Les matches internationaux des U15 et des U16 sont cruciaux pour ce marché : les talents sont placés en vitrine pour la première fois. Des dizaines de managers assistent à ces rencontres. Dans le milieu, on appelle ça " la prostitution des jeunes footballeurs ".

Joric Vandendriessche, coordinateur sportif de Zulte Waregem, a assisté à ces scènes en tant que manager de Voetbal Vlaanderen et coach des équipes nationales inférieures. "Je me rappelle un match à Kapellen, contre les Pays-Bas. Au repos et après le match, les agents harcelaient les parents pour que leurs enfants intègrent leur portefeuille.

Alors que nous allions disputer un match en Angleterre, l'entourage d'un joueur a fait pression sur son club pour le déclarer apte à jouer, afin qu'il puisse être à l'étalage et obtenir un transfert, moyennant une forte commission pour ses proches. J'ai assisté aux scènes les plus folles.

On harcèle certaines personnes au téléphone. Elles sont tellement perturbées qu'elles ne dorment plus. Nous-mêmes recevons constamment des coups de fil d'étrangers, qui se présentent comme managers ou personnes de confiance. Quelqu'un voulait même caser un de nos jeunes en Serie B, au fin fond de la Botte.

Heureusement, l'intéressé avait un agent intelligent, qui lui a fait comprendre qu'une aventure étrangère peu fondée n'était pas la meilleure option, qu'il avait intérêt à poursuivre ses études et sa progression ici.

Ces dernières années, l'influence de l'entourage a considérablement crû et je crains que certains dossiers ne tournent qu'autour de l'argent et des commissions. Or, l'expérience m'a appris que les jeunes footballeurs qui émigraient sous l'influence d'un manager ou de leurs parents échouaient souvent.

Ils sont trop vite saturés financièrement et mentalement alors que c'est précisément la rage de vaincre et la ténacité qui permettent de réussir. Un enfant doit se concentrer sur l'aspect sportif pour progresser et, peut-être, devenir un jour footballeur professionnel. "

Koni De Winter, un départ qui laisse des regrets à Zulte Waregem

De nombreux Diables Rouges ont émigré très jeunes, dans des pays voisins, mais ce n'est désormais plus nécessaire, selon Vandendriessche. " Il y a dix ou douze ans, nos formations n'étaient pas encore au point. Maintenant, nous avons au moins huit académies avec un programme en journée et un bon encadrement, qui inclut les études. Les joueurs ont donc des perspectives au cas où ils échoueraient en sport. La rivalité des académies constitue une source d'émulation. "

Koni De Winter (16 ans), vient de mettre le cap sur la Juventus, club avec lequel Zulte Waregem collabore. Une simple dérive ? " Ce départ est regrettable car le manager général Eddy Cordier et moi investissons beaucoup de temps dans les dossiers les plus importants concernant les jeunes ", poursuit Vandendriessche.

" Nous avons réussi à convaincre pas mal de jeunes de rester. Koni a fait l'objet d'une même approche. En début d'année, nous lui avons présenté un beau projet sportif, et il s'est déclaré heureux de cette initiative. En attendant qu'il ait seize ans, nous avons offert un contrat respectueux à ses parents.

Comme ceux-ci n'ont pas demandé la libération de leur fils à la fédé avant le 1er mai, nous avons cru qu'il resterait chez nous. Mais quelques semaines plus tard, un courriel m'a prévenu du contraire. Quand quelqu'un effectue pareil virage en si peu de temps, c'est qu'il est entre les mains d'une agence. Les managers s'arrachent les jeunes qu'ils savent sensibles à une aventure, à l'argent ou au prestige car ils peuvent toucher de fortes commissions. "

Pour beaucoup, partis très jeunes, c'est le silence radio aujourd'hui

Il insiste : " Ne sous-estimez pas cet impact. On harcèle les familles, qui finissent par ne plus en dormir. Koni a eu du mal à rester concentré sur le football et l'école. On souffle à la presse que des grands clubs suivent le joueur et on a l'impression que le monde est à ses pieds.

J'apprécie beaucoup Koni et c'est réciproque " poursuit Vandendriessche. " C'est un grand défenseur central, doté de bons pieds. Il a un profil intéressant mais aussi des paramètres moins favorables. Il doit devenir plus impitoyable en défense et acquérir de la personnalité.

On ne mesurera l'étendue de son talent que dans trois ou quatre ans. C'est le cas aussi d' Eliot Matazo, qui est passé d'Anderlecht à l'AS Monaco. Je respecte le choix de Koni et je lui souhaite de réussir.

La Juventus est un grand club et il est formidable d'y être formé. Mais j'ai peur aussi car depuis cinq ou six ans, beaucoup de jeunes partis sous l'influence de leur entourage n'ont plus fait parler d'eux.

Il paraît que Flor Van Den Eynden, un autre garçon timide, a eu du mal à s'intégrer à l'Inter. Formé par Malines et bon étudiant en cinquième année de l'école de sport de haut niveau de Wilrijk, il est parti à Milan.

