En septembre, le président et vous aviez décrété qu'un changement d'entraîneur n'était pas la solution et que Glen De Boeck avait besoin de temps pour former une équipe. Son renvoi veut-il dire qu'il n'y est pas parvenu ?
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En septembre, le président et vous aviez décrété qu'un changement d'entraîneur n'était pas la solution et que Glen De Boeck avait besoin de temps pour former une équipe. Son renvoi veut-il dire qu'il n'y est pas parvenu ?Non. Il a connu une meilleure période, ponctuée par des victoires à Westerlo et à Eupen. Puis, dans les sept derniers matches, nous n'avons inscrit qu'un seul but, nous avons perdu cinq fois d'affilée et avons dégringolé à l'avant-dernière place. Une série pareille pèse sur les joueurs, le staff, les supporters, tout le monde. Une fois menés, certains baissaient les bras. C'était l'indice d'un problème mental. Il est difficile de redresser le moral des troupes pour un entraîneur qui travaille avec elles depuis un moment car il finit par perdre son inspiration. Nous avons donc décidé d'offrir une autre source d'inspiration et d'autres perspectives aux joueurs, en engageant un autre entraîneur. La direction sportive a choisi Mircea Rednic parce qu'il est chevronné, qu'il connaît bien le championnat de Belgique et qu'il était disponible. D'après lui, l'Excel possède assez de qualités pour viser un meilleur classement. Allez-vous lui donner la chance de prouver ses dires en n'engageant personne en janvier ou a-t-il changé d'avis depuis ses débuts, qui se sont soldés par une défaite 1-4 contre le FC Malines ? Il faut interpréter son message comme ceci : la qualité est souvent une question de confiance. Il a fait comprendre aux joueurs qu'il leur appartenait de mériter leur sélection et que chacun recevrait sa chance. Il a remarqué un certain talent sur les DVD qu'il a visionnés et il va effectuer une évaluation du potentiel avant la pause hivernale. Nous en discuterons en interne. Les divisions internes ne sont-elles pas une partie du problème ? Les tensions entre Yuri Selak et Glen De Boeck n'ont-elles pas été néfastes ? Quand le manager sportif permet à Filip Markovic de rater un entraînement pour aller voir son frère au Sporting Lisbonne, sans l'avis de l'entraîneur, ne sape-t-il pas l'autorité de celui-ci ? Je ne peux pas confirmer cette histoire. Pour le reste, je pense qu'il peut y avoir des discussions et des divergences de vues mais les problèmes doivent être discutés en interne : dans la presse, ils sont interprétés, mis en évidence, polarisés. Nous pouvons nous en passer. C'est un aspect à surveiller. Par ailleurs, dès son premier entretien, Monsieur Rednic a été clair : c'est lui qui compose l'équipe et qui détermine comment on travaille. Il faut respecter ça à 200 %. L'Excel n'a pas encore prouvé sa viabilité au plus haut niveau. Mais comment se fait-il qu'un club lié à de grands managers internationaux ne parvienne pas à former une équipe qui évite la lutte pour le maintien ? Est-il plus important pour les propriétaires étrangers du club de donner leur chance à de jeunes footballeurs, pour en augmenter la valeur, que de terminer plus haut dans le classement ?Tout n'est pas en noir et blanc. La qualité est chère. Nous préférerions disposer de quelques millions de plus. Il s'agit aussi de trouver des joueurs qui s'intègrent à la culture et aux valeurs du club. Ici, c'est Mouscron et les gens veulent des joueurs qui sont prêts à travailler dur. Autre aspect important : créer un climat au sein duquel les jeunes puissent se développer dans de bonnes conditions. Ils sont responsables de leur propre carrière mais ils ont besoin d'une équipe stable, avec des joueurs expérimentés, et pas d'une équipe qui lutte contre la relégation. C'est aussi ça que veulent les supporters. C'est la vision que nous poursuivons, à terme. Que signifierait une rétrogradation pour l'engagement des propriétaires étrangers et l'avenir de l'Excel ? Nous n'y pensons pas pour le moment. La priorité est de mettre en oeuvre tous les moyens possibles pour rester en D1A. Ça doit être la priorité de chacun, pour les supporters encore plus. Par Christian Vandenabeele