Keep calm and carry on. C'est en respectant cette attitude que Charles De Ketelaere a établi quelques records en 2020. Le jeune homme a inscrit son premier but en championnat contre Genk, il a fêté le titre avec le Club Bruges, obtenu une première sélection en Espoirs, a marqué son premier but en Ligue des Champions et effectué ses débuts avec les Diables rouges. De Ketelaere a été récompensé de sa formidable année par le titre d'Espoir de l'Année, devant Thibau Nys, spécialiste du cyclocross, et Grégoire Munster, pilote de rallye. "J'ai réalisé tous mes rêves d'enfant: j'ai inscrit mes premiers buts pour le club dont je porte le maillot depuis toujours, j'ai réalisé mes débuts en équipe nationale... Tout ça m'incite à travailler encore davantage", a-t-il confié lors de la remise des prix du Gala du Sport.
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Keep calm and carry on. C'est en respectant cette attitude que Charles De Ketelaere a établi quelques records en 2020. Le jeune homme a inscrit son premier but en championnat contre Genk, il a fêté le titre avec le Club Bruges, obtenu une première sélection en Espoirs, a marqué son premier but en Ligue des Champions et effectué ses débuts avec les Diables rouges. De Ketelaere a été récompensé de sa formidable année par le titre d'Espoir de l'Année, devant Thibau Nys, spécialiste du cyclocross, et Grégoire Munster, pilote de rallye. "J'ai réalisé tous mes rêves d'enfant: j'ai inscrit mes premiers buts pour le club dont je porte le maillot depuis toujours, j'ai réalisé mes débuts en équipe nationale... Tout ça m'incite à travailler encore davantage", a-t-il confié lors de la remise des prix du Gala du Sport. En l'espace de douze mois, le jeune Brugeois s'est forgé un palmarès impressionnant. Le commun des mortels mettrait plusieurs années pour atteindre la moitié de ces objectifs. Ça n'a pas échappé à l'UEFA. Début janvier, elle a publié une liste de cinquante footballeurs susceptibles de faire les gros titres en 2021. On y trouvait le nom de Charles De Ketelaere, entre ceux de Jérémy Doku (Rennes), Pedri (Barcelone), Youssoufa Moukoko (Borussia Dortmund), Ryan Gravenberch (Ajax), Jude Bellingham (Borussia Dortmund) et Mitchel Bakker (PSG). CDK est même connu au Brésil. La compilation réalisée par le Brésilien Fabricio Gabriel, titrée "Le jeune talent le plus polyvalent du monde", a déjà été visionnée 15.500 fois dans le monde entier. Et le compteur tourne toujours. 23 juin 2019. Au-dessus du petit stade du KFC Heist, un club de Provinciale, le soleil se dissimule de temps à autre derrière quelques nuages, pendant que Philippe Clement dirige son premier match au poste d'entraîneur principal du Club Bruges. En l'absence de Hans Vanaken, Brandon Mechele, Marvelous Nakamba, Krepin Diatta, Dion Cools et Siebe Schrijvers, De Ketelaere est la vedette du match, avec deux tirs en pleine lucarne. Fin octobre, il est titularisé pour le match de Champions League contre le PSG et en février 2020, il réalise un rêve d'enfant en marquant le but de la victoire contre Zulte Waregem, en demi-finale de la Coupe. Le but marqué au Regenboogstadion est le couronnement de ses débuts, bien plus encore que son apparition lors du bal des champions. De tous les jeunes qui ont partagé son vestiaire en U10, il ne restait qu'un joueur la saison passée, Lars Dendoncker, le frère cadet de Leander. Depuis, il a également quitté le nid pour rejoindre Brighton. De Ketelaere est donc le porte-drapeau de l'académie du Club, une école des jeunes qui n'est plus inférieure à celle de Genk, d'Anderlecht ou du Standard. En septembre dernier, quand De Ketelaere est enfin convoqué en Espoirs, il a déjà disputé une vingtaine de matches de championnat, une finale de Coupe ainsi que des rencontres face au PSG, au Real Madrid et à Manchester United. Toutefois, il reste un illustre inconnu aux yeux des autres Espoirs belges, qui sont éparpillés aux quatre coins de l'Europe. Il ne lui faut pas beaucoup de temps pour s'imposer, grâce à sa présence, son talent et son flair. "L'année dernière, j'étais