En l'espace de trois mois, il a dû apprendre l'italien et a été rétrogradé en deuxième année, faute de pouvoir suivre. J'ai aussi discuté avec Marco Weymans à Cardiff City, qui l'a déniché au PSV.

Loin de sa famille et de ses amis, il vivait dans un petit flat, seul et malheureux. Maintenant, il joue à Tubize. Quelle que soit la qualité des séances et de l'encadrement, un jeune mal dans sa peau ne peut réussir. "

Mathias Bossaerts : à 16 ans face à Agüero, aujourd'hui superflu à Ostende

Mathias Bossaerts, qui vient d'avoir 22 ans, a quitté Anderlecht pour Manchester City en 2012, accompagné par ses parents et son frère. Ses problèmes ont commencé il y a deux ans, à son arrivée à Ostende, quand on a vu en lui un futur Diable Rouge. Il est maintenant dans le noyau B.

" Ma vie a été rose de cinq à vingt ans. J'ai tout joué, j'ai été capitaine, international, on écrivait que j'étais un grand talent, je gagnais de l'argent et je m'entraînais avec Sergio Agüero et David Silva ... Je venais d'avoir seize ans et dans un match à onze contre onze, je me suis trouvé face à Mario Balotelli et Carlos Tevez. Qu'auriez-vous pensé, à ma place ?

Xian Emmers, nerazzurro lui aussi. " Pas facile de laisser un gamin se débrouiller seul là-bas " observe son père, Marc, ancien Diable Rouge., BELGAIMAGE
Xian Emmers, nerazzurro lui aussi. " Pas facile de laisser un gamin se débrouiller seul là-bas " observe son père, Marc, ancien Diable Rouge. © BELGAIMAGE

Puis je suis arrivé ici, j'ai subi des contrecoups et je suis devenu fou. J'étais sur le banc pour le premier match. Je ne pensais plus qu'à partir. Pourtant, combien de défenseurs centraux de vingt ans sont titulaires en Belgique ? J'ai été confronté à des situations nouvelles et je n'ai pas su les gérer.

Ces deux années m'ont mis du plomb dans la cervelle. J'ai découvert le revers de la médaille et je me suis endurci. Je me contente de faire de mon mieux. Il n'empêche que je trouve scandaleux ce qu'Ostende m'a fait ! M'envoyer dans le noyau B avant même le début de la saison... L'année passée, j'étais encore titulaire en U21 belges. "

Il veut effectuer une mise au point : " Je lis parfois que je regrette d'être parti aussi jeune à City. C'est faux. Je le referais car je rêvais de ce maillot. Comme j'ai été immédiatement versé en U21, je n'ai pu achever mes humanités et je n'ai pas de diplôme. Est-ce dommage ? Oui. Mais le football a toujours occupé la première place.

Il est devenu mon travail à seize ans et ça a été une merveilleuse expérience. Le niveau, l'ambiance... Nul ne peut dire où je serais maintenant si j'étais resté à Anderlecht. On m'appelait " le nouveau Kompany " ou " le Kompany blanc ". C'est agréable à lire jusqu'à ce qu'on arrive ici, annoncé comme " je ne sais quoi " et qu'on est confronté à une terrible pression alors qu'on doit encore faire ses preuves.

Je n'ai qu'un regret : après ma quatrième année à Manchester, une opération aux ischiojambiers m'a empêché de jouer régulièrement. Je n'ai pas rempilé et j'ai préféré revenir en Belgique pour acquérir de l'expérience. Sinon, j'aurais peut-être été loué à New York ou au NAC Breda, comme tant d'autres jeunes de City. Soit.

Je cherche maintenant un club qui me convienne, pour montrer ce dont je suis capable. Je continue à viser le plus haut possible, quitte à devoir descendre un peu. "

L'Inter Milan, un pôle d'attraction plutôt temporaire pour certains

Les Belges de seize ans ont essaimé dans toute l'Europe, ces dernières années, et apparemment, l'Inter est devenu leur pôle d'attraction. Senna Miangue (Beerschot), Zinho Vanheusden (Standard), Xian Emmers (Racing Genk), Flor Van den Eynden (KV Malines) et Tibo Persyn (Club Bruges) y ont signé leur premier contrat pro via l'agent Gunter Thibaut.

La famille Bossaerts déménagea à Manchester à l'époque où Mathias y était actif dans les équipes d'âge de City., BELGAIMAGE
La famille Bossaerts déménagea à Manchester à l'époque où Mathias y était actif dans les équipes d'âge de City. © BELGAIMAGE

Les deux premiers ont été loués au Standard. Luciano Spalletti a permis à Emmers de préparer la saison avec le noyau A. Il est le fils de l'ancien international Marc Emmers, qui s'est produit, en fin de carrière, pour Pérouse et Lugano. La génération 1999 comporte d'autres fils d'anciens professionnels, tous partis jeunes à l'étranger : Zinho Vanheusden, Thibaud Verlinden (Stoke City) et Indy Boonen (transféré de Manchester United à Ostende récemment). Dany Verlinden a accompagné son fils en Angleterre et Marc Emmers a acheté un mobilhome afin de pouvoir se rendre fréquemment à Milan.

