La Ville de Bruxelles et l'Union belge de football avaient un peu hésité à organiser une fête sur la Grand-Place. Comme l'équipe belge qui avait terminé quatrième au Mexique, en 1986, cette génération dorée méritait certes un tel accueil. Il y a quatre ans, lorsque les Diables Rouges avaient été éliminés en quarts de finale au Brésil, cette idée avait déjà été lancée avant d'être aussitôt rangée au placard : après la prestation décevante face à l'Argentine, cette levée d'internationaux ambitieux n'avait pas le coeur à la fête. On craignait donc un peu que le match pour la troisième place face à l'Angleterre to...

La Ville de Bruxelles et l'Union belge de football avaient un peu hésité à organiser une fête sur la Grand-Place. Comme l'équipe belge qui avait terminé quatrième au Mexique, en 1986, cette génération dorée méritait certes un tel accueil. Il y a quatre ans, lorsque les Diables Rouges avaient été éliminés en quarts de finale au Brésil, cette idée avait déjà été lancée avant d'être aussitôt rangée au placard : après la prestation décevante face à l'Argentine, cette levée d'internationaux ambitieux n'avait pas le coeur à la fête. On craignait donc un peu que le match pour la troisième place face à l'Angleterre tourne au fiasco. Mais la Belgique a gagné et obtenu le meilleur résultat de son histoire. C'est donc une foule en délire qui a accueilli nos Diables Rouges à Bruxelles, dimanche. Sur le coup de midi, la délégation a d'abord été reçue au Palais Royal. Elle a ensuite pris la direction du Mont des Arts où les joueurs sont montés dans un bus à impériale qui les a emmenés à la Grand-Place. La police de Bruxelles a parlé d'environ 40.000 personnes sur un trajet de moins d'un kilomètre. Il y avait beaucoup de femmes et d'enfants, tous habillés en noir, jaune et surtout rouge. On a même vu des musulmanes porter un voile aux couleurs nationales et des militaires se pencher aux fenêtres où ils étaient " cachés " pour prendre des photos avec leur smartphone. Ils saluaient les joueurs qui, amusés, leur faisaient signe également.Sur le bus, les joueurs savouraient pleinement. Cela compensait largement le fait que relativement peu de supporters belges s'étaient rendus au stade, ce qui leur avait valu des critiques à peine voilées de Thibaut Courtois et d'autres Diables. Mais les gens n'en voulaient pas au meilleur gardien du tournoi, ils ont même scandé plusieurs fois son nom. Celui de Romelu Lukaku aussi, d'ailleurs, même s'il a fallu un petit coup de pouce du sélectionneur national, Roberto Martínez, toujours attentif au moindre détail. Nous avons rarement senti une énergie aussi positive dans la capitale. Malgré la foule, les services d'ordre n'ont déploré aucun incident. Seule la chaleur a posé quelques problèmes, surtout aux 8000 fans rassemblés sur la Grand-Place et qui, depuis midi, attendaient sous un soleil de plomb l'apparition des joueurs au balcon de l'Hôtel de Ville, à 15 heures. Heureusement, la Ville de Bruxelles avait également prévu des écrans géants sur la place de l'Albertine et sur la place de la Bourse. Il ne pouvait y avoir d'endroit plus symbolique que cette place qui, s'était transformée en oasis de paix et de fraternité. Le football unit les peuples. Dans les hauts-parleurs, on entendait Freed From Desire, le hit de la chanteuse italienne Gala dans les années '90, devenu l'hymne des Diables Rouges au cours de cette Coupe du monde. Les Belges sont en effet libérés d'une longue attente, eux qui aspiraient à voir cette génération briller aux yeux du monde entier. A moins... qu'ils ne deviennent encore plus gourmands. Car comme l'a hurlé Axel Witsel du haut du balcon : "La fois prochaine, on reviendra. Avec une coupe."