Agé de 25 ans, il évoluait à Lucerne. Zulte Waregem, qui avait déjà eu un Suisse dans son noyau voici deux années avec Dimitri Oberlin, a obtenu le prêt de Dereck Kutesa qui appartient au Stade de Reims de Wout Faes et Thomas Foket. Kutesa avait rejoint la Champagne pour 1,70 millions d'euros en 2019 en provenance de Saint-Gall. Avant ça, l'ailier gauche était passé par le Lucerne de Knezevic, le FC Bâle et le Servette FC. Le Vaudois Cameron Puertas qui a débarqué de Lausanne-Sport cet hiver à l'Union Saint-Gilloise sera donc le quatrième suisse (même s'il doit encore attendre un peu avant d'avoir réellement droit à son passeport) à rejoindre le plat pays en moins d'un an et demi. On signalera que Leonardo Bertone, qui avait rejoint Waasland-Beveren lors de l'été 2020 en même temps que Frey, a accompagné les Bleu et Jaune en D1B. Une division dans laquelle on retrouve aussi Chris Kablan dans la même formation, Léo Seydoux à Westerlo, et enfin Aimery Pinga à l'Excelsior Virton. Si Bastien Toma reste sous contrat avec Genk, il a cependant été renvoyé à Saint-Gall, le club d'où il venait, pour six mois sans option d'achat. Il est lié jusqu'en 2024 dans le Limbourg. D'autres Suisses débarqueront-ils dans notre compétition d'ici le 31 janvier ? Il reste encore quelques heures pour le savoir.Si la Suisse a atteint les quarts de finale du dernier Euro, en sortant notamment le champion du monde français en 1/8e de finale, le nombre de joueurs appartenant à des cercles membres du top 5 européen n'est pas aussi important que chez nos Diables rouges. Des joueurs partis de notre compétition ont réussi à s'imposer dans les championnats les plus compétitifs du continent, c'est en revanche un peu moins le cas des footballeurs ayant brillé en Super League, même si on rappellera qu'un certain Mohammed Salah venait du FC Bâle et est désormais considéré comme l'un des 10 meilleurs joueurs de la planète et l'un des tous meilleurs de Liverpool. Cependant, il avait dû emprunter des étapes intermédiaires à la Fiorentina et à l'AS Roma après un premier passage de la Suisse à Chelsea qui s'est avéré être un fiasco. Globalement, les Suisses privilégient aussi plus souvent la Bundesliga et la Serie A que la Premier League ou la Liga pour leur exil dans un championnat du top 5. Sûrement une question de proximité et de style de jeu plus apte à s'intégrer à ces deux compétitions. Les joueurs stars de la Super League ont aussi rarement réussi leur bond vers le sommet. Seydou Doumbia, triple meilleur buteur, a connu des expériences ratées à l'AS Roma et à Newcastle. Shkëlzen Gashi, double meilleur buteur n'a jamais quitté à compétition à l'exception d'une expérience ratée aux Etats-Unis, Munas Dabbur, meilleur artificier de la saison 2015-16 a dû passer par Salzbourg avant de rejoindre Séville où il n'a pas réussi et évolue désormais à Hoffenheim où il ne fait pas figure d'incontournable. Albian Ajeti, meilleur buteur sous les couleurs de Bâle en 2018, s'est planté à West Ham et maintenant au Celtic Glasgow. Seul Alexander Frei, doublement titré dans ce classement, s'en est sorti avec un bilan honorable tant sous les couleurs du Stade Rennais que de celles du Borussia Dortmund. Le constat d'échec est en revanche encore plus marqué chez les meilleurs passeurs de la plus haute division suisse puisque depuis Yoric Ravet, double meilleur donneur d'assists (35 sur deux saisons), en 2016 et 2017 est le dernier à avoir rejoint un club d'un championnat du top 5 européen, mais son passage à Fribourg fut un flop et il évolue désormais en Ligue 2 française à Grenoble...Malgré une présence plus régulière dans la phase de poule de la Champions League, les cadres des Young Boys n'ont pas tous tentés directement l'exil vers les 5 meilleurs championnats, sans doute échaudés par les quelques échecs évoqués ci-dessus. L'arrière droit Silvan Hefti a par exemple rejoint Genoa en janvier et a joué quatre matches pour le club désormais entraîné par Alexander Blessin. Mais tous les joueurs issus de Super League ne connaissent pas le même destin, raison pour laquelle Michel Aebischer et Jean-Pierre Nsame, meilleur buteur lors des deux dernières saisons de Super League, prennent leur temps avant de quitter la capitale suisse. Le premier vient cependant d'être loué à Bologne pour six mois, preuve que malgré leurs ambitions, ils ne veulent pas voir leur carrière s'enterrer en visant trop haut. Un très grand talent comme Kastriot Imeri qui évolue au Servette et est déjà évalué à 6 millions d'euros malgré ses 21 ans devrait pouvoir rejoindre facilement une grande compétition avec l'ambition légitime de s'y imposer. Même si l'on a déjà vu certaines grandes promesses helvète peiner à faire leur trou comme un Xerdan Shaqiri qui a rarement été titulaire au Bayern Munich, à l'Inter Milan, à Liverpool ou maintenant à Lyon. Malgré la garantie d'une réussite, les profils de joueurs suisses et belges restent populaires auprès des recruteurs des grands championnats. "Les Belges et les Suisses ont bonne réputation parce qu'ils sont bien formés et s'adaptent généralement partout", pense