" Francky Dury m'a fait une promesse en début de saison : l'année prochaine, tu repartiras dans une plus grande équipe. " Il y a quelques semaines, Theo Bongonda évoquait cette prophétie dans nos colonnes. À l'analyse, le coach du Essevee avait vu juste puisque Bongonda rejoindra Genk pour un montant record (entre clubs belges) de 7 millions d'euros, conséquence d'une surenchère à laquelle les plus grands clubs du pays se sont invités. Douze mois plus tôt, l'histoire était bien différente. Le jeune Carolo sortait d'une saison pourrie du côté de Trabzonspor après deux saisons bien plus réussies en Liga. Le retour-maison avait toutefois un prix : 1,6 million d'euros pour s'attacher définitivement ses services au Celta Vigo, un coût là aussi record pour les modestes finances de Zulte Waregem. Quatorze buts et autant d'assists plus tard, joueur, coach, dirigeants, tout le monde se félicite de l'investissement.

Anderlecht voulait d'abord être fixé sur le choix du coach avant d'aller plus loin. " Fouad Ben Kouider, son agent

Le Theo nouveau

Il y a douze mois, le Club Bruges était déjà sur la balle mais avait été freiné par la saga bien trop longue autour du transfert d'Anthony Limbombe et d'un investissement déjà conséquent -on évoquait alors une somme de 3 millions d'euros pour Bongonda. Tout ne fut pourtant pas parfait. Ce retour au premier plan a mis quelques mois à se dessiner. Entre " père Francky " et " fils Theo ", il y eut même de vives tensions durant les premiers mois. " Je sais que tout ce qu'il a fait, c'était pour m'aider, il n'avait aucune raison de me saboter ", reconnaît aujourd'hui Bongonda à propos de son coach spirituel. " C'est lui qui m'a lancé en première division, c'est lui qui souhaitait mon retour au club... "

Francky Dury a lui assisté à une véritable métamorphose du successeur à Genk de Leandro Trossard. " Avant, il fallait l'obliger à faire des exercices supplémentaires au club. Ces derniers mois, il les faisait à son initiative. Quand, en mars, les sollicitations autour de son transfert ont débuté, il a su rester concentré sur son football et non pas sur les 100.000 euros en plus ou en moins sur son contrat ", pointe coach Dury dans Het Laatse Nieuws.

Theo Bongonda : " Je me suis dit que c'était ma dernière chance. J'ai peut-être laissé trop l'opportunité à certains de se moquer de moi. J'ai pris des décisions un peu radicales avec certaines personnes, qui n'étaient pas forcément mauvaises. Si j'avais continué avec les mêmes personnes, si j'avais continué à mener le même train de vie qu'avant, j'aurais peut-être échoué à Zulte. "

Cette mauvaise réputation qui l'a trop longtemps accompagné, le tout jeune père de famille l'a depuis balayée. Un Theo nouveau est né cette saison. Un élément que Zulte Waregem va regretter : " Surtout la verticalité de ses actions. Une combinaison d'explosivité et de technique ", analyse Dury.

Objectif Diables

Son agent, Fouad Ben Kouider, est évidemment le premier à se féliciter de cette montée en puissance, qui a découlé sur le plus gros transfert de ce printemps. " On a pris le pouls avec tous les plus gros clubs belges. Car Theo avait envie de prolonger sa carrière au sein d'un club du top de notre championnat et ce malgré un intérêt constant et croissant de l'étranger ( Rennes, Brighton, le Celtic Glasgow ou Mainz sont venus aux nouvelles, ndlr). " Avec cet objectif avoué : rejoindre les Diables de Roberto Martinez. " Je ne suis pas naïf, ce n'est pas à Zulte que je pouvais être appelé. "

Bruges, Genk, et le Standard étaient prêts à lui offrir cette opportunité. " Même Anderlecht ", poursuit Fouad Ben Kouider. " J 'ai rencontré Michael Verschueren à ce sujet mais le club voulait d'abord être fixé sur le choix du coach avant d'aller plus loin. Leur volonté était aussi de sortir pas mal de joueurs en échange de Theo et une somme d'argent, ce qui n'était pas pour nous, ni pour Zulte, la meilleure option. "

