L'avertissement est passé quasi inaperçu. Comme un coup de klaxon noyé par le bruit du cortège qui passe, emmené par sa fanfare plus festive que jamais. Pour le grand retour de la communion entre le public et ses Diables, seulement deux tiers des places disponibles ont été vendues. Déshydratés, les supporters belges. Le verre est plus à moitié vide qu'à moitié plein.
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L'avertissement est passé quasi inaperçu. Comme un coup de klaxon noyé par le bruit du cortège qui passe, emmené par sa fanfare plus festive que jamais. Pour le grand retour de la communion entre le public et ses Diables, seulement deux tiers des places disponibles ont été vendues. Déshydratés, les supporters belges. Le verre est plus à moitié vide qu'à moitié plein. L'EURO et sa déception ont laissé des traces. Défection en forme d'exaspération? Du genre: "De toute façon, ils ne gagneront jamais rien." Il était donc plus important que jamais que ces retrouvailles prennent un air de re-fiançailles. Ce fut le cas. Ce match a offert une grande gorgée d'eau fraîche. Très fraîche. Il est vrai que la Tchéquie ressemblait à la ligue d'impro qui venait donner la réplique à une compagnie shakespearienne. La représentation belge a confirmé que quand on laisse de l'espace et du temps à de très bons joueurs, ils se baladent. Se trouvent et retrouvent une verve, jadis étouffée à l'italienne. Une preuve de plus que pour les Belges, ces matches de qualification ressemblent plus à des matches de préparation aux grandes compétitions. Trop facile. Idem trois jours plus tard. Cette fois, la ligue d'impro avait l'accent belge avec ce onze de base sans socle. Petit match et petite mais précieuse victoire. Et pas de bol pour ceux qui devait marquer des points dans la lucarne martínezienne. Devoir se montrer dans une équipe sans vécu commun, sans automatisme est compliqué. Étouffées les bonnes volontés dans l'étouffoir biélorusse. Petite parenthèse, ce match s'est joué en Russie. L'UEFA boycotte le sol biélorusse, car son Président ne respecte pas assez les droits de l'Homme. Conclusion: l'UEFA est plus sensible, ou plus hypocrite, que la FIFA. Sinon comment expliquer que la prochaine Coupe du monde se joue au Qatar. Une véritable insulte à l'humanité. Puisqu'on parle Qatar, parlons Toby Alderweireld qui, à deux lettres près, aurait pu être traduit par: "Toby Altemondialiste". Il n'en est rien. Hélas. Toby est parti au pays du pétrole pour d'autres raisons. Pour voir plus souvent ses enfants. Pourquoi ne pas le croire. Mais la raison principale, c'est que c'est un vrai pro. Jusqu'au bout de la conscience. Il est là-bas pour préparer la prochaine Coupe du monde. Pour s'acclimater avec l'air, la chaleur, le taux d'humidité, la densité du sable. Un vrai pro. Humour noir mis à part, on préfère en rire quand même. Toby est un chic type et surtout un simple être humain qui veut rentabiliser sa carrière. Qui peut lui jeter la première pierre? Pas moi. Je peux seulement lui jeter ces quelques lignes. Et rappeler à tout le monde que s'il était parti à Manchester City, au PSG, à Chelsea et tant d'autres, ce serait exactement le même constat. Respect pour le gars qu'il est et pour sa carrière, mais bon... Le poids de son expérience ressemble de plus en plus à une dune sur le dos et son sens du placement à du sable mouvant. Lors de ce triptyque, il nous a semblé un peu court, un peu lourd. Un peu lent. Le manque de compétition. Probablement. Espérons que les retrouvailles futures avec son binôme nommé Jan Vertonghen lui redonneront un peu de légèreté. Il nous paraît inconcevable que Roberto remette en cause sa hiérarchie. Martínez table sur la stabilité, lisez complicité. On espère qu'elle sera suffisante pour enfin passer les dernières marches qui mènent à la victoire finale dans une grande compétition. Ce que n'est pas la Ligue des Nations. Cette dernière sera simplement une possibilité de se prouver qu'on peut battre deux grandes nations du foot. Rien de plus. Pour cette génération de Diables, consécration ne rimera qu'avec champions du monde.