Des fleurs, une standing ovation, femme et enfants qui l'attendent pour le féliciter dans le rond central et un tour d'honneur à Daknam: c'est ainsi qu'auraient dû se dérouler les adieux de Killian Overmeire au Sporting Lokeren. Le sort en a décidé autrement, le 28 février 2020. Le match contre le Beerschot a dû être temporairement arrêté alors que le marquoir indiquait 0-2 et qu' Omri Ben Harush et Jelle Van Damme avaient chacun écopé d'un carton rouge. Juste avant cela, Mister Lokeren avait dû calmer le noyau dur après un déploiement des forces de police. "Je n'ai pas eu droit aux adieux rêvés", reconnaît Overmeire. "Mais j'ai quand même apprécié le moment. Je savais que ça pouvait être mon dernier match. Après le coup de sifflet final, je me suis éternisé dans la salle des fêtes. L'ambiance était bizarre, comme si tout le monde prenait congé du club."
...

Des fleurs, une standing ovation, femme et enfants qui l'attendent pour le féliciter dans le rond central et un tour d'honneur à Daknam: c'est ainsi qu'auraient dû se dérouler les adieux de Killian Overmeire au Sporting Lokeren. Le sort en a décidé autrement, le 28 février 2020. Le match contre le Beerschot a dû être temporairement arrêté alors que le marquoir indiquait 0-2 et qu' Omri Ben Harush et Jelle Van Damme avaient chacun écopé d'un carton rouge. Juste avant cela, Mister Lokeren avait dû calmer le noyau dur après un déploiement des forces de police. "Je n'ai pas eu droit aux adieux rêvés", reconnaît Overmeire. "Mais j'ai quand même apprécié le moment. Je savais que ça pouvait être mon dernier match. Après le coup de sifflet final, je me suis éternisé dans la salle des fêtes. L'ambiance était bizarre, comme si tout le monde prenait congé du club." Overmeire a tourné la page. Il a quitté le vestiaire de Lokeren pour s'installer dans un bureau au milieu du parc industriel d'Eeklo. Avec son associé Thomas, il gère un petit empire. T.K. Investment est actif dans l'immobilier, et avec T.K. Cleaning, s'occupe de nettoyage industriel. "Nous nettoyons des bureaux, des magasins, des hôtels, des restaurants..." Aviez-vous depuis longtemps l'idée de créer une société ou l'idée a-t-elle germé pendant vos mois de chômage comme footballeur? KILLIAN OVERMEIRE: C'est venu par hasard pendant le premier confinement. Après la faillite de Lokeren, je me suis retrouvé à la maison et je ne savais pas quoi faire. J'avais toujours dit que je m'accorderais une année sabbatique après ma carrière, mais je me suis rapidement ravisé. Rester à la maison, très peu pour moi. J'ai besoin de défis. Lorsque Thomas m'a demandé de l'aider, je n'ai pas hésité une seconde. Un jour, il a reçu une demande spéciale d'un client: nettoyer un immeuble de cinq appartements. Ça s'est très bien passé et le bouche-à-oreille a fonctionné. Quelques mois plus tard, notre société est née. Les affaires marchent bien même si c'est un secteur concurrentiel: la signature d'un contrat dépend parfois d'un dixième d'euro par mètre carré. Le football ne vous a pas manqué ces derniers mois? OVERMEIRE: Si, quand même. Un nouveau monde s'est ouvert à moi. J'apprends beaucoup de choses et je m'amuse beaucoup. Mais rien ne pourra jamais remplacer les 17 années que j'ai passées comme footballeur professionnel. Le stress d'avant-match, les nonante minutes sur le terrain, les poussées d'adrénaline, la joie d'une victoire, l'ambiance dans le stade... Je ne retrouverai ça dans aucun autre sport ou métier. Vous parveniez toujours à vous motiver pour un déplacement, en plein hiver, à Eupen, Ostende ou Charleroi? OVERMEIRE: J'aimais beaucoup jouer au football en hiver. J'avais plus de difficultés en été, lorsqu'il y avait 30°C. Mais quelles que soient les circonstances, je pouvais toujours me motiver pour n'importe quel match. J'ai entendu de nombreux anciens footballeurs dire: "Footballeur, c'est le plus beau métier du monde. Profites-en aussi longtemps que tu le peux." Aujourd'hui, je me rends compte qu'ils avaient raison. Vous voyez-vous travailler dans le monde du football comme entraîneur, agent ou une autre fonction? OVERMEIRE: J'ignore où, quand et dans quelle fonction, mais je suis persuadé que mon avenir se situe dans le monde du