Ça n'avait pourtant pas commencé si mal. Financièrement, le tableau était même plutôt florissant grâce aux ventes d'AleksandarMitrovic et de ChancelMbemba à Newcastle. Le mercato entrant pouvait enfin démarrer (seule la venue d'IvanObradovic avait été enregistrée jusque-là). La non-participation à la Ligue des Champions avait obligé HermanVanHolsbeeck à vendre, ordre du conseil d'administration, avant d'acheter. Dès la vente du duo, le manager général a entamé ce qu'il fait de mieux, manier l'art du bluff et de la fausse piste.

Chaque nouvelle arrivée était précédée d'une sortie dans la presse où Herman Van Holsbeeck déclarait mettre fin aux négociations car " trop cher ", " impossible à réaliser ". Quelques semaines, voire quelques jours plus tard, les intransférables ImohEzekiel, StefanoOkaka, KaraMbodj débarquaient. Cet été, le DG des Mauves a passé son temps entre son bureau de Neerpede et sa maison à Marbella.

" C'est finalement quand il est en " vacances " en Espagne qu'il bosse le mieux ", nous raconte un proche du club. " Là, au moins, il n'est pas trop embêté. " . Sur son téléphone, le nom de MogiBayat n'a pas arrêté de s'afficher. Quoi de plus normal pour celui qui est devenu l'agent maison d'Anderlecht. Son image avait pourtant du plomb dans l'aile depuis les échecs répétés appelés MarkoMarin, FabriceN'Sakala, MaximeColin (qu'il a toutefois réussi à revendre à Brentford pour le triple du prix d'achat) et surtout DavidPollet, un transfert sportivement resté inexplicable.

Bayat garde la main

Mais Bayat, malgré ces flops, a gardé la main. C'est lui qui est intervenu dans le compliqué dossier Ezekiel aux côtés de l'agent du joueur, MichelSagesse alors que LucienD'Onofrio, présumé ami de la maison, avait tenté d'envoyer le Nigérian à Porto. C'est Bayat, encore lui, qui est intervenu dans le transfert de Kara Mbodj de Genk à Anderlecht avant de placer SébastienDewaest à Genk et de faire tourner sa planche à billets.

4,5 millions d'euros (certaines sources évoquent une transaction inférieure à 4 millions) pour le défenseur sénégalais, le montant laisse circonspect. Et ces transferts désespèrent la cellule scouting qui doit se poser la question de son utilité. L'ambition déclarée de ramener Boussoufa, âgé de 31 ans, aurait pu assurer une rentabilité rapide mais témoignait aussi d'une absence de vision et d'ambition dans le recrutement ou de prise de risques.

Où sont les boss?

A Anderlecht, on justifiait le retour du double Soulier d'Or pour des raisons multiples. Bous était ardemment désiré par BesnikHasi mais surtout, il devait endosser le rôle de leader du vestiaire. L'absence d'homme fort est l'une des explications de la perte de titre l'an dernier et du début de saison très brouillon. StevenDefour devait pourtant être celui-là. C'était la raison principale de son arrivée triomphale l'été dernier. Alors qu'il survolait la compétition à son arrivée, le rendement et son impact se sont progressivement éteints.

Et les fantômes du passé ont réapparu: mauvaise hygiène de vie, un goût immodéré pour la fête, etc. " Vu la jeunesse du groupe et son statut, il devait faire preuve d'exemplarité sur et en dehors du terrain ", avait reconnu Herman Van Hosbeeck dans nos colonnes. Mais difficile de froisser son joueur " star ". Finalement, c'est son pote, Fabrice N'Sakala qui a trinqué. Defour semble, lui, retrouver petit à petit la pleine santé.

Proto vs VDB

Comment ne pas évoquer l'affaire VandenBorre dont les propos cash ont mis à mal la prétendue bonne ambiance au sein du noyau. Mbemba, déjà, en fin de saison dernière avait pointé le manque " d'esprit de camaraderie. " Si SilvioProto est apparu en conférence de presse au lendemain de l'affaire pour condamner les propos et l'attitude de VDB, cela n'avait rien d'anodin. Les deux joueurs ne pouvaient pas se sentir, ils en étaient même presque venus aux mains l'an dernier sur le parking du club.