Senna Miangue : passé de Cagliari au Standard., BELGAIMAGE
Senna Miangue : passé de Cagliari au Standard. © BELGAIMAGE

" Laisser seul quelqu'un de cet âge dans un autre milieu, une autre mentalité, n'est pas évident ", explique Marc Emmers. " Je lui ai expliqué les avantages et les inconvénients du football en toute sincérité. Il a choisi de s'y engager. Des parents encouragent leurs enfants à signer ailleurs pour l'argent. C'est une erreur. Xian sait que l'argent ne peut pas être une source de motivation. Il l'a fait parce qu'il voulait réaliser son rêve.

Une fois là-bas, il a dû gérer beaucoup de choses mais il a fait le bon choix. Son développement personnel est considérable et il a été bien encadré. La première année, il a partagé une grande maison comportant beaucoup de chambres avec d'autres jeunes. Il y a aussi un hôtel et certains logent en appartement. Le club stimule le sens des responsabilités et la maturité. "

" Seuls les plus forts tiennent le coup car le football est un univers très dur "

Tous les soirs, ils communiquent via Messenger sur Facebook. " Mais quand ça ne va pas, les adieux sont pénibles. J'appuie sur un bouton et je ne le vois plus. Dans les moments difficiles, ce genre de communications ne suffit pas. Il faudrait pouvoir l'embrasser. Ça a été très dur au début et aussi la deuxième année, quand il a dû intégrer la Primavera, les espoirs. Il a peu joué et a été blessé.

Il lui arrivait de pleurer à la fin de nos visites. C'était très dur mais il a serré les dents. Il faut pouvoir traverser ce genre de mauvaises passes et en tirer des leçons. Heureusement, nous avons souvent été à ses côtés, il s'est senti soutenu psychologiquement. Cet exil est loin d'être évident. Il sait évidemment pourquoi il est là, il tente de résoudre lui-même ses problèmes ou il se tourne vers quelqu'un.

Seuls les plus forts tiennent le coup car le football est un univers très dur. Il ne faut pas materner les jeunes joueurs non plus. L'entraîneur des Espoirs a été très dur. Il lui a dit : Nous jouons comme ça et si tu n'en es pas capable, eh bien, tu ne joueras pas. J'ai vu des jeunes d'autres pays, bourrés de qualités, craquer.

Xian a continué à se battre, même s'il n'appréciait pas toujours la vision de cet entraîneur. À la fin, celui-ci l'a félicité en public. "

La formation des jeunes n'y est pas meilleure qu'à Genk mais elle est différente, a-t-il remarqué. " Genk cherche des solutions techniques alors que l'Italie est plus tactique, plus physique, plus dure mentalement. Le mix des deux est idéal pour Xian.

L'école est moins bien organisée et les obstacles linguistiques l'ont contraint à débuter à un niveau inférieur mais... il faut faire des choix. Ce n'est pas insurmontable non plus. De nos jours, on peut obtenir des diplômes toute sa vie en suivant des cours du soir. "

En Italie, on ne peut évoluer en équipe B que jusqu'à 19 ans. Ensuite, on rejoint l'équipe première ou on est loué pour poursuivre sa formation, comme l'ont été Vanheusden et Miangue au Standard. " Ils procèdent à une évaluation constante, avec le joueur, qui prend la décision finale ", poursuit le père Emmers. " Nous allons bientôt discuter de ce qui est la meilleure option pour Xian : rester dans le noyau A ou être loué. "

" Offrir du temps de jeu aux jeunes chez les A doit être l'objectif "

Tout est possible en Belgique, conclut Joric Vandendriessche. " Nous avons les moyens d'offrir de belles perspectives aux jeunes de seize ans, de les faire progresser et de leur soumettre une proposition décente. À partir de la saison prochaine, les espoirs se produiront en première et en deuxième division amateur, ce qui leur permettra de développer leur personnalité et leur rage de vaincre.

La seule chose que le football belge doit encore faire, c'est leur offrir du temps de jeu en équipe A. Nous devons créer très vite une culture de confiance. Elle est très présente en Allemagne et aux Pays-Bas. Là, on ose aligner des jeunes et leur faire confiance, même quand ils commettent des erreurs. Dans notre culture du football, quand un jeune s'est entraîné une fois avec le noyau A, on entend dire qu'il a eu dur, ce qui n'est pas illogique quand on est confronté pour la première fois à des professionnels accomplis.

Nous devons laisser aux jeunes le temps de s'adapter et d'assimiler le niveau, en observant ce dont ils sont capables et en étudiant leur résistance et leur volonté d'apprendre. C'est là le principal défi de tous les clubs belges. Nous devons acquérir et développer une culture au sein de laquelle plus de jeunes Belges peuvent éclore, sans devoir s'expatrier. "

Les clubs professionnels ont déjà décidé de ne plus se chiper de joueurs jusqu'aux U17, ce qui limite déjà le shopping interne. Depuis le 16 juin, l'âge minimum pour la signature d'un contrat professionnel de footballeur a été baissé de seize à quinze ans, afin de permettre aux clubs d'engager les talents un an avant l'âge légal pour les transferts internationaux.

