À Kiev, il s'est montré décisif lors d'une brève montée au jeu avec un assist et un but, et à Linz, il était au coup d'envoi et à la base du seul but du match, en provoquant un penalty. Les apparitions de Loïs Openda au troisième tour préliminaire et dans les play-offs de la Ligue Champions ne sont pas passées inaperçues, et le jeune homme s'en réjouit.
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À Kiev, il s'est montré décisif lors d'une brève montée au jeu avec un assist et un but, et à Linz, il était au coup d'envoi et à la base du seul but du match, en provoquant un penalty. Les apparitions de Loïs Openda au troisième tour préliminaire et dans les play-offs de la Ligue Champions ne sont pas passées inaperçues, et le jeune homme s'en réjouit. Mais il n'y a pas que sur le terrain qu'il regarde devant lui : il en veut plus. Jouer plus, marquer plus et être plus important, explique-t-il lors d'une interview qu'il nous a accordée au Belfius Basecamp du Club Bruges, à Westkapelle. " Attention : je suis évidemment satisfait du début de saison ", dit-il. " Je me donne à fond. C'est l'objectif que je m'étais fixé en début de saison : être toujours concentré et donner le meilleur de moi-même, inscrire des buts, délivrer des assists et aider l'équipe au maximum. Je pense que j'ai déjà beaucoup aidé l'équipe, et la réciproque est vraie également. Car c'est l'équipe qui me permet de briller. Je dois surtout faire valoir mes qualités : ma rapidité, être toujours présent au bon endroit, au bon moment. J'ai déjà fait plusieurs fois la différence de cette manière, c'est super. Jouer la Ligue des Champions, c'est un rêve de gosse qui se réalise. Mais ce n'est qu'un début. Je veux rester dans l'équipe, et ce n'est pas facile." Tu n'es pas surpris par ce départ tonitruant ? Loïs Openda : Non, car j'ai confiance en moi. J'étais convaincu que je pouvais réaliser de belles choses. Et je continuerai à le faire. À Kiev, tu as conservé ton sang-froid devant le but. Tu étais beaucoup plus calme que la saison dernière contre l'Atlético Madrid et le Borussia Dortmund.Openda : C'est vrai, mais la saison dernière était ma première comme pro et lorsqu'on doit directement évoluer devant autant de monde, c'est stressant. Lorsque j'ai loupé des occasions contre l'Atlético et le Dortmund, j'étais déçu de moi-même et la nervosité s'est emparée de moi. J'avais peur d'encore rater davantage d'occasions. J'ai beaucoup travaillé cet aspect à l'entraînement avec les coaches, pour pouvoir continuer à jouer sur mes qualités et faire preuve de sang-froid. Cette saison, mon objectif était de jouer comme je le faisais quand j'étais enfant. Ma maman me disait toujours : " Amuse-toi comme quand tu étais petit, et tout se passera bien. " Conséquence : à Kiev, j'ai marqué sur un ballon placé. Qu'est-ce que le changement d'entraîneur a changé pour toi ? Openda : Rien. J'ai du temps de jeu et je saisis ma chance lorsqu'elle se présente. Les deux entraîneurs demandent qu'on travaille. Ivan Leko m'a lancé la saison dernière à 18 ans et m'a donné beaucoup de confiance. Dans les PO1, surtout, j'ai très bien joué. J'ai inscrit deux buts contre l'Antwerp, un contre Genk et encore un contre le Standard qui a malheureusement été annulé. Mon objectif était de commencer cette saison-ci comme j'avais terminé la précédente, et c'est ce que je suis en train de faire. Le nouveau coach le sait également : lorsque je suis lancé en profondeur, il y a toujours du danger. Il me dit que, si je place le ballon dans le coin, j'inscrirai beaucoup plus de buts cette saison. Tu sembles très bien intégré. Openda : C'est le cas. Au début, j'avais tendance à rester dans mon coin. J'ai été bien accueilli par tout le monde, mais j'étais impressionné par tous ces gars que j'avais admirés depuis la tribune et qui avaient remporté le titre. Heureusement, Clinton Mata était là pour m'aider. Il est Liégeois, comme moi, et on se connaît. Depuis, on a encore tissé davantage de liens et on est désormais comme des frères. Tu es arrivé au Club Bruges à 15 ans. Tu n'étais plus heureux au Standard ? Openda : Non, mais c'est le passé, et