La revanche de Genk

Genk, Bruges et le Standard s'intéressent au joueur depuis plusieurs mois, mais tout s'est accéléré ces dernières semaines. " J'ai d'abord rencontré Bruno Venanzi seul, puis Michel Preud'homme en compagnie de Theo. Ils nous ont répété tout le bien qu'ils pensaient du joueur ", prolonge Ben Kouider. Après s'être retiré du dossier à l'été 2018, Bruges, par l'intermédiaire de Vincent Mannaert, est revenu à la charge. Le directeur général du Club rencontre le joueur, se déplace à Zulte Waregem, mais ne se dit pas prêt à toutes les folies pour un joueur de 23 ans, dont il craint que la plus-value sera minime. Le lundi 20 mai, Bruno Venanzi échange à nouveau avec le clan Bongonda. Le mercredi 22 mai, c'est Bruges qui revient à la charge. Le lendemain c'est au tour de Genk. Le Standard comprend qu'il va falloir casser une tirelire (peu conséquente) et se retire des enchères. " Peter Croonen et Dimitri de Condé ont été extrêmement convaincants ", précise Ben Kouider. Tant financièrement (avec un salaire à plus de 1.200.000 euros brut sur quatre ans) que sportivement alors qu'on a cru longtemps que Bruges empocherait la montre en or.

Un transfert sur fond de revanche après le départ douloureux du coach champion, Philippe Clement, vers le Club. " Theo voulait que tout soit bouclé en juin afin de connaître la préparation la plus sereine ", explique son agent. Il y a peu, Lil T profitait encore des joies de Big Apple avant de rentrer parapher les deniers détails de son contrat et de rencontrer enfin son futur coach.

L'histoire aurait pourtant pu prendre une autre tournure quand le Pyramids FC a débarqué, en offrant à Bongonda le double de son nouveau salaire limbourgeois. Mogi Bayat envisage alors d'en profiter pour faire revenir Cristian Benavente en Belgique et recréer son association avec Felice Mazzù au Racing. Le joueur, animé par le défi sportif, a décliné la proposition égyptienne. C'est aussi pour franchir un dernier palier sur le sol belge qu'il préfère Genk au Celtic, insistant jusqu'au bout pour son transfert.

À 23 ans, après avoir brillé à Old Trafford avec le Celta Vigo en demi-finale de l'Europa League, le " plus grand joueur de l'histoire de Zulte Waregem après Thorgan Hazard " (dixit Francky Dury) va regoûter aux grandes soirées européennes. Avec sur le dos les 7 millions d'un transfert historique. Ce qui n'est pas de nature à l'effrayer le moins du monde.