" Nous pouvons engager ces jeunes pour un maximum de trois ans ", raconte Vandendriescche. " Mais en moyenne, nos jeunes débutent en championnat à vingt ans. Nous devons donc surmonter un cap de cinq ans, ce qui requiert de la patience de la part du joueur et de son entourage. Le club doit également offrir des perspectives à ces jeunes. Ces dernières semaines, de plus en plus de jeunes du cru ont reçu leur chance. On ne peut qu'applaudir et encourager cette tendance, dans une compétition soumise à de gros enjeux.

N'oubliez pas que notre système implique qu'on lutte pour les PO1 ou pour le maintien. Marc Coucke, le président de la Ligue Pro, vient d'envoyer un signal très fort et très positif pour le football belge, en déclarant, il y a peu : Je préfère être troisième avec nos valeurs que deuxième en allant à leur encontre. Maintenant, nous devons tous joindre les actes aux paroles. "

Chrly Musonda senior avec son fils Lamisha, mis sous contrat par Anderlecht alors qu'il n'avait pas le niveau requis., BELGAIMAGE
Chrly Musonda senior avec son fils Lamisha, mis sous contrat par Anderlecht alors qu'il n'avait pas le niveau requis. © BELGAIMAGE

Fuite à l'anglaise

Le fils cadet de Charly avait tout pour devenir la nouvelle perle d'Anderlecht. Une histoire de famille, résolue par Chelsea, en a finalement décidé autrement.

Quand d'aventure Johan Boskamp restait sur sa faim, après un match indigeste, il n'hésitait pas, pour se rassasier, à repasser en boucle des images de Charly Musonda junior avec les Diablotins. " Depuis Vincent Kompany, plus jamais la Belgique n'a eu un joueur de cette qualité " se plaisait-il à répéter. " En matière de talent pur, je suis même d'avis qu'il est plus fort que Vince. "

À 14 ans, il avait déjà droit au même passe que les joueurs du noyau A.

Le " Bos " n'est pas le seul, à l'époque, à s'enthousiasmer devant les prouesses, balle au pied, du teenager. L'Europe entière, déjà, a les yeux rivés sur le jeune Anderlechtois. Au Parc Astrid, confronté depuis belle lurette, dès les classes d'âge, à la concurrence étrangère, on se veut toutefois confiant quant à la perspective de conserver la pépite à Neerpede.

À raison, sans doute, puisque son père n'est pas n'importe qui au sein du club. Charly Musonda senior arrive au RSCA en 1987, conjointement avec Georges Leekens, qui l'a eu sous ses ordres, la saison précédente, au Cercle Bruges. Au stade Constant Vanden Stock, le Zambien, âgé de 18 ans à peine, se révèle, au milieu, un arracheur de ballons aussi classieux qu'infatigable.

Au total, il jure fidélité aux Mauves pendant dix ans. Pourtant, malgré cette longévité, il ne participe, en tout et pour tout, qu'à une centaine de matches. En cause : des problèmes récurrents aux genoux, qui remontent à l'exercice 1989-90. Comme le coach d'alors, Aad De Mos, ne peut soi-disant pas se passer de son ratisseur, tout est mis en oeuvre pour qu'il soit opérationnel lors de la finale de la C2 face à la Sampdoria.

Ce soir-là, notre homme est bel et bien de la partie. Mais chacun s'accorde à dire qu'il a repris beaucoup trop tôt. Ce qui se vérifiera par la suite.

Après avoir tenté une ultime expérience chez les Allemands d'Energie Cottbus en 1997-98, Charly revient au pays et frappe à nouveau à la porte du club où il a passé une décennie. Le manager Michel Verschueren lui fait alors une fleur en lui proposant de dispenser des entraînements individuels aux jeunes, tout en le désignant en même temps responsable du matériel de la Première et de la Réserve. Un beau geste, en vérité, pour quelqu'un dont les connaissances des langues française et néerlandaise sont toujours plus qu'approximatives à cette époque.

Charly Musonda Junior en formation d'âge de Chelsea., BELGAIMAGE
Charly Musonda Junior en formation d'âge de Chelsea. © BELGAIMAGE

" Tout était mis en oeuvre pour contenter les Musonda "

Charly senior sait gré au Sporting de l'avoir repris, fût-ce évidemment à des conditions moindres qu'à l'époque où il était joueur. Mais la situation a tôt fait de changer au fil des ans, car bon nombre de ténors font la cour à son plus jeune fils, Junior. S'il n'y donne pas suite, le paternel ne se prive pas de tenir la direction au courant des offres financières qui lui parviennent pour le plus doué de ses rejetons.

