06/10/2007 KRC Genk - Malines: premières minutes de jeu

DAVID HUBERT : " À 19 ans, je suis monté au jeu pour la première fois, à la 90e minute, alors que le score était de 2-1. Je n'ai pas touché le ballon, mais c'était une récompense pour tout le travail effectué durant les années précédentes. Également pour mes parents, qui ont élevé six enfants. Ça ne les a pas empêchés de passer des centaines d'heures en voiture pour me conduire aux entraînements et aux matches. Jusqu'à ce que je sois hébergé dans une famille d'accueil. J'étais donc très fier lors de ces premières minutes. D'autant que c'était face à Malines, le club qui était aller me chercher à Hoeilaart. J'ai passé six ans au KaVé, jusqu'à mes quinze ans. Une époque fantastique, mais lorsque le club est tombé en faillite en 2003, je suis parti avec Steven Defour à Genk. "
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DAVID HUBERT : " À 19 ans, je suis monté au jeu pour la première fois, à la 90e minute, alors que le score était de 2-1. Je n'ai pas touché le ballon, mais c'était une récompense pour tout le travail effectué durant les années précédentes. Également pour mes parents, qui ont élevé six enfants. Ça ne les a pas empêchés de passer des centaines d'heures en voiture pour me conduire aux entraînements et aux matches. Jusqu'à ce que je sois hébergé dans une famille d'accueil. J'étais donc très fier lors de ces premières minutes. D'autant que c'était face à Malines, le club qui était aller me chercher à Hoeilaart. J'ai passé six ans au KaVé, jusqu'à mes quinze ans. Une époque fantastique, mais lorsque le club est tombé en faillite en 2003, je suis parti avec Steven Defour à Genk. " HUBERT : " Les deux mêmes équipes, mais un tout autre contexte. Durant ma deuxième saison, mon temps de jeu s'était limité à quelques brèves apparitions jusque fin février. Lorsque Ronny Van Geneugden a été limogé, j'ai disputé le reste de la saison comme titulaire, à 21 ans, sous la direction du coach intérimaire Pierre Denier. J'étais aussi titulaire lors de la finale de la Coupe de Belgique au stade Roi Baudouin. La préparation était spéciale. Pour la première fois, on est allés en mise au vert, au Lac de Genval, où on est entrés dans une petite chapelle lors d'une promenade dans les bois. Eric Matoukou s'est placé derrière l'autel et s'est mis à prêcher ( Il rit). On ne comprenait pas la moitié de ce qu'il disait, mais ça nous a donné un coup de boost. On a gagné 2-0, avec des buts de Marvin Ogunjimi, lui aussi un ancien joueur de Malines. Émotionnellement, c'était un moment très fort. Pour Pierre Denier, pour moi, pour d'autres jeunes joueurs qui avaient intégré le noyau A : Davino Verhulst, Dimitri Daeseleire, Jelle Vossen, le tout jeune Kevin De Bruyne... " HUBERT : " Après la victoire en Coupe, Hein Vanhaezebrouck a pris le relais, mais fin novembre 2009, il était déjà limogé et Franky Vercauteren lui a succédé. Avec succès, car après la victoire dans les play-offs 2, il a bâti un vrai groupe, parfaitement équilibré entre les nouveaux jeunes talents, Thibaut Courtois et Kevin De Bruyne, et les joueurs plus expérimentés. Dans mon rôle de milieu défensif, je faisais le job aux côtés de Dániel Tözsér. Après le départ de João Carlos en janvier, Vercauteren m'a même nommé capitaine. Pour mon rôle central dans l'entrejeu et mon autorité verbale comme jeune leader. À 23 ans, ce n'était pas évident, mais on avait un groupe très discipliné. On a terminé deuxièmes de la phase classique derrière Anderlecht. Et au terme de brillants play-offs 1, on pouvait être sacrés champions si on ne perdait pas contre le Standard lors de la dernière journée. Grâce à la division des points par deux et un fantastique 25 sur 27, les Rouches avaient réussi une remontée impressionnante. Lors de ce match décisif, je portais un masque suite à une fracture de la pommette encourue lors du match aller contre le Standard. Ce qui m'a valu un surnom : Zorro ( Il rit). De ce match, on retiendra aussi la grave blessure à la tête de Mehdi Carcela. On a été menés 0-1, et on n'a égalisé qu'à la 78e minute, sur un but de la tête de Kennedy. On était champions ! Grâce aussi à quelques interventions brillantes de Thibaut Courtois, 19 ans à l'époque. En tant que capitaine, j'ai eu l'honneur de pouvoir soulever le trophée. Un nouveau grand moment dans ma jeune carrière. " HUBERT : " L'euphorie s'était à peine estompée lorsque Georges Leekens m'a convoqué pour la première fois en équipe nationale, la semaine suivante. Face à la Turquie, j'ai dû prendre place en tribune, mais j'ai pu m'entraîner avec Vincent Kompany et consorts, une expérience fantastique. Trois mois plus tard, j'ai fêté ma première cap lors d'un match amical contre la Slovénie. Je suis monté au jeu après une heure, en remplacement d' Axel Witsel. Quelque part, j'avais tenu ma promesse : à neuf ans, j'avais écrit une lettre à mes parents, sur laquelle j'avais dessiné un drapeau belge et un maillot avec le numéro 10 et cette prédiction : " Un jour, je serai Diable rouge. " Un mois plus tard, à domicile contre les États-Unis, je suis une deuxième fois monté au jeu, cette fois pour remplacer Marouane Fellaini après une bonne heure. Et maintenant que j'y repense : les deux fois, j'ai disputé