C'est comme ça que Bernd Storck a travaillé au Royal Excel Mouscron la saison passée. Il a emmené son staff technique, pour être certain d'avoir les bons coaches à chaque poste. Afin d'évaluer la condition physique de son équipe, il avait fait courir ses footballeurs sur différentes distances, à différentes vitesses. Entre les séances, il faisait prélever un peu de sang pour mesurer l'acide lactique. Il savait alors à quoi s'en tenir.
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C'est comme ça que Bernd Storck a travaillé au Royal Excel Mouscron la saison passée. Il a emmené son staff technique, pour être certain d'avoir les bons coaches à chaque poste. Afin d'évaluer la condition physique de son équipe, il avait fait courir ses footballeurs sur différentes distances, à différentes vitesses. Entre les séances, il faisait prélever un peu de sang pour mesurer l'acide lactique. Il savait alors à quoi s'en tenir. Bernd Storck nous avait raconté tout ça en février, dans l'interview accordée à notre magazine. Après la trêve hivernale, il venait de prendre 18 points sur 18 et l'Excel allait rester invaincu neuf matches d'affilée. Il s'appuyait sur un football technique tout en mouvements et une grande souplesse tactique. Il a surpris beaucoup de monde mais son succès ne relevait pas du hasard. Storck avait décelé le potentiel de son groupe et sa tâche consistait à le révéler. Pendant deux mois, avant chaque séance, il a diffusé une vidéo afin que les joueurs comprennent et appliquent plus vite ses consignes. Il a insisté : c'est en travaillant les détails qu'on faisait la différence. Bernd Storck va employer les mêmes méthodes au Cercle Bruges. Compte tenu du travail qu'il a accompli à Mouscron, il est étrange qu'il ait dû attendre une autre proposition pendant quatre mois, après avoir lui-même décidé de ne pas s'attarder dans le Hainaut. Son nom a circulé dans une série de grands clubs et il a même eu un entretien avec le KRC Genk mais le champion lui a préféré Felice Mazzù. Les avis divergent quant à l'importance des entraîneurs. Arnauld Mercier a été invaincu quatre matches avec Waasland-Beveren, OHL a pris zéro point sur six après le départ de Frank Vercauteren, bien que celui-ci en ait été conseiller sportif plutôt qu'entraîneur. L'essentiel, c'est l'évolution d'une équipe à terme et le fait qu'un changement d'entraîneur ne s'estompe pas trop vite. Mouscron n'a pas fléchi, même s'il n'a plus fait grand-chose en PO2. Bernd Storck a maintenant l'occasion de prouver au Cercle que sa réussite à Mouscron ne relevait pas du hasard et que son approche est la bonne. L'équipe a des qualités mais manque de cohésion. En tout cas, ce choc culturel va faire du bien au Cercle. Il va travailler avec un entraîneur qui montre tout. Comment prendre le ballon, le négocier, comment les médians doivent jouer ensemble, comment les attaquants doivent se mouvoir. Un entraîneur qui essaie également de conférer un sentiment positif aux joueurs et d'inculquer une bonne mentalité au groupe. Selon lui, c'est l'entraîneur qui détermine celle-ci. N'est-ce pas également le point fort de Roberto Martinez ? Chaque fois que les Diables Rouges convergent de toute l'Europe et de l'Asie pour se retrouver, on dirait une bande de vieux potes d'école qui vont s'amuser tout en affichant beaucoup d'engagement. Le sélectionneur y a veillé. Il n'étouffe pas ses joueurs par toutes sortes de règles. Non, il les traite en adultes. Reste à voir si l'Espagnol va reconduire son contrat, qui arrive à terme mi-2020. Quelqu'un se souvient-il des ricanements et des ragots venus d'Angleterre et aveuglément repris par une partie de la presse, il y a quatre ans ? Martinez était dépeint comme un manchot de premier ordre. Il n'en a pas donné l'impression.