Et ce, jusqu'à ce qu'en haut lieu, les dirigeants finissent par craquer : pas question d'un porte-fort, comme il en va déjà pour certains teenagers doués, mais carrément 500.000 euros pour que Junior, qui n'a pas encore 16 ans, reste fidèle aux Mauves.

" Depuis ce moment-là, les Musonda ont clairement pris le dessus ", observe un fidèle de la maison. " Tout était mis en oeuvre pour les contenter. Si Junior était encore trop jeune pour parapher un premier contrat pro, ce n'était pas le cas pour ses aînés, Tika et Lamisha qui, en 2011, ont été récompensés de la sorte par le club. Pourtant, tout le monde savait que, contrairement au plus jeune, ils n'avaient pas le niveau. D'ailleurs, qui a encore entendu parler d'eux depuis lors ?

Au nom de son talent, Junior, lui, s'est cru rapidement tout permis. À Neerpede, un système de passes avait été mis au point de manière à ce que tout le monde se trouve dans le même bâtiment, des A aux Espoirs, mais avec des zones d'accès différentes, afin d'éviter le mélange des genres. Vous le croirez ou non, mais Charly Junior, du haut de ses 14 ans, avait un exemplaire qui lui procurait l'accès partout. Du coup, il se mêlait allégrement aux joueurs du noyau A.

Dans un premier temps, la plupart, au club croyaient qu'il utilisait le passe de son père. Mais non, il avait le sien. Et il en profitait pour se montrer ou se faufiler partout. Un jour, on l'a surpris, à l'étage, vautré dans un fauteuil avec les deux pieds sur la table. Un sans-gêne pas possible ! Une autre fois, il taillait la bavette, comme un grand, avec la secrétaire. Et personne n'y trouvait manifestement à redire. Par peur de froisser le clan Musonda. "

" Chelsea a régularisé la situation de toute la famille "

Un an plus tard, toutefois, la famille surprend tout son monde en optant de concert pour un déménagement à Chelsea. Pourquoi cette volte-face ? Conscient que tout le monde est aux petits soins pour sa famille, il semble que Charly senior ait mal pris, en son temps, qu'Anderlecht n'ait rien fait pour procurer un travail bien rémunéré à son épouse.

Charly Musonda Junior sous la livrée du Celtic, club où il était loin d'être un titulaire incontesté la saison passée., BELGAIMAGE
Charly Musonda Junior sous la livrée du Celtic, club où il était loin d'être un titulaire incontesté la saison passée. © BELGAIMAGE

" Elle voulait un job au secrétariat mais, tout comme Charly, elle ne maîtrisait que l'anglais. Comment aurions-nous pu l'engager, dans ces conditions, sachant que l'essentiel se fait, chez nous, en français et en néerlandais ? ", rembobine l'ancien manager Michel Verschueren, le premier à avoir dû composer avec cette demande. " Plus tard, on a pu l'aiguiller vers l'Institut Saint-Nicolas, qui lui a procuré un petit boulot. Ce n'était peut-être pas ce dont elle rêvait mais, vu ses qualifications, il n'y avait pas 36 possibilités. "

Anderlecht n'est toutefois pas encore au bout de ses peines avec les Musonda. Chemin faisant, la soeur de la maman rallie à son tour la Belgique en provenance de Zambie. Et comme elle se plaît dans notre pays, Charly senior demande que son visa touristique soit prolongé en permis de travail. " Le club a tout tenté, avocats à l'appui, pour satisfaire cette demande " souligne Jean-Pierre Kindermans, chef de la cellule sociale à Anderlecht.

" À l'époque, il y avait 500.000 chômeurs en Belgique. On peut comprendre qu'il y avait dès lors d'autres priorités. En revanche, cet aspect-là ne posait pas problème en Angleterre, dans la mesure où la Zambie était une ancienne colonie, et qu'elle prévoyait des facilités pour ses anciens sujets. Les dirigeants de Chelsea ont tout bonnement sauté sur l'occasion en régularisant la situation de tous les membres de la famille Musonda et en leur procurant du travail en Angleterre. Sans quoi, tout porte à croire que Charly Junior se serait épanoui chez nous. "

" Chelsea a remboursé les 500.000 euros et même donné un peu plus "

Question : qu'est-il arrivé de tout cet argent donné à la famille Musonda ? " Chelsea nous a tout remboursé, même un peu plus " conclut Herman Van Holsbeeck. " Autant nous nous sommes fait berner par les Januzaj au moment où Adnan a opté pour Manchester United, autant les Blues se sont montrés corrects.

Ce qui me chagrine quand même, c'est que ces deux-là, au même titre qu'un Mile Svilar n'aient pas suivi l'exemple d'un Youri Tielemans ou d'un Leander Dendoncker, dont les carrières sont lancées après avoir défendu l'espace de deux ou trois saisons les couleurs anderlechtoises au plus haut niveau.