je n'ai pas envie de revenir sur cet épisode. Je suis à Bruges, désormais, et je m'y sens bien. Je suis venu au Club parce qu'on m'a présenté un beau projet. Ils m'ont fixé des objectifs et je fais le maximum pour les atteindre. Qui t'a amené ici ? Openda : Mon ancien agent, Franco Iovino, mais il y a déjà un certain temps que Stijn Francis gère mes intérêts. Auparavant, je discutais beaucoup avec ma mère. J'ai débuté à Othée-Villers sur un petit terrain à côté des vaches ( il rit). Je ne jouais que pour m'amuser, je n'avais pas d'objectifs en tête. Progressivement, j'ai évolué. Étape par étape, je suis arrivé au Club via le FC Liège et le Standard. Comment t'est venu cet amour du football ? Openda : Mon frère aîné, qui a cinq ans de plus que moi, jouait déjà au football. Tout comme moi, il était puissant et rapide, il a joué au FC Liège et a suscité de l'intérêt de la part de clubs de D1. Mais on a dû faire un choix, car ma mère ne pouvait pas être à deux endroits au même moment. Il a décidé de me laisser continuer, c'est donc grâce à lui que je suis ici. Mon frère, lui, travaille aujourd'hui chez Joris Ide, l'un des partenaires du Club. Je suis content que tout aille bien pour lui, car il le mérite. Il ne joue plus au football que dans le jardin, et je peux vous assurer qu'on s'amuse bien. Il n'a rien perdu de ses qualités et de son amour du football. Avant, on passait des heures et des heures à jouer dans le jardin. Un contre un. En fait, j'ai un ballon aux pieds depuis ma naissance. Je voulais toujours jouer avec mon frère. Chaque fois que je voyais un ballon dans un magasin, je demandais à ma mère de me l'acheter. Même si j'en avais déjà une cinquantaine à la maison ( il rit). Même aujourd'hui, il en reste beaucoup dans le jardin. Ma mère m'a inscrit au club du village et plus je jouais, plus je prenais du plaisir. Un véritable passionné ! Openda : Oui ! Après un certain temps, j'ai dit à ma mère que j'étais un bon petit joueur, et c'est ainsi qu'elle a commencé à venir me voir. Mais je voulais tellement bien faire que je ratais tout ce que j'entreprenais. Elle me disait : " Chaque fois que je viens te voir, tu joues mal, donc je ne viendrai plus. " Mais, lorsqu'il est apparu évident que je voulais faire du football ma profession, elle est revenue m'encourager. Elle prie beaucoup pour moi et elle me parle beaucoup. C'est ma meilleure amie. Ce n'est pas le cas de ton père ? Openda : Non. Depuis que je suis tout petit, je vis seul avec ma mère. Je connais mon père, il est d'origine congolaise, et lorsque je le croise dans la rue, je lui dis bonjour, mais en réalité, seule ma mère compte pour moi. Elle travaille pour moi et règle tout pour moi. En fait, mon frère aîné a joué le rôle du père durant ma jeunesse. Le football est-il ancré dans vos gênes ? Openda : Je l'ignore. Je ne sais pas si mon père a, un jour, joué au football. Ce que je sais, en revanche, c'est qu'après ma naissance, j'ai dû rester un an à l'hôpital à cause d'un problème de santé. Je souffrais d'asthme. J'avais aussi un trouble de la gorge et je devais être opéré. Ils voulaient insérer quelque chose dans ma gorge pour m'aider à mieux respirer. Mais, la veille de l'opération, on s'est rendu compte que ma gorge fonctionnait de nouveau normalement et je n'ai donc pas été opéré. Ma mère me le rappelle souvent. Elle est très croyante et me dit souvent que mes qualités sont un cadeau de Dieu, que le Seigneur a fait en sorte que je guérisse et qu'il m'a donné la force de faire ce que je fais actuellement. Car le médecin, lui, avait dit à l'époque que je ne pourrais jamais faire de sport, que je ne pourrais jamais jouer au football et que je ne pourrais même jamais courir un 100 mètres. Alors que je suis aujourd'hui footballeur professionnel et que je suis l'un des plus rapides à la course. Ma mère était très rapide, elle aussi. Elle est d'origine marocaine, a grandi en région parisienne et a pratiqué l'athlétisme. Mon petit frère de neuf ans, qui joue aussi au Club Bruges, est lui aussi très rapide, tout comme ma soeur, qui va à l'école à Bruges. Il paraît que tu es proche de Paul-José