Vanden Borre reprochait notamment à Proto de flinguer tout le monde en petit comité, en particulier la jeune garde. Des mots durs qui arrivaient par après aux oreilles du groupe. La personnalité du capitaine du Sporting divise, certains lui reprochent notamment de tirer la couverture à lui. L'autre cadre du club, OlivierDeschacht, n'est pas non plus une personnalité rassembleuse. Difficile dans pareil contexte de créer un semblant d'unité.

Bricolage

Besnik Hasi a donc du pain sur la planche. Le staff a régulièrement été excédé par les attitudes de divas de certains, Vanden Borre en tête. Sportivement, on cherche toujours la bonne carburation. Et les hésitations semblent nombreuses, à l'image de ce losange du milieu de terrain sur papier sexy quand le modèle est calqué sur celui de l'Atletico Madrid de DiegoSimeone.

Mais cet été, ce losange, qui avait déjà été testé lors de la dernière journée des play-offs face à Gand, semble plutôt avoir été bricolé pour arranger tout le monde. Autrement dit les éléments les plus bankables (DennisPraet, YouriTielemans, Defour). Lors de deux sorties (face à Gand et à Ostende), le système s'est avéré totalement inefficace. Face à Westerlo, Hasi est revenu à un 4-3-3 bien plus équilibré.

Van Holsbeeck en est le premier conscient, Hasi reste un jeune entraîneur. Ses débuts rêvés, qui ont débouché sur un titre inespéré, ont masqué la réalité. L'entraîneur albanais est à l'image de son jeune groupe: toujours en construction. Celui qui, en novembre dernier, était encore longuement ovationné sur la pelouse de l'Emirates par 3000 supporters mauves surexcités suite à l'exploit face à Arsenal compte aujourd'hui beaucoup moins de partisans.

Heureusement, la Coupe d'Europe et les choses sérieuses arrivent seulement. Le temps de se refaire et d'oublier un été particulièrement mouvementé.