Quand je vois qu'un Charly Musonda, ces derniers mois, n'était pas même titulaire au Celtic, un club que nous avons battu en Écosse, en poules de la Ligue des Champions, la saison passée, je me dis quand même que c'est du gâchis et qu'il aurait été nettement plus inspiré de rester au RSCA. "

Les matches internationaux des U15 et des U16 sont cruciaux pour ce marché : les talents sont placés en vitrine pour la première fois. Des dizaines de managers assistent à ces rencontres. Dans le milieu, on appelle ça " la prostitution des jeunes footballeurs ". Joric Vandendriessche, coordinateur sportif de Zulte Waregem, a assisté à ces scènes en tant que manager de Voetbal Vlaanderen et coach des équipes nationales inférieures. "Je me rappelle un match à Kapellen, contre les Pays-Bas. Au repos et après le match, les agents harcelaient les parents pour que leurs enfants intègrent leur portefeuille. Alors que nous allions disputer un match en Angleterre, l'entourage d'un joueur a fait pression sur son club pour le déclarer apte à jouer, afin qu'il puisse être à l'étalage et obtenir un transfert, moyennant une forte commission pour ses proches. J'ai assisté aux scènes les plus folles. On harcèle certaines personnes au téléphone. Elles sont tellement perturbées qu'elles ne dorment plus. Nous-mêmes recevons constamment des coups de fil d'étrangers, qui se présentent comme managers ou personnes de confiance. Quelqu'un voulait même caser un de nos jeunes en Serie B, au fin fond de la Botte. Heureusement, l'intéressé avait un agent intelligent, qui lui a fait comprendre qu'une aventure étrangère peu fondée n'était pas la meilleure option, qu'il avait intérêt à poursuivre ses études et sa progression ici. Ces dernières années, l'influence de l'entourage a considérablement crû et je crains que certains dossiers ne tournent qu'autour de l'argent et des commissions. Or, l'expérience m'a appris que les jeunes footballeurs qui émigraient sous l'influence d'un manager ou de leurs parents échouaient souvent. Ils sont trop vite saturés financièrement et mentalement alors que c'est précisément la rage de vaincre et la ténacité qui permettent de réussir. Un enfant doit se concentrer sur l'aspect sportif pour progresser et, peut-être, devenir un jour footballeur professionnel. " De nombreux Diables Rouges ont émigré très jeunes, dans des pays voisins, mais ce n'est désormais plus nécessaire, selon Vandendriessche. " Il y a dix ou douze ans, nos formations n'étaient pas encore au point. Maintenant, nous avons au moins huit académies avec un programme en journée et un bon encadrement, qui inclut les études. Les joueurs ont donc des perspectives au cas où ils échoueraient en sport. La rivalité des académies constitue une source d'émulation. " Koni De Winter (16 ans), vient de mettre le cap sur la Juventus, club avec lequel Zulte Waregem collabore. Une simple dérive ? " Ce départ est regrettable car le manager général Eddy Cordier et moi investissons beaucoup de temps dans les dossiers les plus importants concernant les jeunes ", poursuit Vandendriessche. " Nous avons réussi à convaincre pas mal de jeunes de rester. Koni a fait l'objet d'une même approche. En début d'année, nous lui avons présenté un beau projet sportif, et il s'est déclaré heureux de cette initiative. En attendant qu'il ait seize ans, nous avons offert un contrat respectueux à ses parents. Comme ceux-ci n'ont pas demandé la libération de leur fils à la fédé avant le 1er mai, nous avons cru qu'il resterait chez nous. Mais quelques semaines plus tard, un courriel m'a prévenu du contraire. Quand quelqu'un effectue pareil virage en si peu de temps, c'est qu'il est entre les mains d'une agence. Les managers s'arrachent les jeunes qu'ils savent sensibles à une aventure, à l'argent ou au prestige car ils peuvent toucher de fortes commissions. " Il insiste : " Ne sous-estimez pas cet impact. On harcèle les familles, qui finissent par ne plus en dormir. Koni a eu du mal à rester concentré sur le football et l'école. On souffle à la presse que des grands clubs suivent le joueur et on a l'impression que le monde est à ses pieds. J'apprécie beaucoup Koni et c'est réciproque " poursuit Vandendriessche. " C'est un grand défenseur central, doté de bons pieds. Il a un profil intéressant mais aussi des paramètres moins favorables. Il doit devenir plus impitoyable en défense et acquérir de la personnalité. On ne mesurera l'étendue de son talent que dans trois ou quatre ans. C'est le cas aussi d' Eliot Matazo, qui est passé d'Anderlecht à l'AS Monaco. Je respecte le choix de Koni et je lui souhaite de réussir. La Juventus est un grand club et il est formidable d'y être formé. Mais j'ai peur aussi car depuis cinq ou six ans, beaucoup de jeunes partis sous l'influence de leur entourage n'ont plus fait parler d'eux. Il paraît que Flor Van Den