"C'est juste un bon joueur avec la mentalité du club, vous devriez peut-être le garder", déclarait Marc Overmars, l'actuel directeur sportif d'Anvers, au sujet de Jurgen Ekkelenkamp. Des propos qui remontent à il y a un an lorsque l'Ajax avait laissé filer un joueur qu'il avait formé du côté du Hertha BSC. Le jeune néerlandais était surtout la victime de la féroce concurrence présente au sein du milieu de terrain d'Amsterdam.

C'est à l'âge de cinq ans qu'Ekkelenkamp a commencé à jouer au football du côté du FC Omniworld, aujourd'hui devenu Almere City. Il y est resté jusqu'à ses treize ans. C'était un peu contre sa volonté, car il a essayé de rejoindre à l'Ajax à quatre reprises. Trois fois, le club phare des Pays-Bas avait refusé ses services après qu'il ait passé des tests. Ces échecs n'ont pas freiné la motivation du jeune Ekkelenkamp qui a été récompensé de son obstination par un transfert à 2013 dans le club de la capitale. Il avait alors quinze ans.

L'Ajax est l'équipe de son coeur. Il s'endormait avec un ballon du club à côté de lui, se parait constamment des maillots rouge et blanc et connaissait bien sûr tous les joueurs. Un de ces derniers avait particulièrement ses faveurs : notre compatriote Jan Vertonghen. Le Néerlandais, qui évolue désormais au milieu de terrain, était plutôt un défenseur dans sa jeunesse. C'est à l'académie de l'Ajax qu'Ekkelenkamp s'est découvert des aptitudes plus haut sur l'échiquier. Lorsque le Jong Ajax, qui joue en deuxième division néerlandaise, l'a aligné au milieu, à 18 ans, il s'est complètement révélé en inscrivant 17 buts en près de 50 matches. Tout cela alors qu'il n'était pas spécialement réputé pour son sens du but.

Jurgen Ekkelenkamp n'a jamais réussi à s'imposer comme incontournable du côté de l'Ajax, son club de coeur., iStock
Jurgen Ekkelenkamp n'a jamais réussi à s'imposer comme incontournable du côté de l'Ajax, son club de coeur. © iStock

Il a "maltraité" Ronaldo en Champions League

Cette seule saison plus qu'aboutie en Keuken Kampioen Divisie a offert à Ekkelenkamp une chance d'évoluer avec le noyau A de l'Ajax. Ses débuts y furent d'ailleurs mémorables puisqu'il a pu jouer contre la Juventus de Cristiano Ronaldo en Ligue des champion. Le Portugais doit certainement s'en souvenir. À la 93e minute, CR7 est envoyé au tapis de façon pas très discrète par ce jeune Néerlandais enthousiaste. "J'ai juste pensé : arrête sur Ronaldo, sinon il est parti vers le but", avouera-t-il plus tard en interview.

Cet incident ne lui a pas valu un surnom très sympathique. Dans la rue, on l'appelle souvent "Ronaldogooier" ("lanceur de Ronaldo en version littérale), ce qui l'agace énormément. "Je me promène dans la rue. Et soudain, j'entend "hey, Ronaldogooier". C'est assez à un moment", avait-il affirmé à ce sujet après un match de Coupe des Pays-Bas disputé contre Telstar.

Cette anecdote montre que l'Antwerp n'a pas attiré un joueur sans personnalité, même si le Néerlandais est plus féroce sur le terrain qu'en dehors. Dans la vie de tous les jours, on dit d'Ekkelenkamp qu'il est un garçon timide. Tant que cela n'est pas le cas sur le terrain s'est sans doute dit le matricule 1.

Blitz-joker" du Hertha Berlin

Dans sa jeunesse, Ekkelenkamp n'a jamais été considéré comme le plus grand des talents. C'était surtout un bon joueur avec une excellente mentalité, des capacités physiques et une bonne vision du jeu. Il n'a jamais été en mesure de se forger un statut de titulaire du côté de l'Ajax, même s'il aura disputé 40 matches pour le compte des Lanciers avant son départ pour la capitale allemande.

Un certain Marc Overmars avait quelque peu insisté, lors de l'été 2021, pour qu'il quitte le club Amstellodamois. Le nouveau point de chute d'Ekkelenkamp sera le Hertha Berlin, un club historique de Bundesliga qui se veut ambitieux, du moins sur le papier. Les attentes de la formation allemande pour sa nouvelle recrue batave sont directement élevées. Il se voit attribuer le numéro 10 et ses débuts contre Greuther Fürth s'avèrent un grand succès. Deux minutes seulement après sa montée au jeu, le Néerlandais ouvre son compteur buts pour ses nouvelles couleurs. Le magazine allemand Kicker l'a rapidement promu au rang de "Blitz-joker" du Hertha. Si cela peut paraître étrange, ce n'est pas seulement pour ce but rapide que Ekkelenkamp a hérité de ce sobriquet. Mais aussi à cause de deux amendes qu'il a reçues. "Au Hertha, ils ont une tradition particulière puisqu'ils te donnent une amende pour tes débuts sous leurs couleurs et une autre pour ton premier but. J'ai pu les barrer toutes les deux après le match", détaillait-il en rigolant à Elfvoetbal.

