Pourquoi n'es-tu pas devenu le grand entraîneur que certains voyaient en toi? Hugo Broos, ton ancien coach, a un jour dit: "Lorenzo va entraîner au plus haut niveau. Mais il a aussi un caractère tranché. C'est blanc ou noir avec lui, alors qu'un entraîneur doit parfois être gris." C'est exact?

LORENZO STAELENS: Oui, j'ai une opinion et je la donne. Le football est un milieu de béni-oui-oui, mais il faut avancer. C'est pour ça que j'aimais travailler avec Glen De Boeck. Je pouvais lui dire le fond de ma pensée. J'ai vécu des situations étranges. À Mouscron, j'ai repéré un talent durant un match des Espoirs. J'ai dit à Glen, qui était entraîneur principal, qu'il fallait l'intégrer immédiatement au noyau A. Il a donné son accord, mais le responsable sportif, dont le fils occupait la même position, a refusé. Il a voulu prêter Selim Amallah, qui a été frustré. Maintenant, il fait la différence au Standard, alors que le responsable mouscronnois se demandait sans arrêt pourquoi son fils ne jouait pas.

Il y a aussi eu le président d'Alost. Un vendredi, il me téléphone: il veut que le fils d'un ami joue à l'arrière gauche, alors que le gamin était déjà à la peine en Espoirs. J'ai refusé. J'ai reçu une lettre recommandée stipulant que j'avais commis une faute grave. J'ai donc aligné le garçon une fois. Une catastrophe. Les supporters étaient furieux: "Staelens n'y connaît rien!" Quelques semaines plus tard, le président ne se présentant pas à notre rendez-vous hebdomadaire, je suis parti au bout d'une demi-heure. Nouveau recommandé. Je lui ai dit: "J'arrête. Je ne veux plus un euro."

Bref, tu es difficile, Lorenzo?

STAELENS: Pour la direction, peut-être, car je dis les choses telles qu'elles sont. Pour placer mes accents et progresser. Quand je regarde un match, j'observe la structure. Certaines équipes en sont dépourvues. J'ai toujours essayé d'instaurer une structure dans mes équipes, de même que j'ai toujours demandé aux joueurs de faire preuve d'autodiscipline. Plus tard, j'ai appris que je devais la leur inculquer, car tout le monde n'en a pas.

Prenez Courtrai, où Glen a de nouveau fait appel à moi. J'y ai débuté à des conditions modestes. On m'a promis qu'elles seraient revues à la hausse un an plus tard. Le club redoutait d'être relégué. Certains disaient qu'avec Kristof D'Haene à l'arrière gauche, nous étions voués à la D2 alors qu'il était le premier que nous couchions sur la feuille de match.

Finalement, nous avons loupé de peu les PO1 et avons disputé les demi-finales de la Coupe, mais on m'a proposé les mêmes conditions qu'en début de saison. J'ai refusé: "Désolé, ce n'est pas ce qui était convenu". Glen a continué, mais n'a pas tenu longtemps. Je ne suis pas surpris par ce qui est arrivé ensuite à Yves Vanderhaeghe.

Aucun grand club, comme Anderlecht ou Bruges, ne t'a approché?

STAELENS: Quand Hein Vanhaezebrouck, que j'avais engagé à Courtrai, a signé à Anderlecht, il cherchait un adjoint. Je lui ai téléphoné à plusieurs reprises, mais il n'a jamais décroché. Puis Mogi Bayat m'a appelé. Je devais cesser de harceler Hein. "C'est moi qui décide qui sera adjoint et ce ne sera certainement pas toi." Dommage que Hein n'ait pas osé me le dire en personne.

Pourquoi n'es-tu pas devenu le grand entraîneur que certains voyaient en toi? Hugo Broos, ton ancien coach, a un jour dit: "Lorenzo va entraîner au plus haut niveau. Mais il a aussi un caractère tranché. C'est blanc ou noir avec lui, alors qu'un entraîneur doit parfois être gris." C'est exact?LORENZO STAELENS: Oui, j'ai une opinion et je la donne. Le football est un milieu de béni-oui-oui, mais il faut avancer. C'est pour ça que j'aimais travailler avec Glen De Boeck. Je pouvais lui dire le fond de ma pensée. J'ai vécu des situations étranges. À Mouscron, j'ai repéré un talent durant un match des Espoirs. J'ai dit à Glen, qui était entraîneur principal, qu'il fallait l'intégrer immédiatement au noyau A. Il a donné son accord, mais le responsable sportif, dont le fils occupait la même position, a refusé. Il a voulu prêter Selim Amallah, qui a été frustré. Maintenant, il fait la différence au Standard, alors que le responsable mouscronnois se demandait sans arrêt pourquoi son fils ne jouait pas.Il y a aussi eu le président d'Alost. Un vendredi, il me téléphone: il veut que le fils d'un ami joue à l'arrière gauche, alors que le gamin était déjà à la peine en Espoirs. J'ai refusé. J'ai reçu une lettre recommandée stipulant que j'avais commis une faute grave. J'ai donc aligné le garçon une fois. Une catastrophe. Les supporters étaient furieux: "Staelens n'y connaît rien!" Quelques semaines plus tard, le président ne se présentant pas à notre rendez-vous hebdomadaire, je suis parti au bout d'une demi-heure. Nouveau recommandé. Je lui ai dit: "J'arrête. Je ne veux plus un euro."Bref, tu es difficile, Lorenzo?STAELENS: Pour la direction, peut-être, car je dis les choses telles qu'elles sont. Pour placer mes accents et progresser. Quand je regarde un match, j'observe la structure. Certaines équipes en sont dépourvues. J'ai toujours essayé d'instaurer une structure dans mes équipes, de même que j'ai toujours demandé aux joueurs de faire preuve d'autodiscipline. Plus tard, j'ai appris que je devais la leur inculquer, car tout le monde n'en a pas.Prenez Courtrai, où Glen a de nouveau fait appel à moi. J'y ai débuté à des conditions modestes. On m'a promis qu'elles seraient revues à la hausse un an plus tard. Le club redoutait d'être relégué. Certains disaient qu'avec Kristof D'Haene à l'arrière gauche, nous étions voués à la D2 alors qu'il était le premier que nous couchions sur la feuille de match.Finalement, nous avons loupé de peu les PO1 et avons disputé les demi-finales de la Coupe, mais on m'a proposé les mêmes conditions qu'en début de saison. J'ai refusé: "Désolé, ce n'est pas ce qui était convenu". Glen a continué, mais n'a pas tenu longtemps. Je ne suis pas surpris par ce qui est arrivé ensuite à Yves Vanderhaeghe.Aucun grand club, comme Anderlecht ou Bruges, ne t'a approché?STAELENS: Quand Hein Vanhaezebrouck, que j'avais engagé à Courtrai, a signé à Anderlecht, il cherchait un adjoint. Je lui ai téléphoné à plusieurs reprises, mais il n'a jamais décroché. Puis Mogi Bayat m'a appelé. Je devais cesser de harceler Hein. "C'est moi qui décide qui sera adjoint et ce ne sera certainement pas toi." Dommage que Hein n'ait pas osé me le dire en personne.