Eynden, un autre garçon timide, a eu du mal à s'intégrer à l'Inter. Formé par Malines et bon étudiant en cinquième année de l'école de sport de haut niveau de Wilrijk, il est parti à Milan. En l'espace de trois mois, il a dû apprendre l'italien et a été rétrogradé en deuxième année, faute de pouvoir suivre. J'ai aussi discuté avec Marco Weymans à Cardiff City, qui l'a déniché au PSV. Loin de sa famille et de ses amis, il vivait dans un petit flat, seul et malheureux. Maintenant, il joue à Tubize. Quelle que soit la qualité des séances et de l'encadrement, un jeune mal dans sa peau ne peut réussir. " Mathias Bossaerts, qui vient d'avoir 22 ans, a quitté Anderlecht pour Manchester City en 2012, accompagné par ses parents et son frère. Ses problèmes ont commencé il y a deux ans, à son arrivée à Ostende, quand on a vu en lui un futur Diable Rouge. Il est maintenant dans le noyau B. " Ma vie a été rose de cinq à vingt ans. J'ai tout joué, j'ai été capitaine, international, on écrivait que j'étais un grand talent, je gagnais de l'argent et je m'entraînais avec Sergio Agüero et David Silva ... Je venais d'avoir seize ans et dans un match à onze contre onze, je me suis trouvé face à Mario Balotelli et Carlos Tevez. Qu'auriez-vous pensé, à ma place ? Puis je suis arrivé ici, j'ai subi des contrecoups et je suis devenu fou. J'étais sur le banc pour le premier match. Je ne pensais plus qu'à partir. Pourtant, combien de défenseurs centraux de vingt ans sont titulaires en Belgique ? J'ai été confronté à des situations nouvelles et je n'ai pas su les gérer. Ces deux années m'ont mis du plomb dans la cervelle. J'ai découvert le revers de la médaille et je me suis endurci. Je me contente de faire de mon mieux. Il n'empêche que je trouve scandaleux ce qu'Ostende m'a fait ! M'envoyer dans le noyau B avant même le début de la saison... L'année passée, j'étais encore titulaire en U21 belges. " Il veut effectuer une mise au point : " Je lis parfois que je regrette d'être parti aussi jeune à City. C'est faux. Je le referais car je rêvais de ce maillot. Comme j'ai été immédiatement versé en U21, je n'ai pu achever mes humanités et je n'ai pas de diplôme. Est-ce dommage ? Oui. Mais le football a toujours occupé la première place. Il est devenu mon travail à seize ans et ça a été une merveilleuse expérience. Le niveau, l'ambiance... Nul ne peut dire où je serais maintenant si j'étais resté à Anderlecht. On m'appelait " le nouveau Kompany " ou " le Kompany blanc ". C'est agréable à lire jusqu'à ce qu'on arrive ici, annoncé comme " je ne sais quoi " et qu'on est confronté à une terrible pression alors qu'on doit encore faire ses preuves. Je n'ai qu'un regret : après ma quatrième année à Manchester, une opération aux ischiojambiers m'a empêché de jouer régulièrement. Je n'ai pas rempilé et j'ai préféré revenir en Belgique pour acquérir de l'expérience. Sinon, j'aurais peut-être été loué à New York ou au NAC Breda, comme tant d'autres jeunes de City. Soit. Je cherche maintenant un club qui me convienne, pour montrer ce dont je suis capable. Je continue à viser le plus haut possible, quitte à devoir descendre un peu. " Les Belges de seize ans ont essaimé dans toute l'Europe, ces dernières années, et apparemment, l'Inter est devenu leur pôle d'attraction. Senna Miangue (Beerschot), Zinho Vanheusden (Standard), Xian Emmers (Racing Genk), Flor Van den Eynden (KV Malines) et Tibo Persyn (Club Bruges) y ont signé leur premier contrat pro via l'agent Gunter Thibaut. Les deux premiers ont été loués au Standard. Luciano Spalletti a permis à Emmers de préparer la saison avec le noyau A. Il est le fils de l'ancien international Marc Emmers, qui s'est produit, en fin de carrière, pour Pérouse et Lugano. La génération 1999 comporte d'autres fils d'anciens professionnels, tous partis jeunes à l'étranger : Zinho Vanheusden, Thibaud Verlinden (Stoke City) et Indy Boonen (transféré de Manchester United à Ostende récemment). Dany Verlinden a accompagné son fils en Angleterre et Marc Emmers a acheté un mobilhome afin de pouvoir se rendre fréquemment à Milan. " Laisser seul quelqu'un de cet âge dans un autre milieu, une autre mentalité, n'est pas évident ", explique Marc Emmers. " Je lui ai expliqué les avantages et les inconvénients du football en toute sincérité. Il a choisi de s'y engager. Des parents encouragent leurs enfants à signer ailleurs pour l'argent. C'est une erreur. Xian sait que l'argent ne peut pas être une source de motivation. Il l'a fait parce qu'il voulait réaliser son rêve. Une fois là-bas, il a dû gérer beaucoup de choses mais il a fait le bon choix. Son développement personnel est considérable et il a été bien encadré. La première année, il a partagé une grande maison comportant beaucoup de chambres avec d'autres jeunes. Il y a aussi un hôtel et certains logent en appartement. Le