Stéphane Henchoz, ancien joueur de Liverpool qui va désormais intégrer l'équipe de recruteurs de l'Olympique Lyonnais. "Ils proviennent de petits pays multiculturels qui profitent à plein de l'apport de joueurs issus de l'immigration."Mais derrière les joueurs plus doués naturellement ou plus expérimentés, il reste toute une série de talents ayant besoin de plus de temps dans leur développement et qui ont certainement besoin d'un palier en plus avant de rejoindre l'Italie, l'Allemagne, la France ou l'Angleterre.La Belgique présente sur le papier le profil idéal de l'étape intermédiaire. Le niveau global y est plus élevé que la Super League, même si la mauvaise saison européenne des clubs belges a fait chuter notre pays au classement UEFA (13e). Malgré cela, les Suisses perçoivent toujours notre Pro League comme supérieure. La Confédération n'était d'ailleurs que 19e du classement avant cette saison où elle est remontée quasi à notre hauteur (14e), grâce notamment aux performance des Young Boys en Champions League et celles du FC Bâle en Conference League.À la fin de la saison dernière, la Pro League était le 9e championnat européen, c'est à dire au niveau des ligues russe ou néerlandaise, un peu en dessous de celle du Portugal. Notre glorieux passé, même s'il est de plus en plus périmé, plaidait aussi en notre faveur auprès des joueurs suisses en quête d'une première expérience à l'étranger dans un championnat abordable.Le football belge est perçu comme un football à l'anglaise où le ballon va rapidement d'un rectangle à l'autre, avec des nombreux espaces et des deuxièmes mi-temps qui partent souvent en attaque-défense. C'était en tout cas l'avis de Dereck Kutesa qui a rejoint récemment Zulte-Waregem.Paul Bollendorf, de l'agence Soccer Mondial, qui représente notamment les intérêts de Bertone, Knezevic et Frey, estime dans les colonnes du quotidien Suisse Le Matin que la vision suisse sur la Belgique doit changer: "Comme pour les Pays-Bas, ce sont des championnats qui se situent juste derrière le Big Five", affirme-t-il. "C'est presque mieux que d'aller dans certains clubs de Ligue 1." Certains Suisses sont d'ailleurs tombés de haut en arrivant dans leur nouveau club du plat pays. Bastien Toma peut en témoigner puisqu'il n'a disputé que 31 matches pour Genk depuis son arrivée en 2020 et n'est certainement pas l'un des cadres des Limbourgeois. Il va d'ailleurs retourner dans son club suisse lors des six prochains mois.L'intérêt n'est pas uniquement que sportif. "Le marché belge est énorme", insiste Bollendorf. "Les clubs progressent continuellement, ils ont des propriétaires qui investissent, des structures sportives qui se développent, et ce malgré la pandémie. On ne se rend pas forcément compte des sommes de transferts et des salaires que les clubs belges peuvent dépenser. C'est un marché complètement différent de la Suisse.", assure l'agent de joueurs.Lors de la saison 2019-2020, le salaire moyen d'un pensionnaire de Pro League était évalué à 430.000 euros par an. Un montant, contrairement aux croyances populaires, 2,75 fois plus important que ceux proposés aux joueurs de Super League."Celui qui joue chez le 15e en Belgique recevra un meilleur salaire que chez le 3e ou 4e en Suisse", ajoute Paul Bollendorf. Ce dernier insiste aussi sur la plus grande culture du football qui existe dans notre pays. Il pense aussi que le format de notre compétition a permis à nos clubs d'être plus compétitifs au niveau européen. "Ces championnats ne sont pas comparables, en termes de nombre de clubs, de droits TV... C'est notre perception qui doit changer." En D1B aussi, les Suisses commencent à établir leurs quartier. Waasland-Beveren est entraîné par deux Helvètes Marc Schneider et Pascal Cerrone. Sur la pelouse du Freethiel, ils dirigent d'ailleurs deux autres anciens Thounois comme éléments-clés: le milieu Leonardo Bertone, ancien champion de Suisse avec le YB Berne, et le latéral Chris Kablan. Rappelons que Michael Frey avait aussi son casier de vestiaire dans le pays de Waes la saison passée. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si autant de Suisses sont venus dans ce club détenu à 97% par le fonds d'investissement américain Bolt Football Holdings et désormais dirigé par un Français de 31 ans, Antoine Goubin. Les connexions des agents de Bertone et de Frey avec le football belge ont facilité leur venue à Beveren mais ces derniers mois c'était la présence d'un directeur sportif qui facilitait les liens avec la Confédération. Roger Stilz, désormais parti à Jahn Regensburg en 2e Bundesliga, fut l'éphémère patron sportif de Waasland-Beveren entre janvier et novembre 2021. L'homme a longtemps été entraîneur adjoint à Hambourg et à Nuremberg, avant de recevoir des fonctions plus importantes mais en dehors du terrain. C'est lui qui a placé sur le banc du Freethiel le duo Schneider-Cerrone.Un entraîneur suisse parviendra-t-il dans un futur proche à réussir ce que René Weiler avait réussi en l'espace d'une saison à Anderlecht. Ces nouveaux liens étroits entre la Belgique et la Suisse pourront peut-être le permettre.