En marquant son premier but sous les couleurs du Hertha Berlin après seulement 2 minutes de jeu, Jurgen Ekkelenkamp va se prendre deux amendes d'un coup., iStock
En marquant son premier but sous les couleurs du Hertha Berlin après seulement 2 minutes de jeu, Jurgen Ekkelenkamp va se prendre deux amendes d'un coup. © iStock

"Trop naïf"

Ce bon départ n'a toutefois pas été confirmé. Au terme de sa première saison berlinoise, où le Hertha a été très loin de ses ambitions en devant lutter pour son maintien via des barrages contre le troisième de deuxième division, Ekkelenkamp n'avait pris part qu'à 21 matches, au cours desquels il a marqué trois fois. Il n'était pas souvent titulaire puisqu'il n'a obtenu qu'une demi-heure de temps de jeu en moyenne par rencontre. Cet été, un an seulement après son arrivée, son statut de réserviste semblait se confirmer. Avec Suat Serdar, Kevin-Prince Boateng, Lucas Tousart et Vladimir Darida, tous des joueurs expérimentés, la concurrence dans l'entrejeu allemand était tout simplement trop forte pour lui. Encore une fois, comme à Amsterdam.

Néanmoins, les supporters qui se rendaient au stade olympique tous les quinze jours ont pu constater quelques qualités intéressantes dans le chef du jeune Néerlandais. "Il est dangereux près du but, comprend le style de jeu de son équipe et est créatif. Il peut faire mal à l'adversaire, car il sait toujours où se placer", décrivait son ancien entraîneur Pal Dardai au moment d'énumérer les qualités du Batave. Le directeur technique Fredi Bobic voyait plutôt les côtés négatifs. "Il est encore trop inexpérimenté et prend trop de décisions naïves", tranchait celui qui a marqué 10 buts pour le compte de la Mannschaft entre 1994 et 2004. "Mais je ne doute pas de ses qualités", a-t-il cependant nuancé.

Le Hertha aimerait recevoir cinq millions d'euros des clubs belges qui sont venus frapper à sa porte pour transférer Ekkelenkamp. Qu'il s'agisse du FC Bruges ou de l'Antwerp, peu importe. Le choix final reviendrait entièrement au joueur. Finalement, c'est Marc Overmars qui a réussi à mettre le grappin sur ce "beau joueur", un an après lui avoir conseillé de quitter l'Ajax. Jurgen Ekkelenkamp pourra-t-il enfin percer en Jupiler Pro League à l'ombre du Bosuil ?