club stimule le sens des responsabilités et la maturité. " Tous les soirs, ils communiquent via Messenger sur Facebook. " Mais quand ça ne va pas, les adieux sont pénibles. J'appuie sur un bouton et je ne le vois plus. Dans les moments difficiles, ce genre de communications ne suffit pas. Il faudrait pouvoir l'embrasser. Ça a été très dur au début et aussi la deuxième année, quand il a dû intégrer la Primavera, les espoirs. Il a peu joué et a été blessé. Il lui arrivait de pleurer à la fin de nos visites. C'était très dur mais il a serré les dents. Il faut pouvoir traverser ce genre de mauvaises passes et en tirer des leçons. Heureusement, nous avons souvent été à ses côtés, il s'est senti soutenu psychologiquement. Cet exil est loin d'être évident. Il sait évidemment pourquoi il est là, il tente de résoudre lui-même ses problèmes ou il se tourne vers quelqu'un. Seuls les plus forts tiennent le coup car le football est un univers très dur. Il ne faut pas materner les jeunes joueurs non plus. L'entraîneur des Espoirs a été très dur. Il lui a dit : Nous jouons comme ça et si tu n'en es pas capable, eh bien, tu ne joueras pas. J'ai vu des jeunes d'autres pays, bourrés de qualités, craquer. Xian a continué à se battre, même s'il n'appréciait pas toujours la vision de cet entraîneur. À la fin, celui-ci l'a félicité en public. " La formation des jeunes n'y est pas meilleure qu'à Genk mais elle est différente, a-t-il remarqué. " Genk cherche des solutions techniques alors que l'Italie est plus tactique, plus physique, plus dure mentalement. Le mix des deux est idéal pour Xian. L'école est moins bien organisée et les obstacles linguistiques l'ont contraint à débuter à un niveau inférieur mais... il faut faire des choix. Ce n'est pas insurmontable non plus. De nos jours, on peut obtenir des diplômes toute sa vie en suivant des cours du soir. " En Italie, on ne peut évoluer en équipe B que jusqu'à 19 ans. Ensuite, on rejoint l'équipe première ou on est loué pour poursuivre sa formation, comme l'ont été Vanheusden et Miangue au Standard. " Ils procèdent à une évaluation constante, avec le joueur, qui prend la décision finale ", poursuit le père Emmers. " Nous allons bientôt discuter de ce qui est la meilleure option pour Xian : rester dans le noyau A ou être loué. " Tout est possible en Belgique, conclut Joric Vandendriessche. " Nous avons les moyens d'offrir de belles perspectives aux jeunes de seize ans, de les faire progresser et de leur soumettre une proposition décente. À partir de la saison prochaine, les espoirs se produiront en première et en deuxième division amateur, ce qui leur permettra de développer leur personnalité et leur rage de vaincre. La seule chose que le football belge doit encore faire, c'est leur offrir du temps de jeu en équipe A. Nous devons créer très vite une culture de confiance. Elle est très présente en Allemagne et aux Pays-Bas. Là, on ose aligner des jeunes et leur faire confiance, même quand ils commettent des erreurs. Dans notre culture du football, quand un jeune s'est entraîné une fois avec le noyau A, on entend dire qu'il a eu dur, ce qui n'est pas illogique quand on est confronté pour la première fois à des professionnels accomplis. Nous devons laisser aux jeunes le temps de s'adapter et d'assimiler le niveau, en observant ce dont ils sont capables et en étudiant leur résistance et leur volonté d'apprendre. C'est là le principal défi de tous les clubs belges. Nous devons acquérir et développer une culture au sein de laquelle plus de jeunes Belges peuvent éclore, sans devoir s'expatrier. " Les clubs professionnels ont déjà décidé de ne plus se chiper de joueurs jusqu'aux U17, ce qui limite déjà le shopping interne. Depuis le 16 juin, l'âge minimum pour la signature d'un contrat professionnel de footballeur a été baissé de seize à quinze ans, afin de permettre aux clubs d'engager les talents un an avant l'âge légal pour les transferts internationaux. " Nous pouvons engager ces jeunes pour un maximum de trois ans ", raconte Vandendriescche. " Mais en moyenne, nos jeunes débutent en championnat à vingt ans. Nous devons donc surmonter un cap de cinq ans, ce qui requiert de la patience de la part du joueur et de son entourage. Le club doit également offrir des perspectives à ces jeunes. Ces dernières semaines, de plus en plus de jeunes du cru ont reçu leur chance. On ne peut qu'applaudir et encourager cette tendance, dans une compétition soumise à de gros enjeux. N'oubliez pas que notre système implique qu'on lutte pour les PO1 ou pour le maintien. Marc Coucke, le président de la Ligue Pro, vient d'envoyer un signal très fort et très positif pour le football belge, en déclarant, il y a peu : Je préfère être troisième avec nos valeurs que deuxième en allant à leur encontre. Maintenant, nous devons tous joindre les actes aux paroles. "