Mpoku ? Openda : C'est comme un grand frère pour moi. Il m'a pris sous son aile au Standard. C'est lui, notamment, qui me conduisait à l'entraînement. Il me donne toujours des conseils et est toujours positif. Comment as-tu vécu, à 15 ans, cette expérience en internat à Bruges ? Openda : Mal. Ça a été l'une des périodes les plus compliquées de ma vie. J'étais triste car je ne voyais pas ma famille durant la semaine. Pour ma mère aussi, c'était difficile. Parfois, je prenais le train pour rentrer à Liège et passer une heure auprès d'elle. Elle travaillait alors aux guichets de la gare, et j'aurais pu faire l'aller-retour rien que pour la voir une demi-heure. Ça me rendait heureux et ça me redonnait de l'énergie. Quand j'ai signé mon premier contrat comme semi-pro, on a décidé de faire venir toute la famille à Bruges. Depuis lors, on habite tous ensemble à Jabbeke. Ça a été une étape importante, car c'est ma famille qui me donne les conseils, le courage et la force pour arriver là où je me trouve actuellement. Comment s'est passée l'adaptation à l'Académie du Club ? Openda : Difficilement. Tu étais, paraît-il, un peu trop jouette.Openda : J'aimais m'amuser, c'est sûr. À la maison, je rigole tout le temps. Et je prends toujours du plaisir lorsque tout le monde rigole avec moi, mais je sais aussi à quel moment je dois être sérieux. Surtout en football, car comme je l'ai déjà dit : j'en veux toujours plus. J'ai toujours admiré Didier Drogba, c'était un exemple pour moi. Ma mère a fait beaucoup de sacrifices pour pouvoir m'offrir un maillot de Chelsea avec son nom dans le dos. Aujourd'hui encore, je regarde des vidéos de lui. La facilité avec laquelle il inscrivait des buts, ça me stimule. Je me dis alors : ce qu'il faisait, pourquoi ne serais-je pas capable de le faire également ? J'ai toujours aimé marquer des buts, faire parler ma vitesse, montrer mon habileté. À Othée-Villers, je jouais le matin avec ma petite équipe, et l'après-midi, je jouais avec des garçons qui avaient quatre ou cinq ans de plus que moi. Et là aussi, je parvenais à marquer. Ils me considéraient comme la mascotte ( il rit). Qu'as-tu dû changer au Club de Bruges ? Openda : Ma manière de travailler. Je devais rester concentré et donner toujours le maximum. C'était compliqué pour moi. J'ai dû l'apprendre. Ici, c'est structuré, et tout le monde se respecte. C'était ce dont j'avais besoin. Je suis heureux d'avoir pu aller au Standard, car c'était le club qui me faisait rêver lorsque j'étais gamin. Lorsque j'avais sept ou huit ans, ma tante m'a un jour amené à un match du Standard. J'ai directement dit : " Un jour, je veux me retrouver moi-même sur cette pelouse. " Mais à l'époque où j'étais là, c'était un peu brouillon. Mais, encore une fois : c'est le passé. Quels conseils donnerais-tu aux petits footballeurs de rues, qui grandissent dans des circonstances similaires aux tiennes, et qui rêvent de réussir ? Openda : De continuer à croire en eux, et de se persuader que s'ils se donnent à fond tous les jours, leur chance finira par arriver. C'est aussi le conseil que je donne à mon petit frère. Il dit toujours : " Lorsque je serai professionnel, je jouerai avec ou contre Loïs. " Je lui répond alors : " Attends, tu dois d'abord travailler comme je l'ai fait et traverser des moments difficiles. " Je prie aussi beaucoup. Chaque soir, avant d'aller dormir, et parfois aussi le matin. Je remercie alors le Seigneur pour tout ce qu'il m'a permis de réaliser et je lui demande de protéger ma famille, mes amis et moi-même. En priant, je renforce encore ma confiance. En plus de tout ce que ma maman a déjà fait pour moi. Quel est le plus beau cadeau que tu pourrais lui offrir ? Openda : Être toujours gentil avec elle, lui donner des bisous et des câlins. Ma réussite la rend heureuse. Lorsque je marque, elle pleure de joie. Entendre des milliers de personnes scander mon nom dans le stade, c'est fantastique pour elle. La première chose que je fais en pénétrant sur la pelouse, c'est la chercher dans la tribune. Je la trouve toujours, et au moment où le contact visuel est établi, je ressens un électrochoc.