la dernière demi-heure aux côtés de Timmy Simons, qui est aujourd'hui mon entraîneur adjoint à Zulte Waregem, et avec lequel j'étais souvent comparé. Ces deux matches internationaux sont tombés au milieu d'un début de saison explosif à Genk, où on disputait les qualifications pour la Ligue des Champions. Le match en déplacement au Partizan Belgrade était hallucinant. Je n'ai jamais connu une ambiance aussi hostile. Tout aussi mémorable : le dernier tour qualificatif contre le Maccabi Haifa, annoncé comme le match le plus important de l'histoire de Genk. Après la défaite 2-1 en Israël, on a gagné 2-1 à domicile. La décision devait donc tomber lors de la séance de tirs au but. J'ai marqué le deuxième (pourtant mal tiré), ça reste le tir au but le plus important de ma carrière. On a finalement gagné la série 6-2, inspirés par l'hymne de la Ligue des Champions que quelqu'un avait diffusé au réveil dans notre hôtel. On a cependant fêté la qualification sans Vercauteren, qui avait annoncé à l'aéroport de Tel-Aviv, juste après le match aller, qu'il nous quitterait pour rejoindre Al Jazira. Il ne nous a plus coachés lors du match retour, car il devait prendre l'avion pour Abu Dhabi. Un coup de tonnerre dans un ciel sans nuage. Quelque part, on comprenait ce choix financier, surtout après tout ce qu'il nous avait apporté. Mais d'un autre côté, on se sentait abandonnés. On a débuté la campagne de Champions League sous la direction du nouveau coach Mario Been par un 0-0 contre Valence. Un nouveau rêve s'est réalisé pour moi. Mais il a été de courte durée, car après deux matches, je ne pouvais plus supporter la douleur engendrée par la pubalgie que je traînais depuis des mois. " HUBERT : " À cause de cette blessure et de nouveaux transferts, je suis resté sur le banc la saison suivante ( 2012/13, ndlr). Après le Nouvel An, j'ai été prêté à La Gantoise. J'ai été titularisé la plupart du temps sous la direction de Víctor Fernández. Jusqu'à ce qu'il reçoive son C4 et soit remplacé par Mircea Rednic. Il m'a relégué sur le banc après un match. Je me suis retrouvé comme tampon entre la direction et l'entraîneur, qui voulait imposer " ses " joueurs durant la trêve hivernale... Je n'ai jamais eu de problème avec le coach, mais je supportais mal cette injustice. Après une dernière montée au jeu contre OHL, début février, j'ai été prêté à l'Hapoël Beer Sheva. Lors de mon retour, Michel Louwagie a voulu me vendre définitivement et m'a mis des bâtons dans les roues, comme ça se passe parfois avec des joueurs excédentaires. Finalement, à la fin du mercato estival, j'ai été prêté : d'abord à Waasland-Beveren, puis deux saisons à Mouscron. Durant cette période, j'ai découvert le mauvais côté de ce petit monde, mais j'en suis ressorti plus fort. " HUBERT : " Avant-dernière journée de ma première saison à Mouscron : à la quatrième minute, j'ouvre la marque contre Anderlecht, d'une reprise de la tête. Je n'ai inscrit que quatre buts de plein jeu durant toute ma carrière. On a finalement gagné 2-1 grâce à un but d' Anice Badri à la 87e. Une victoire qui nous assurait le maintien. La saison suivante, on s'est encore sauvés. Les observateurs ne se rendent pas compte que ça relevait du miracle : réussir à se maintenir après le départ des meilleurs joueurs et la reconstruction d'une toute nouvelle équipe. On ne reçoit jamais de trophée pour s'être maintenu, mais avec beaucoup moins de moyens, un football très différent et beaucoup de contretemps, j'estime qu'on avait autant de mérites que Bruges lorsqu'il remporte le titre. En plus, c'était avec trois entraîneurs différents : Cedomir Janevski, Glen De Boeck, et la deuxième saison avec Mircea Rednic. J'ai failli tomber de ma chaise lorsque j'ai appris qu'il succédait à De Boeck. Il m'a convoqué dans son bureau dès le premier jour. Je ne t'en voulais pas à toi personnellement lorsque nous étions à Gand. Dans l'intérêt de l'équipe, je me suis efforcé de ne rien laisser paraître. J'ai toujours privilégié le collectif. Les gens ne viennent pas au stade pour voir David Hubert, mais dans ce rôle-là, je peux être important aussi. " HUBERT : " Durant l'été 2017, j'ai rejoint Louvain. J'y ai vécu quatre belles saisons, malgré trois années en D1B. Deux matches me restent en mémoire, malheureusement pas pour des raisons sportives. Durant la semaine qui a précédé un duel contre Anderlecht, l'un de mes meilleurs amis, Pieter-Jan, a disparu. La veille, je participais encore aux recherches. Et le jour du match, alors que je partais au stade, j'ai appris la terrible nouvelle : PJ avait été retrouvé mort dans la Lys. Lorsque j'ai tout raconté à Marc Brys, je me suis effondré dans son bureau. Il s'est montré très humain et m'a autorisé à rentrer chez moi, mais ce match contre Anderlecht, le club préféré de Pieter-Jan, je voulais absolument le disputer. Brys m'a fait commencer sur le banc, mais à la 78e minute, alors qu'on était menés 2-1, il m'a fait monter. Six minutes plus tard, on a égalisé. D'une certaine manière, j'ai eu l'impression qu'une force extérieure nous avait aidés... Le match suivant, six jours plus tard, contre Bruges, était tout aussi surréaliste avec l'enterrement qui avait eu lieu en matinée. On l'a amporté 2-1. PJ aurait sûrement apprécié. "