football. Mais pour l'instant, je suis occupé à autre chose et je ne sais pas combien de temps ça durera. Mais je reviendrai dans le football. Vous dites avoir besoin de défis. Pourquoi n'avez-vous jamais quitté Lokeren malgré l'intérêt de quelques clubs du G5? OVERMEIRE: Je n'ai jamais refusé catégoriquement. J'ai toujours voulu savoir où se situaient mes limites. Je me suis demandé si j'aurais eu ma place dans une équipe plus ambitieuse. Durant la première saison sous Peter Maes, j'étais en fin de contrat et un club du G5 s'est intéressé à moi. Je me suis assis à la table des négociations. Pas une fois, mais deux fois. À cause des circonstances, l'affaire ne s'est pas concrétisée. Était-ce Bruges? OVERMEIRE: Oui. On peut s'imaginer que Lokeren et Roger Lambrecht vous aient mis plus d'une fois des bâtons dans les roues. OVERMEIRE: Un jour, j'ai été contacté directement par la direction d'un club étranger. Ma femme a cherché tout ce qu'elle pouvait trouver sur la ville et elle s'est directement montrée enthousiaste à l'idée d'un déménagement. Pour moi, c'était une chance unique. J'ai fait part de l'intérêt au directeur technique Willy Reynders et il a répondu: "OK, tu peux partir pour 1,5 million d'euros." C'était beaucoup d'argent pour un gars de plus de trente ans, mais je n'ai pas voulu forcer un transfert. Je voulais aussi montrer ma reconnaissance à un club qui m'a permis de gravir tous les échelons, des équipes de jeunes à la D1. Comprenez-vous que votre choix de rester 17 ans dans un club de milieu de classement comme Lokeren puisse être interprété comme un manque d'ambition? OVERMEIRE: ( Il soupire) J'étais heureux à Lokeren et à l'époque de Peter Maes, le club a remporté deux Coupes de Belgique, disputé des compétitions européennes et participé plusieurs fois aux play-offs 1. Je savais que Lokeren avait atteint ses limites et ne deviendrait jamais un club de pointe, mais la direction avait l'ambition de se stabiliser dans le subtop. Pendant plusieurs années, Mark Volders a été votre agent. Il n'a pas dû gagner beaucoup d'argent avec vous? OVERMEIRE: ( Il rit) Je n'étais effectivement pas le meilleur client. En plus, il n'a pas touché les commissions auxquelles il avait droit parce que Lokeren est tombé en faillite. Je dois faire attention à ce que je dis, mais Mark est l'une des rares personnes du monde du football en qui j'ai pleine confiance. Durant l'automne, vous vous êtes entraîné un moment avec les jeunes du Club NXT. En tant que trentenaire, vous sentiez-vous à l'aise parmi eux? OVERMEIRE: J'étais l'un d'eux et sur le terrain, je ne me laissais pas marcher sur les pieds. Dès le premier entraînement, je me suis mis à coacher et à crier. Je me suis excusé auprès de l'entraîneur Rik De Mil, mais il trouvait ça fantastique. Ces garçons me respectaient et grâce à eux, j'ai retrouvé le plaisir qui avait un peu disparu. Avez-vous songé à l'époque où vous avez intégré le noyau A de Lokeren, composé de joueurs comme João Carlos, Marc Hendrikx, Arnar Vidarsson, Arnar Grétarsson et Olivier Doll? OVERMEIRE: ( Il acquiesce) Je dois dire que les temps ont changé. Lorsque j'ai intégré le noyau A, je me planquais dans un coin du vestiaire et je n'ouvrais la bouche que lorsqu'on me posait une question. Aujourd'hui, les jeunes ont la langue bien pendue et les mentalités ne changent pas dans un sens positif, malheureusement. Les jeunes sont contents lorsqu'ils peuvent signer un premier contrat pro. Ils n'ont pas cette envie de se montrer meilleurs que leurs concurrents. Dès la fin de l'entraînement, ils sont pressés de rentrer chez eux pour jouer à la PlayStation. Moi, j'ai dû manger mon pain noir pendant deux ans avant d'intégrer l'équipe. Avez-vous joué votre rôle de capitaine auprès des jeunes? OVERMEIRE: Je leur parlais d'éthique de travail. Je les encourageais à se rendre à la salle de musculation, à faire des exercices supplémentaires. Ortwin De Wolf écoutait mes conseils. Je savais qu'il réussirait, car il se donnait beaucoup de mal. Les autres pensaient sans doute que j'étais chiant. Mais j'étais animé des meilleures intentions. Lorsque j'étais jeune moi-même, Davy De Beule m'avait guidé et je voulais à mon tour guider les jeunes.