très stressé quand j'ai effectué mes débuts au Club Bruges. Je ne savais pas si j'avais le niveau pour me produire en Ligue des Champions", a-t-il confié à notre magazine en septembre. "Ça n'a pas été le cas en Espoirs. Je suis resté très relax, car j'étais déjà passé par cette phase au Club. Je suis arrivé tard, mais je n'ai pas eu l'impression que c'était difficile. On ne peut pas être intimidé par Sambi Lokonga quand on s'entraîne tous les jours avec Vanaken et Vormer." Ceux qui avaient joué avec Charles De Ketelaere en Espoirs du Club Bruges il y a deux ans n'en ont pas cru leurs yeux. Ils ont eu du mal à le reconnaître. Le maigre Charles, qui avait du mal à traîner sa carcasse sur le terrain, était devenu un homme. L'été 2019, il pesait 73 kilos. Il a pris six kilos depuis lors et CDK campe désormais plus solidement sur ses jambes. Ses adversaires directs ont plus de mal à le bousculer. Il faut être un costaud style Abdoulaye Seck ou Michael Ngadeu pour le faucher. Sa nouvelle carrure lui offre un atout de plus face aux défenseurs sans pitié de notre championnat. "J'ai gagné ces kilos grâce à l'intensité des séances, je pense, et en buvant chaque jour un shake. C'est également une question de maturité. Mon corps s'adapte. Je le sens dans les duels. À seize ans, j'étais encore filiforme. Je voyais d'autres garçons avec des jambes comme ça. Je me demandais pourquoi ce n'était pas mon cas. Je voulais gagner en masse musculaire, car c'était nécessaire pour devenir un bon footballeur. Parfois, il faut patienter un peu, laisser faire la nature. Peut-être est-ce maintenant un avantage: plus jeune, j'ai dû me rabattre sur ma technique. Imaginez que je me sois appuyé sur ma force pendant cinq ans et que je doive maintenant perfectionner ma technique... Ce serait nettement plus difficile." La valeur marchande de De Ketelaere a suivi la même courbe que sa prise de poids spectaculaire. En septembre 2019, sa valeur fictive sur Transfermarkt n'était que de 100.000 euros. Selon la même source, il pourrait valoir au moins seize millions d'euros à l'heure actuelle. Il serait ainsi le footballeur le plus précieux du Club Bruges, après Diatta. Sous ses allures de fils à papa, gâté pendant son enfance, se cache un jeune homme qui a toujours placé la barre très haut. Il se met une pression telle qu'à 19 ans, il a déjà le sentiment de devoir porter le poids de l'équipe. Alors que tout son entourage lui répétait, avant le match contre le PSG, qu'il n'avait rien à perdre, il était convaincu que ce match allait être déterminant pour la suite de sa carrière. "Je suis très critique envers moi-même. Je me mets moi-même sous pression. À mes yeux, je ne suis jamais assez bon. Y compris la saison passée. Je ne peux pas imaginer qu'à un moment donné, je vais penser: Voilà, je suis arrivé, je ne peux plus progresser." Demandez à De Ketelaere de courir trois heures derrière un ballon et il sautera de joie. Par contre, il s'acquittera d'un jogging dans les bois par sens du devoir, mais plutôt contre son gré. Il diffère en cela de Vanaken, mais quoi qu'il en soit, le Club Bruges sait qu'il possède en De Ketelaere le successeur parfait du distributeur limbourgeois. Alors que Vanaken, un faux lent, ne s'épanouit vraiment qu'en numéro 10, De Ketelaere peut évoluer à tous les postes offensifs. Après avoir eu un pic de croissance de quinze centimètres en un an, il a même été posté en défense centrale en futures de l'équipe nationale, une équipe composée de joueurs qui ont éclos sur le tard. Il sait pertinemment qu'il doit son succès actuel à sa polyvalence. "Récemment, j'ai été posté sur l'aile droite avec les Espoirs belges, avec une certaine liberté de mouvement. J'aime pouvoir converger vers l'axe. Je peux aussi évoluer au poste de second avant. Je pense qu'actuellement, c'est en attaque que je peux apporter le plus, mais à l'avenir, ce sera plutôt dans l'entrejeu. Pour le moment, Hans Vanaken et Ruud Vormer y sont meilleurs que moi. Mais il se peut que dans cinq ans, je sois toujours un faux avant, un ailier droit ou gauche."