Par Thomas Bricmont

" Francky Dury m'a fait une promesse en début de saison : l'année prochaine, tu repartiras dans une plus grande équipe. " Il y a quelques semaines, Theo Bongonda évoquait cette prophétie dans nos colonnes. À l'analyse, le coach du Essevee avait vu juste puisque Bongonda rejoindra Genk pour un montant record (entre clubs belges) de 7 millions d'euros, conséquence d'une surenchère à laquelle les plus grands clubs du pays se sont invités. Douze mois plus tôt, l'histoire était bien différente. Le jeune Carolo sortait d'une saison pourrie du côté de Trabzonspor après deux saisons bien plus réussies en Liga. Le retour-maison avait toutefois un prix : 1,6 million d'euros pour s'attacher définitivement ses services au Celta Vigo, un coût là aussi record pour les modestes finances de Zulte Waregem. Quatorze buts et autant d'assists plus tard, joueur, coach, dirigeants, tout le monde se félicite de l'investissement. Il y a douze mois, le Club Bruges était déjà sur la balle mais avait été freiné par la saga bien trop longue autour du transfert d'Anthony Limbombe et d'un investissement déjà conséquent -on évoquait alors une somme de 3 millions d'euros pour Bongonda. Tout ne fut pourtant pas parfait. Ce retour au premier plan a mis quelques mois à se dessiner. Entre " père Francky " et " fils Theo ", il y eut même de vives tensions durant les premiers mois. " Je sais que tout ce qu'il a fait, c'était pour m'aider, il n'avait aucune raison de me saboter ", reconnaît aujourd'hui Bongonda à propos de son coach spirituel. " C'est lui qui m'a lancé en première division, c'est lui qui souhaitait mon retour au club... " Francky Dury a lui assisté à une véritable métamorphose du successeur à Genk de Leandro Trossard. " Avant, il fallait l'obliger à faire des exercices supplémentaires au club. Ces derniers mois, il les faisait à son initiative. Quand, en mars, les sollicitations autour de son transfert ont débuté, il a su rester concentré sur son football et non pas sur les 100.000 euros en plus ou en moins sur son contrat ", pointe coach Dury dans Het Laatse Nieuws. Theo Bongonda : " Je me suis dit que c'était ma dernière chance. J'ai peut-être laissé trop l'opportunité à certains de se moquer de moi. J'ai pris des décisions un peu radicales avec certaines personnes, qui n'étaient pas forcément mauvaises. Si j'avais continué avec les mêmes personnes, si j'avais continué à mener le même train de vie qu'avant, j'aurais peut-être échoué à Zulte. " Cette mauvaise réputation qui l'a trop longtemps accompagné, le tout jeune père de famille l'a depuis balayée. Un Theo nouveau est né cette saison. Un élément que Zulte Waregem va regretter : " Surtout la verticalité de ses actions. Une combinaison d'explosivité et de technique ", analyse Dury. Son agent, Fouad Ben Kouider, est évidemment le premier à se féliciter de cette montée en puissance, qui a découlé sur le plus gros transfert de ce printemps. " On a pris le pouls avec tous les plus gros clubs belges. Car Theo avait envie de prolonger sa carrière au sein d'un club du top de notre championnat et ce malgré un intérêt constant et croissant de l'étranger ( Rennes, Brighton, le Celtic Glasgow ou Mainz sont venus aux nouvelles, ndlr). " Avec cet objectif avoué : rejoindre les Diables de Roberto Martinez. " Je ne suis pas naïf, ce n'est pas à Zulte que je pouvais être appelé. " Bruges, Genk, et le Standard étaient prêts à lui offrir cette opportunité. " Même Anderlecht ", poursuit Fouad Ben Kouider. " J 'ai rencontré Michael Verschueren à ce sujet mais le club voulait d'abord être fixé sur le choix du coach avant d'aller plus loin. Leur volonté était aussi de sortir pas mal de joueurs en échange de Theo et une somme d'argent, ce qui n'était pas pour nous, ni pour Zulte, la meilleure option. " Genk, Bruges et le Standard s'intéressent au joueur depuis plusieurs mois, mais tout s'est accéléré ces dernières semaines. " J'ai d'abord rencontré Bruno Venanzi seul, puis Michel Preud'homme en compagnie de Theo. Ils nous ont répété tout le bien qu'ils pensaient du joueur ", prolonge Ben Kouider. Après s'être retiré du dossier à l'été 2018, Bruges, par l'intermédiaire de Vincent Mannaert, est revenu à la charge. Le directeur général du Club rencontre le joueur, se déplace à Zulte Waregem, mais ne se dit pas prêt à toutes les folies pour un joueur de 23 ans, dont il craint que la plus-value sera minime. Le lundi 20 mai, Bruno Venanzi échange à nouveau avec le clan Bongonda. Le mercredi 22 mai, c'est Bruges qui revient à la charge. Le lendemain c'est au tour de Genk. Le Standard comprend qu'il va falloir casser une tirelire (peu conséquente) et se retire des enchères. " Peter Croonen et Dimitri de Condé ont été extrêmement convaincants ", précise Ben Kouider. Tant financièrement (avec un salaire à plus de 1.200.000 euros brut sur quatre ans) que sportivement alors qu'on a cru longtemps que Bruges empocherait la montre en or. Un transfert sur fond de revanche après le départ douloureux du coach champion, Philippe Clement, vers le Club. " Theo voulait que tout soit bouclé en juin afin de connaître la préparation la plus sereine ", explique son agent. Il y a peu, Lil T profitait encore des joies de Big Apple avant de rentrer parapher les deniers détails de son contrat et de rencontrer enfin son futur coach. L'histoire aurait pourtant pu prendre une autre tournure quand le Pyramids FC a débarqué, en offrant à Bongonda le double de son nouveau salaire limbourgeois. Mogi Bayat envisage alors d'en profiter pour faire revenir Cristian Benavente en Belgique et recréer son association avec Felice Mazzù au Racing. Le joueur, animé par le défi sportif, a décliné la proposition égyptienne. C'est aussi pour franchir un dernier palier sur le sol belge qu'il préfère Genk au Celtic, insistant jusqu'au bout pour son transfert. À 23 ans, après avoir brillé à Old Trafford avec le Celta Vigo en demi-finale de l'Europa League, le " plus grand joueur de l'histoire de Zulte Waregem après Thorgan Hazard " (dixit Francky Dury) va regoûter aux grandes soirées européennes. Avec sur le dos les 7 millions d'un transfert historique. Ce qui n'est pas de nature à l'effrayer le moins du monde. Par Thomas Bricmont