"C'est juste un bon joueur avec la mentalité du club, vous devriez peut-être le garder", déclarait Marc Overmars, l'actuel directeur sportif d'Anvers, au sujet de Jurgen Ekkelenkamp. Des propos qui remontent à il y a un an lorsque l'Ajax avait laissé filer un joueur qu'il avait formé du côté du Hertha BSC. Le jeune néerlandais était surtout la victime de la féroce concurrence présente au sein du milieu de terrain d'Amsterdam.C'est à l'âge de cinq ans qu'Ekkelenkamp a commencé à jouer au football du côté du FC Omniworld, aujourd'hui devenu Almere City. Il y est resté jusqu'à ses treize ans. C'était un peu contre sa volonté, car il a essayé de rejoindre à l'Ajax à quatre reprises. Trois fois, le club phare des Pays-Bas avait refusé ses services après qu'il ait passé des tests. Ces échecs n'ont pas freiné la motivation du jeune Ekkelenkamp qui a été récompensé de son obstination par un transfert à 2013 dans le club de la capitale. Il avait alors quinze ans. L'Ajax est l'équipe de son coeur. Il s'endormait avec un ballon du club à côté de lui, se parait constamment des maillots rouge et blanc et connaissait bien sûr tous les joueurs. Un de ces derniers avait particulièrement ses faveurs : notre compatriote Jan Vertonghen. Le Néerlandais, qui évolue désormais au milieu de terrain, était plutôt un défenseur dans sa jeunesse. C'est à l'académie de l'Ajax qu'Ekkelenkamp s'est découvert des aptitudes plus haut sur l'échiquier. Lorsque le Jong Ajax, qui joue en deuxième division néerlandaise, l'a aligné au milieu, à 18 ans, il s'est complètement révélé en inscrivant 17 buts en près de 50 matches. Tout cela alors qu'il n'était pas spécialement réputé pour son sens du but. Cette seule saison plus qu'aboutie en Keuken Kampioen Divisie a offert à Ekkelenkamp une chance d'évoluer avec le noyau A de l'Ajax. Ses débuts y furent d'ailleurs mémorables puisqu'il a pu jouer contre la Juventus de Cristiano Ronaldo en Ligue des champion. Le Portugais doit certainement s'en souvenir. À la 93e minute, CR7 est envoyé au tapis de façon pas très discrète par ce jeune Néerlandais enthousiaste. "J'ai juste pensé : arrête sur Ronaldo, sinon il est parti vers le but", avouera-t-il plus tard en interview.Cet incident ne lui a pas valu un surnom très sympathique. Dans la rue, on l'appelle souvent "Ronaldogooier" ("lanceur de Ronaldo en version littérale), ce qui l'agace énormément. "Je me promène dans la rue. Et soudain, j'entend "hey, Ronaldogooier". C'est assez à un moment", avait-il affirmé à ce sujet après un match de Coupe des Pays-Bas disputé contre Telstar.Cette anecdote montre que l'Antwerp n'a pas attiré un joueur sans personnalité, même si le Néerlandais est plus féroce sur le terrain qu'en dehors. Dans la vie de tous les jours, on dit d'Ekkelenkamp qu'il est un garçon timide. Tant que cela n'est pas le cas sur le terrain s'est sans doute dit le matricule 1.Dans sa jeunesse, Ekkelenkamp n'a jamais été considéré comme le plus grand des talents. C'était surtout un bon joueur avec une excellente mentalité, des capacités physiques et une bonne vision du jeu. Il n'a jamais été en mesure de se forger un statut de titulaire du côté de l'Ajax, même s'il aura disputé 40 matches pour le compte des Lanciers avant son départ pour la capitale allemande. Un certain Marc Overmars avait quelque peu insisté, lors de l'été 2021, pour qu'il quitte le club Amstellodamois. Le nouveau point de chute d'Ekkelenkamp sera le Hertha Berlin, un club historique de Bundesliga qui se veut ambitieux, du moins sur le papier. Les attentes de la formation allemande pour sa nouvelle recrue batave sont directement élevées. Il se voit attribuer le numéro 10 et ses débuts contre Greuther Fürth s'avèrent un grand succès. Deux minutes seulement après sa montée au jeu, le Néerlandais ouvre son compteur buts pour ses nouvelles couleurs. Le magazine allemand Kicker l'a rapidement promu au rang de "Blitz-joker" du Hertha. Si cela peut paraître étrange, ce n'est pas seulement pour ce but rapide que Ekkelenkamp a hérité de ce sobriquet. Mais aussi à cause de deux amendes qu'il a reçues. "Au Hertha, ils ont une tradition particulière puisqu'ils te donnent une amende pour tes débuts sous leurs couleurs et une autre pour ton premier but. J'ai pu les barrer toutes les deux après le match", détaillait-il en rigolant à Elfvoetbal.Ce bon départ n'a toutefois pas été confirmé. Au terme de sa première saison berlinoise, où le Hertha a été très loin de ses ambitions en devant lutter pour son maintien via des barrages contre le troisième de deuxième division, Ekkelenkamp n'avait pris part qu'à 21 matches, au cours desquels il a marqué trois fois. Il n'était pas souvent titulaire puisqu'il n'a obtenu qu'une demi-heure de temps de jeu en moyenne par rencontre. Cet été, un an seulement après son arrivée, son statut de réserviste semblait se confirmer. Avec Suat Serdar, Kevin-Prince Boateng, Lucas Tousart et Vladimir Darida, tous des joueurs expérimentés, la concurrence dans l'entrejeu allemand était tout simplement trop forte pour lui. Encore une fois, comme à Amsterdam.Néanmoins, les supporters qui se rendaient au stade olympique tous les quinze jours ont pu constater quelques qualités intéressantes dans le chef du jeune Néerlandais. "Il est dangereux près du but, comprend le style de jeu de son équipe et est créatif. Il peut faire mal à l'adversaire, car il sait toujours où se placer", décrivait son ancien entraîneur Pal Dardai au moment d'énumérer les qualités du Batave. Le directeur technique Fredi Bobic voyait plutôt les côtés négatifs. "Il est encore trop inexpérimenté et prend trop de décisions naïves", tranchait celui qui a marqué 10 buts pour le compte de la Mannschaft entre 1994 et 2004. "Mais je ne doute pas de ses qualités", a-t-il cependant nuancé.Le Hertha aimerait recevoir cinq millions d'euros des clubs belges qui sont venus frapper à sa porte pour transférer Ekkelenkamp. Qu'il s'agisse du FC Bruges ou de l'Antwerp, peu importe. Le choix final reviendrait entièrement au joueur. Finalement, c'est Marc Overmars qui a réussi à mettre le grappin sur ce "beau joueur", un an après lui avoir conseillé de quitter l'Ajax. Jurgen Ekkelenkamp pourra-t-il enfin percer en Jupiler Pro League à l'ombre du Bosuil ?