Lundi 19 octobre, 8 heures tapantes. La Belgique du foot émerge d'un nouveau week-end plein en Pro League. Et cette fois, le réveil est plus percutant que d'habitude. C'est en effet le moment choisi par l'Union belge pour annoncer que les fédérations belge, allemande et néerlandaise s'unissent en vue de déposer leur candidature pour organiser le Mondial 2027. Une candidature unique pour le moment, même si les États-Unis ou encore des pays du nord de l'Europe (Danemark, Suède, Islande, Norvège et Finlande) ont eux aussi montré de l'intérêt, sans pour autant officialiser quoi que ce soit. La surprise est grande. L'ambition et la tâche, également.
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Lundi 19 octobre, 8 heures tapantes. La Belgique du foot émerge d'un nouveau week-end plein en Pro League. Et cette fois, le réveil est plus percutant que d'habitude. C'est en effet le moment choisi par l'Union belge pour annoncer que les fédérations belge, allemande et néerlandaise s'unissent en vue de déposer leur candidature pour organiser le Mondial 2027. Une candidature unique pour le moment, même si les États-Unis ou encore des pays du nord de l'Europe (Danemark, Suède, Islande, Norvège et Finlande) ont eux aussi montré de l'intérêt, sans pour autant officialiser quoi que ce soit. La surprise est grande. L'ambition et la tâche, également.Déjà parce que le tableau 2027 sera élargi à 32 nations (et non plus 24 comme au Mondial 2019, par exemple), ce qui nécessite de disposer d'une douzaine de stades, comme ce sera le cas pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande, désignées en juin pour organiser l'édition 2023. "C'est pour ça que les Pays-Bas, qui avaient déjà l'envie d'organiser un événement d'envergure après l'EURO 2017, ont pris conctact avec nous, ainsi qu'avec les Allemands", explique Katrien Jans, Manager du football féminin de l'Union belge. "Cet élargissement rendait les choses plus compliquées pour eux. Et des trois côtés, tout le monde s'est vite montré très enthousiaste par rapport à cette candidature. Y compris en Allemagne, qui aurait pu y aller seule, mais a déjà l'EURO 2024 à gérer. On s'était déjà dit que si on avait un jour l'opportunité d'organiser un grand tournoi, on foncerait. Ici, c'était une occasion immanquable."Reste à régler un paquet de questions. Les stades, par exemple, qui détermineront les villes-hôtes dans notre pays. Et combien seront désignées chez nous ? Si l'Allemagne et les Pays-Bas semblent parés niveau installations, quid de la Belgique ? Le stade national ? Une utopie plus qu'un projet, tuée dans l'oeuf par des querelles de clocher qui empêcheront la capitale de l'Europe d'accueillir la moindre rencontre de l'EURO 2021. Charleroi ? Le Sporting entend bâtir un nouveau stade de 22.000 places à l'horizon 2024 et constitue une option, sachant qu'en France, les 20.500 places de Stade de Reims s'étaient avérées suffisantes pour être choisies. La Ghelamco Arena de Gand (20.000 places), inaugurée en 2013, est une réussite. Anderlecht et le Standard possèdent également une arène dôtée de plus de 20.000 sièges (25.000 pour les Rouches) et entendent la moderniser, voire l'agrandir. L'Antwerp finalise la transformation de son Bosuil. Quant au Club, le recours des riverains au Conseil d'État contre la construction d'un stade flambant neuf (censée être bouclée en 2022) rend une éventuelle étape brugeoise difficile à envisager sereinement. En tout cas pour le moment. Bref, les questions sont nombreuses. "Tout cela doit encore être discuté en détail", indique Katrien Jans."On attend les détails de la FIFA, pour savoir quels sont les critères à remplir, même si on se base sur ce qui a déjà pu se faire par le passé. L'idéal serait de disposer d'un stade en Flandre, un en Wallonie et un à Bruxelles. On table en tout cas sur un total entre dix et douze stades pour nos trois pays. Mais pour le moment, aucune ville ne se dégage."On n'en est qu'au stade de l'annonce, donc. Et du côté de la fédé, on se donne jusqu'à la fin de l'année pour éclaircir un maximum de points, avant de remettre le fameux bid book à la FIFA avant le Mondial 2023. "On a un groupe de project leaders, qui se réunit toutes les trois semaines. Et toutes les six semaines, on se réunit avec les CEO des trois pays", détaille la patronne du foot féminin en Belgique. "On va désormais plus s'attaquer au pratique. Pour définir tous les points nécessaires au dépôt d'un bid book. Mais le fait qu'on ne puisse se voir en face à face n'aide pas."L'organisation d'un tel événement représenterait en tout cas une vitrine considérable pour le foot féminin en Belgique, lui-même "une priorité", affirme l'UB. Car tournoi après tournoi, l'intérêt pour la discipline croît, avec ce gros coup de boost vécu l'an dernier lors du Mondial français. Une compétition suivie par un milliard de téléspectateurs toutes plateformes confondues, une première dans l'histoire du Mondial (et une augmentation de 30% par rapport à l'édition précédente, disputée au Canada). Côté stades et audiences télé aussi, les chiffres se révèlent plus que satisfaisants (74% de remplissage dans les différentes arènes françaises, des records de l'année enregistrés en France, en Angleterre et aux Pays-Bas, notamment). Bref, se lancer dans une telle aventure confirme que l'Union belge veut continuer sur sa lancée du projet TheWorld At Our Feet, présenté en août 2019. Une initiative qui vise à doubler le nombre d'affiliées d'ici 2024 (pour atteindre les 80.000, on n'en est qu'à 42.000 pour le moment, mais l'incertitude due au Covid n'aide pas, déclarait Mme Jans à la RTBF, récemment) et d'installer les Red Flames dans le top 8 européen durablement. Et la Belgique définitivement sur la carte du foot féminin mondial ?