Au petit jeu de la phrase la plus entendue depuis la multiplication de mes allées et venues en territoire belge, la tête du classement est plus serrée qu'en Pro League. Dans le rôle du champion en titre, candidat à sa propre succession, "T'es sympa pour un Français" est un classique qui triomphe de ses adversaires, week-end après week-end. Dans celui de l' outsider pour qui tous les signaux semblent au vert cette saison, "Tu vois qui pour le top 4?" dispose sans aucun doute des armes pour lever les bras sur la ligne d'ici quelques semaines. Logique, au vu des questions fréquemment posées aux journalistes et consultants, à qui on demande des pronostics comme on demande sa bonne aventure à Madame Irma, pensant certainement que nous avons à disposition le sacro-saint almanach des sports que Marty McFly achète dans "Retour vers le futur 2" . Logique, également, puisque la pression quant aux play-offs m'avait déjà é...

Au petit jeu de la phrase la plus entendue depuis la multiplication de mes allées et venues en territoire belge, la tête du classement est plus serrée qu'en Pro League. Dans le rôle du champion en titre, candidat à sa propre succession, "T'es sympa pour un Français" est un classique qui triomphe de ses adversaires, week-end après week-end. Dans celui de l' outsider pour qui tous les signaux semblent au vert cette saison, "Tu vois qui pour le top 4?" dispose sans aucun doute des armes pour lever les bras sur la ligne d'ici quelques semaines. Logique, au vu des questions fréquemment posées aux journalistes et consultants, à qui on demande des pronostics comme on demande sa bonne aventure à Madame Irma, pensant certainement que nous avons à disposition le sacro-saint almanach des sports que Marty McFly achète dans "Retour vers le futur 2" . Logique, également, puisque la pression quant aux play-offs m'avait déjà été mise dès mon arrivée chez Eleven Sports, avec en guise de phrase d'accueil un "J'espère que tu as fait des études d'ingénieur pour comprendre le format de notre championnat". De loin, tout ça avait l'air compliqué. Notamment pour des raisons de calcul, de calendrier ou de formule. De plus près, ça l'est tout autant. Seulement pour des motifs sportifs. En effet, outre le Club Bruges qui balade son spleen européen en tête du championnat avec assez d'avance pour ruminer un tour supplémentaire, la course au top 4 et même au top 8, est complètement folle. Et si certains déplorent le fait que tel ou tel cador se retrouve en danger, signe irrémédiable d'un nivellement du championnat par le bas, je savoure plutôt, en tant que novice, de voir que la chance sourit également aux audacieux. Sprint massif en vue, avec Bruges en Mark Cavendish de la belle époque et une belle brochette de candidats aux places d'honneur. Cette page est bien trop petite pour ouvrir un débat sur l'intérêt ou non du format des play-offs. Alors, de ce week-end de football belge, je retiendrai deux choses. La joie des joueurs d'Ostende, victorieux, non sans mal, de Malines dans un brouillard où l'on peinait même à apercevoir les cheveux d' Arthur Theate. Les mots de ce dernier, au micro de Kevin Jonckheere, rêveurs et ambitieux, ses envies d'aller chercher Genk dans un coin de la tête et la conviction que ses Côtiers peuvent s'accrocher au top 4 dans l'autre. Puis le Standard-Anderlecht, aussi. Car une fois éloignés du champ lexical du combat, qui rythme souvent les confrontations iconiques des championnats du monde entier, les joueurs de Vincent Kompany ont livré ce dimanche une prestation qui ressemblait à une partie aussi cruciale sur le plan comptable que sur le plan de l'honneur. Sans succès, les Anderlechtois auraient été relégués à quatre points du KVO avec cinq matches à jouer. Dans un championnat aussi équilibré, c'est un monde. Et si, comme vous, je n'aime pas particulièrement les lieux communs, je dois admettre ne pas pouvoir me mettre en colère contre un joueur ou un coach qui ira servir la réchauffée "Il nous reste cinq finales" au micro d'un journaliste avant la prochaine journée. C'est la grande bagarre, tous les matches comptent et, en tant qu'amateur de basket, je dois avouer aimer les play-offs NBA, car la mentalité n'y est pas la même et les matches non plus. Plus défensifs, plus rigoureux, plus sérieux. C'est à peu près ce que l'on voit de la part des candidats au top 4 qui n'ont d'autre choix que de gagner, car le moindre faux pas est interdit. Du coup, on sort le pop-corn. Ce lundi soir pour Antwerp-Louvain. Des joueurs du matricule 1 qui commencent à tirer la langue et à qui le calendrier réserve d'intenses surprises. Car outre la réception de Courtrai, c'est le Club Bruges puis un accueil d'Anderlecht le 5 avril dans un match qui pourrait tout simplement être un win or go home comme disent les Américains à l'orée d'un match 7 de play-offs NBA. À la loterie du calendrier, ce sont Genk et Ostende qui semblent les plus gâtés sur cette fin de saison. Les Limbourgeois reçoivent quatre fois, dont deux matches abordables face au Cercle et à Saint-Trond, tandis que les Côtiers auront la même visite du Cercle, mais aussi celle de Waasland-Beveren et iront voir du côté de Mouscron comment va la course au maintien. Et puisque vous aussi, maintenant que vous savez que la course au top 4 me réjouit, vous voulez certainement un pronostic, le voici: je pense sincèrement que l'Union Saint-Gilloise va remporter la D1B. Et je crois que ça me fait plaisir.