Par Thomas Bricmont

Ça n'avait pourtant pas commencé si mal. Financièrement, le tableau était même plutôt florissant grâce aux ventes d'AleksandarMitrovic et de ChancelMbemba à Newcastle. Le mercato entrant pouvait enfin démarrer (seule la venue d'IvanObradovic avait été enregistrée jusque-là). La non-participation à la Ligue des Champions avait obligé HermanVanHolsbeeck à vendre, ordre du conseil d'administration, avant d'acheter. Dès la vente du duo, le manager général a entamé ce qu'il fait de mieux, manier l'art du bluff et de la fausse piste. Chaque nouvelle arrivée était précédée d'une sortie dans la presse où Herman Van Holsbeeck déclarait mettre fin aux négociations car " trop cher ", " impossible à réaliser ". Quelques semaines, voire quelques jours plus tard, les intransférables ImohEzekiel, StefanoOkaka, KaraMbodj débarquaient. Cet été, le DG des Mauves a passé son temps entre son bureau de Neerpede et sa maison à Marbella." C'est finalement quand il est en " vacances " en Espagne qu'il bosse le mieux ", nous raconte un proche du club. " Là, au moins, il n'est pas trop embêté. " . Sur son téléphone, le nom de MogiBayat n'a pas arrêté de s'afficher. Quoi de plus normal pour celui qui est devenu l'agent maison d'Anderlecht. Son image avait pourtant du plomb dans l'aile depuis les échecs répétés appelés MarkoMarin, FabriceN'Sakala, MaximeColin (qu'il a toutefois réussi à revendre à Brentford pour le triple du prix d'achat) et surtout DavidPollet, un transfert sportivement resté inexplicable.Bayat garde la main Mais Bayat, malgré ces flops, a gardé la main. C'est lui qui est intervenu dans le compliqué dossier Ezekiel aux côtés de l'agent du joueur, MichelSagesse alors que LucienD'Onofrio, présumé ami de la maison, avait tenté d'envoyer le Nigérian à Porto. C'est Bayat, encore lui, qui est intervenu dans le transfert de Kara Mbodj de Genk à Anderlecht avant de placer SébastienDewaest à Genk et de faire tourner sa planche à billets.4,5 millions d'euros (certaines sources évoquent une transaction inférieure à 4 millions) pour le défenseur sénégalais, le montant laisse circonspect. Et ces transferts désespèrent la cellule scouting qui doit se poser la question de son utilité. L'ambition déclarée de ramener Boussoufa, âgé de 31 ans, aurait pu assurer une rentabilité rapide mais témoignait aussi d'une absence de vision et d'ambition dans le recrutement ou de prise de risques. Où sont les boss?A Anderlecht, on justifiait le retour du double Soulier d'Or pour des raisons multiples. Bous était ardemment désiré par BesnikHasi mais surtout, il devait endosser le rôle de leader du vestiaire. L'absence d'homme fort est l'une des explications de la perte de titre l'an dernier et du début de saison très brouillon. StevenDefour devait pourtant être celui-là. C'était la raison principale de son arrivée triomphale l'été dernier. Alors qu'il survolait la compétition à son arrivée, le rendement et son impact se sont progressivement éteints.Et les fantômes du passé ont réapparu: mauvaise hygiène de vie, un goût immodéré pour la fête, etc. " Vu la jeunesse du groupe et son statut, il devait faire preuve d'exemplarité sur et en dehors du terrain ", avait reconnu Herman Van Hosbeeck dans nos colonnes. Mais difficile de froisser son joueur " star ". Finalement, c'est son pote, Fabrice N'Sakala qui a trinqué. Defour semble, lui, retrouver petit à petit la pleine santé. Proto vs VDBComment ne pas évoquer l'affaire VandenBorre dont les propos cash ont mis à mal la prétendue bonne ambiance au sein du noyau. Mbemba, déjà, en fin de saison dernière avait pointé le manque " d'esprit de camaraderie. " Si SilvioProto est apparu en conférence de presse au lendemain de l'affaire pour condamner les propos et l'attitude de VDB, cela n'avait rien d'anodin. Les deux joueurs ne pouvaient pas se sentir, ils en étaient même presque venus aux mains l'an dernier sur le parking du club.Vanden Borre reprochait notamment à Proto de flinguer tout le monde en petit comité, en particulier la jeune garde. Des mots durs qui arrivaient par après aux oreilles du groupe. La personnalité du capitaine du Sporting divise, certains lui reprochent notamment de tirer la couverture à lui. L'autre cadre du club, OlivierDeschacht, n'est pas non plus une personnalité rassembleuse. Difficile dans pareil contexte de créer un semblant d'unité. BricolageBesnik Hasi a donc du pain sur la planche. Le staff a régulièrement été excédé par les attitudes de divas de certains, Vanden Borre en tête. Sportivement, on cherche toujours la bonne carburation. Et les hésitations semblent nombreuses, à l'image de ce losange du milieu de terrain sur papier sexy quand le modèle est calqué sur celui de l'Atletico Madrid de DiegoSimeone. Mais cet été, ce losange, qui avait déjà été testé lors de la dernière journée des play-offs face à Gand, semble plutôt avoir été bricolé pour arranger tout le monde. Autrement dit les éléments les plus bankables (DennisPraet, YouriTielemans, Defour). Lors de deux sorties (face à Gand et à Ostende), le système s'est avéré totalement inefficace. Face à Westerlo, Hasi est revenu à un 4-3-3 bien plus équilibré. Van Holsbeeck en est le premier conscient, Hasi reste un jeune entraîneur. Ses débuts rêvés, qui ont débouché sur un titre inespéré, ont masqué la réalité. L'entraîneur albanais est à l'image de son jeune groupe: toujours en construction. Celui qui, en novembre dernier, était encore longuement ovationné sur la pelouse de l'Emirates par 3000 supporters mauves surexcités suite à l'exploit face à Arsenal compte aujourd'hui beaucoup moins de partisans.Heureusement, la Coupe d'Europe et les choses sérieuses arrivent seulement. Le temps de se refaire et d'oublier un été particulièrement mouvementé. Par Thomas Bricmont